‹ Vol. 3Chapitre 84 sur 155 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

térêt à ne pas laisser arriver l’ennemi si près de leur arrière garde. L’Archiduc campa le 19 à Freilingen ; Neu s’avança sur la Saynbach, à Romersdorf. La division Castelvert et les troupes du blocus d’Ehrenbreitstein , se retirèrent dans la tête de pont de Neuwied.

Ap rès son heureuse retraite , l’armée française se trouvant rassemblée sur la Wiedbach, fut supérieure à celle que les ennemis réunirent plus tard. Elle n’avait pendant toute la campagne d’occasion plus favorable de l’attaquer. Une seule victoire pouvait tout décider , et un échec ne l’obligeait qu’à continuer sa retraite , attendu que Düsseldorf offrait un point avantageux pour repasser le Rhin. Si Jourdan s’était déterminé à reprendre l’offensive, peu importait qu’il se jetât sur l’Archiduc ou sur Kray; pourvu seulement qu’il y employât toutes ses forces ; sa grande supériorité lui garantissait la victoire , et la colonne qui n’eût pas été attaquée , aurait été bientôt prise en flanc et forcée à la retraite. L’Archiduc avait donné une grande prise sur lui : ce Prince s’attendant enfin à une bataille , s’avança, il est vrai, avec toutes ses troupes au-delà de la Lahn ; mais pourquoi ne les employa-t-il pas à des attaques sérieuses contre Marceau, pour le forcer à précipiter sa retraite? Comment n’engagea-

i -jG msToir.E de la campagne de 1796. t-il que son avant-garde dans tous ces combats, qui ne pouvaient avoir de résultat décisif (1). Pourquoi laissa-t-il aux Français le temps de se rassembler sans inquiétude sur la "YViedbacli, et de se préparer à une bataille V Quand bien même il eût été dans l impossibilité d empêcher la jonction de Jourdan et de Marceau , à cause de la grande avance qu ils avaient sur lui, il aurait néanmoins diminué l'inconvénient qui devait en résulter, en attaquant l’un ou l’autre avec toutes ses forces, de tous côtés , et en ne leur laissant pas le temps

(1) Les reproches sévères que se fait ici le prince Charles nous fournissent celte réflexion. C'est que trop souvent les avant-gardes d’une armée victorieuse , chassent les arrière-gardes ennemies , de positions où il faudrait les laisser s'établir , pour manœuvrer sur leurs flancs. Rien n’est moins propre à assurer de grands succès que les poursuites dirigées sur la queue d'une colonne. Elles ne doivent avoir d’autre but que de relarder la marche de l’armée battne, en l’obligeant à de fréquentes haltes ; mais l'opération principale de l’armée victorieusedoit être toujours dirigée perpendiculairement sur la ligne de retraite, afin de couper en deux la colonne qui se retire. L’affaire de Ivrasnoi en 1812 , est un exemple à citer en ce genre. Sans doute, on ne trouve pas toujours des localités et des lignes de poursuite aussi favorables; mais toutes les fois qu’on peut suivre cette maxime , il ne faut pas s’en écarter.

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