‹ Vol. 3Chapitre 68 sur 155 · CHAPITRE VIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. l

du Tyrol, pouvaient également tomber sur ses flancs , et le contraindre à rebrousser chemin , ou à faire de si nombreux détachemens pour assurer sa marche , qu’il lui serait resté trop peu de monde pour continuer 1’offensive avec succès.

Il devait s’affaiblir à mesure qu’il s’avançait, parce que ses ailes s’alongeant proportionnellement, exigeaient plus de troupes pour les couvrir. D’un autre côté , plus il s’affaiblissait , plus les Autrichiens avaient de liberté pour opérer sur ses derrières et ses flancs dégarnis, tandis qu’ils l’eussent arrêté sur l’Inn et l’Ens T au moyen des renforts qui leur arrivaient de l’intérieur, et des détachemens tirés des garnisons même du pays.

Moreau croyait , en s’avançant sur l’Inn , causer delà jalousie aux Généraux' ennemis, sur les frontières de l’Autriche ; et il espérait les y prévenir de Munich, comme de Freising. Mais un Général qui commande une armée supérieure en nombre, n’a-t-il pas assez de moyens pour faire prendre le change à l’ennemi , et l’engager à de fausses mesures , sans commettre lui-même des fautes pour atteindre ce but? 11 est permis à un Général expérimenté, de mettre promptement à profit celles de son adversaire; mais c’est toujours une témérité.

Je fonder un plan , sur la supposition gratuite tpi il en commettra.

L’entreprise de Delmas contre la tète de pont dlngolstadt, pendant que Moreau s'avançait , n’était pas à beaucoup près aussi facile qu elle le paraissait , et ne pouvait être menée promptement à sa fin. La tète de pont consistait, il est vrai, en un simple ouvrage à corne non revêtu, dont le front extérieur n’avait que 80 toises, et les lianes 60; il n était entouré que d’un fossé plein d’eau, et d'un chemin couvert. Mais les Autrichiens l avaient si bien réparé, qu'il devenait impossible de l’enlever par un coup de main.

Outre cela, sa situation ne permettait pas de s'emparer aisément des points propres à la destruction du pont. Le coude que le fleuve décrit vers la place, empêche l'établissement des batteries sur la partie inférieure de son cours , avant qu'on ne soit logé sur le chemin couvert du flanc de l'ouvrage à corne; parce cpie le terrain est dominé jusques là , par le corps de place, qui flanque la face extérieure de l’ouvrage, à la distance de 3oo toises, et qu'une flèche palissadée, se trouvait encore à 200 toises plus loin.

Sur la partie supérieure du Danube, le coude, quoique moins étendu, suffit pour empêcher

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