CHAPITRE VII
malgré que ce soit toujours une faute de mettre de faibles garnisons dans celles qui peuvent et doivent concourir aux opérations, avant d’être investies : de plus, elles n’avaient pas assez de cavalerie ; Mannheim sur - tout en manqua , ce qui ôta à son Gouverneur les moyens d’intercepter Jes communications de l’ennemi. Enfin , le Commandant de chacune de ces places était indépendant , et croyait remplir ses devoirs , en veillant uniquement à la défense de celle qu’on lui avait confiée.
L’Archiduc en quittant le Rhin, aurait du considérer les garnisons de places si rapprochées , comme un corps d’armée ; les organiser sur ce pied, en confier le commandement à un Général auquel il eût donné de la cavalerie en proportion de 1 infanterie , et fourni tout ce qui était nécessaire pour les rendre mobiles. Alors l’ennemi forcé de laisser devant elles le double de troupes , les Autrichiens n’auraient peut-être pas été obligés de se retirer jusqu’à Ratisbonne etSchwarzenfeld, pour reprendre leur supériorité sur lui et obtenir les avantages qu’ils ne durent qu’aux fautes de ses Généraux , en cas de blocus. Une nombreuse cavalerie eût été utile dans ces places , pour en compléter les approvisionnemens dans les environs, et augmenter, au pis-aller ,
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le nombre de leurs défenseurs. C est une faute commune à bien des Généraux , d’approvisionner strictement une place , et de n’y mettre que le nombre d’hommes nécessaire à sa défense , sur-tout en cavalerie , quand , par sa position , elle peut opérer activement. Ceci dérive d’un faux calcul. Mille hommes en campagne , équivalent à mille hommes ; mais ce n’est pas dans une place, où quelquefois ils ne peuvent être bloqués par un nombre sextuple ; car ce ne sont pas seulement des troupes , mais aussi des remparts qu'on n emporte pas aisément, qui protègent les sorties de la garnison dans des directions si opposées, qu'il est impossible à l’ennemi de les empêcher, sans lui opposer une force proportionnée. Un Général qui emploie de cette manière mille hommes dans une place , oblige l’ennemi à lui enr opposer beaucoup plus ; et acquiert une supériorité que la présence de ces mille hommes à l'armée active ne compenserait pas (1).
(1) L’Àrchiuuc semble pencher ici pour le système des grands corps jetés dans les places, et préférer renforcer ses garnisons de plusieurs milliers d’hommes, à les joindre aux troupes en campagne. C’est une erreur manifeste. Le sort de Doiré à Mayence, de Wurmser à Manloue, de