‹ Vol. 3Chapitre 9 sur 155 · CHAPITRE 1er · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1er

Je s Autrichiens se trouvaient maîtres du pont de la Naab , cpi’il aurait dû leur enlever en les chassant de l’Ensiedelberg à quelque prix que ce fut.

Dès que Wartensleben fut établi à Amberg, il ne se conduisit pas avec plus de prudence que son adversaire ; à la vérité , l’Archiduc ne lui avait désigné ce point que comme celui où il espérait effectuer leur jonction, dans la direction de Neumarkt, et à l’occupation duquel il attachait le plus grand prix : mais le Général en chef ne peut ordonner la défense d’un point que sous le rapport stratégique , et a rempli ses obligations quand il a expliqué les causes de sa demande ; c’était à Wartensleben de se rendre maître par sa position du chemin sur lequel la jonction des deux corps devait s'opérer. Or, il manqua ce but en se plaçant à l’issue de cette route et dans sa direction; l’avant-garde couvrait bien le débouché de Neunkirchetd’Augsberg; mais pourquoi n’employa-t-il pas toutes ses forces pour cet objet important? Pourquoi laissa-t-il sans motif une partie de ses troupes à Amberg, et ne les jeta-t-il pas dans les défilés en avant de la ville , où elles pouvaient arrêter l’adversaire plusieurs jours avec plus d’efficacité pour le plan général , que sous Amberg , où la faculté de développer toutes ses forces , 3. 2

l8 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1796.

assurait la victoire à ce dernier? On dira que Wartensleben s est établi à Amberg, dans la conviction que cela n’était pas convenable : mais alors , pourquoi exposa-t-il son avantgarde aux corps de l'armée française qui pouvaient l’anéantir? Pourquoi ne retira-t-il pas les troupes destinées seulement à éclairer leurs mouvemens, lorsqu'il parut certain que toutes les forces de Jourdan se jetaient sur elles? Enfin, pourquoi abandonna-t-il la position d’ Amberg dès que ses avant-postes furent repoussés , événement ordinaire au commencement de toute affaire sérieuse? Lorsqu'il évacua cette place, il fit bien de se replier derrière la Naab pour s'établir de nouveau sur la ligne de communication avec le Danube: mais la direction des troupes dans cette position , contraire aux projets de l'Archiduc , semblait répondre aux vues qu'avait son lieutenant , de couvrir la Bohême. Le plus grand nombre était établi à la droite , sur la route de Pilseu : celle de Ratisbonne, occupée plus faiblement , se trouvait en partie en avant de la gauche.

Tandis que Jourdan s’avancait sur la Vils, Moreau resta tranquillement entre la Brenz et la Wernitz , et fit les préparatifs du passage du Danube, qui eut lieu le 19 à Dillingen,

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