CHAPITRE Y III
Retraite du général Latour derrière la grosse Laber.
Tout ce qui venait de se passer aurait dû convaincre Moreau et Latour , de la nécessité de réunir leurs forces sur des points décisifs ; et le premier en particulier, de la supériorité de l’armée de Rhin et Moselle, sur les Autrichiens restés en Bavière.
Il était présumable qu’il s’avancerait rapidement pour frapper des coups décisifs ; que Latour , au contraire , éviterait avec soin de s’engager sérieusement , et chercherait à suppléer au nombre par le choix de ses positions ; mais l’un et l’autre ne s'écartèrent pas de leur système. Latour dispersa ses troupes en plusieurs petits corps, depuis le Danube jusqu’aux montagnes du Tyrol , et Moreau prenant pour base de ses mouvemens les dispositions singulières de son adversaire , se contenta
i4o histoihf. de la campagne de 1796.
de gagner insensiblemeDt du terrain par des combats de détail , au lieu d’entreprendre une opération bien calculée, pour le forcer à une retraite définitive.
Les Autrichiens à l'issue du combat de Geisenfeld, prirent la position suivante : 4 bataillons occupèrent Ingolstadt; Nauendorf, avec 8 bataillons et 22 escadrons , prit poste à Neustadt; 6 bataillons et 8 escadrons s’établirent sous les ordres immédiats de Latour, à Siegenburg , couverts par des détachemens sur l'Abens. Un bataillon et 4 escadrons furent placés devant Moosburg ; 2 bataillons et 4 escadrons en avant de Freising; 4 bataillons et 1 2 escadrons, réunis au corps de Condé , sous le commandement du prince de Fürstemberg , prirent poste sur la rive droite de User, vis-àvis de Munich, pour en défendre le passage. Froehlich avec 12 bataillons et 16 escadrons, garda les débouchés du Tyrol depuis Holzkirchen, Benedictbaiern , Mumau et Etal, jusqu'à Fuessen. Les avant-postes de son aile gauche s’appuyaient à Aesselwang, Kempten et Schœngau : 5 bataillons et 2 escadrons, cpii lui furent détachés de l’armée d'Italie à Ilohenembs , ainsi que la réserve de son corps , se tinrent à Mittenwald , clef du Tyrol.
Les Français quoiqu'un peu moins disper-