‹ Vol. 3Chapitre 87 sur 155 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les Autrichiens enlèvent Kehl de vive force , le i 8 septembre , et en sont chassés.

-Le désordre dans lequel l'armée de Sambre et Meuse opéra sa retraite, son état de délabrement , et les mesures défensives de son Général , faisant présumer à l’Archiduc que 1 a tranquillité sur le bas Rhin ne serait pas troublée de sitôt, ce Prince tourna sur-le-champ ses regards contre Moreau, et confia à Wernek la défense des positions cl'Ukerath et de Neuwied. 11 lui laissa à cet effet, 43 bataillons et 78 escadrons, c est-à-clire 24 , 000 hommes d infanterie et 8,5oo chevaux. Ce Général fit observer jNeuwied par 11 bataillons et i3 escadrons; i3 bataillons et 38 escadrons bordèrent la Sieg et le Rhin; 19 bataillons et 27 escadrons formèrent la réserve à Ukerath. L’Archiduc se mit en marche vers le Mein avec le reste de l’armée, consistant en 19 bataillons et 37 escadrons,

182 histoire de la càmpacne de 1796.

ou 16,000 combattans , dont 45°°° de cavalerie.

Cependant Moreau informé des revers de Jourdan, avait concentré son armée sur le Danube, et résolu de faire un mouvement rétrograde. L'intention du prince Charles était de l’obliger à la retraite en opérant sur ses communications. U comptait se réunir à Latour, et décider l'évacuation de la rive droite. Ce fut donc l'extension démesurée de la ligpe d'opération de l'armée de Rhin et Moselle, et la difficulté de communiquer avec sa base, par les vallées de la Kintzig et d’Enfer, qui firent naître ce projet; dont l’indécision et le manque d'énergie de Moreau concoururent à faciliter l’exécution. D'ailleurs , le Prince comptait autant sur l'impression des faux bruits répandus par les partis qui couvraient la campagne ; sur l’afîection des liabitans pour sa personne , et l'impossibilité où était son adversaire de se procurer des renseignemens exacts, que sur l’idée qu'il supposerait naturellement la plus grande partie des troupes avec le Général en chef. Il espérait non sans raison , que tous ces moyens auxiliaires favoriseraient ses projets.

Si ce calcul partait d'un coup d'œil juste, il faut dire néanmoins qu'un plan fondé sur des réalités, est préférable à celui qui repose sur

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