‹ Vol. 3Chapitre 83 sur 155 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

terie parla forêt de Hoechstebach; et pour eu masquer le mouvement, conduisit vivement sa cavalerie au devant de l’ennemi. Après un engagement vigoureux , les escadrons autrichiens gagnèrent le flanc de leurs adversaires. L’arrière-garde des Français se retira néanmoins en ordre , et ne passa la Wiedbach , que lorsque toute l’armée fut en position de l’autre côté du défilé ; Marceau grièvement blessé dans cette journée , tomba au pouvoir des Impériaux, et mourut quelques jours après. La France perdit en lui un général habile , jeune et plein d’énergie. Poncet ayant pris le commandement du corps de Marceau , lia alors sa droite à la division Bernadotte. La cavalerie était en deuxième ligne derrière eux (1).

(i) La singulière retraite de l’armée de Sambre et Meuse, des rives de la Lahn, au moment où elle venait de recevoir un accroissement de a5 à 3o mille hommes par le corps de Marceau , et par la division de l’armée du Nord , démontre trop évidemment la solidité des observations que nous avons faites contre le système de guerre suivi dans ces premières campagnes , pour ne pas les réitérer ici. Ce serait déjà faire un grand pas pour l’étude de l’art, que d’apprendre à éviter les fautes de cette nature; et les préceptes qui pourraient atteindre ce but , ne sauraient être mieux placés qu’à côté d'une des preuves les plus convaincantes de l’histoire moderne.

L’armée se plaçait ordinairement en bataille sur une seule ligue, le long d’un front d’opérations quelconque.

ï7aVânt-garde autrichienne gagna dans l’affaire du 19, le village et la forêt de Hœchstcbach, malgré les attaques réitérées de l'ennemi, et occupa les papeteries de Hannfcwertb et de Wallrod ; cependant ce dernier poste fut repris par les Français, qui avaient trop din-

Chàque division devait combattre pour son compte, dans la position où elle se trouvait. Il arrivait rarement qu’il y eût une seconde ligne ou une réserve proportionnée dont le Général en chef put disposer pour parer aux événements imprévus. Le mal eût été moins grand , si de telles positions n'eussent été que des postes d’observation, et qu’on eût reconnu d’avance son champ de bataille en arrière , avec l’intention d’y réunir les corps ainsi éparpilles , afin de soutenir du moins le choc décisif avec un ensemble convenable. Mais il en était tout autrement , puisqu’en prenant ces lignes étendues on se plaçait ordinairement derrière des rivières , avec la résolution de s’y battre dans l’ordre où l’on s’v trouvait. Ainsi par une bizarrerie assez singulière, on tombait en Stratégie dans l’ordre mince, au même instant où en Tactique on adoptait avec succès l’ordre profond. Le résultat inévitable de ce système, amenait une retraite forcée à la moindre trouée faite par l’ennemi; car le Général en chef ne pouvant disposer d’aucune réserve pour réparer cet échec, il fallait bien se retirer ou courir risque de voirlaligne enfoncée, les communications interceptées, et toutes les divisions battues séparément. Lue manœuvre hardie exécutée par une seule division pouvait bien quelquefois réparer les affaires, mais c’était toujours une opération hasardeuse qui avait peu de chances en sa faveur.

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