CHAPITRE IX
vaut, afin de ne pas laisser à l’ennemi le temps de les reconnaître. Les erreurs de calcul dans le départ et l’arrivée des colonnes autrichiennes , ne nuisirent point au succès de leurs opérations, parce que Jourdan opérait encore plus lentement qu’eux. Lorsqu’on ne commet jias de fautes stratégiques d’une influence directe , sur l’objet principal d’une opération , le plus actif remporte ordinairement l’avantage , lors même que ses calculs pèchent par l’exactitude , attendu qu’il ne laisse pas le temps à son adversaire de profiter de ses fautes, et que malgré ses détours il atteint plutôt le but , que celui qui se traîne sur la route directe. Le plan d’attaque de Jourdan , sur la haute Lahn , était mieux combiné que celui de l’Archiduc contre Limburg ; cependant les Autrichiens se seraient déjà trouvés sur les communications des Français, avant que ceux-ci se missent en mouvement pour gagner celles de leurs ennemis. Le danger que courut son aile droite devait nécessairement décider Jourdan à replier avec célérité l’armée de Sambre et Meuse , s’il voulait tenter plus tard les chances d’une bataille. Toute résolution de défendre les bords de la Lahn , eût été vaine ; car une marche de Wezlar contre Limburg, une manœuvre sur le flanc de l’armée autrichienne,
une attaque contre Kray , ou enfin une marche sur la communication de l’Archiduc , n aurait pu s’exécuter , avant que les Autrichiens n’eussent culbuté Marceau et gagné la ligne de retraite des Français.
Le 16 septembre au soir, Jourdan quoique résolu à attaquer, n'avait point encore déterminé le temps et la manière dont il aborderait l’ennemi. Le rapport de la retraite de Marceau lui arriva si tard , qu’il ne put commencer la sienne que dans la nuit du 17 au 18. D'ailleurs, il n osait déjà plus se retirer de jour sur la seule route qui lui restait entre les défilés de la Lalm et de la Dille.
Kray escarmoucha le 17 autour de la position de l’armée de Sambre et Meuse. Jourdan détacha en conséquence la division de cavalerie à Neukirchen , pour couvrir sa retraite. A huit heures du soir , celle de Grenier se mit en marche , passa la Dille à Herborn , et se porta après une courte halte jusqu’au-delà de ïlof, où elle s’établit, la droite appuyée à Ober- Rossbach.
A dix heures, celle de Championnet défila également par Herborn , pour ne pas rencontrer l’ennemi qui poursuivait Bernadotte. Elle marcha ensuite jusqu à Hachenburg, et s établit en avant de la ville, à cheval sur la route