‹ Vol. 3Chapitre 90 sur 155 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

le village qu’on attaquait cle front. Ce qui put s’échapper de la garnison , s’enfuit par le pont du Rhin. Cependant le général Siscé après avoir traversé la Kintzig à gué , avec la 68e demi-brigade, longeait le Rhin pour reprendre Kehl, ou exécuter au moins une retraite honorable; plusieurs de ses attaques Rirent infi-uctueuses. Sur ces entrefaites , les Autrichiens avaient déjà atteint le pont duRhin ; mais les commandans de la col onne et de la réserve ayant été blessés et pris, le désordre se mit dans leurs troupes , qui se laissèrent entraîner au pillage et à l ivrognerie. Personnen'ayant songé à brûler le pont, et les soldats se trouvant dispersés, les Français revinrent à la charge. Le général Schawenburg sortit de Strasbourg, avec quelques détachemens, rallia les fuyards sur le pont, et les ramena au combat. Le général Moulins les soutint avec les ouvriers d’artillerie etune partie de la garde nationale ; et leurs efforts vigoureux parvinrent enfin à repousser les Impériaux du fort et du village de Kehl. Petrasch voulut en vain renouveler le combat avec un bataillon qu’il retira de la fausse attaque sur la route de Rastadt par Neumiihl ; il était trop tard : il fallut se replier à Bischoffsheim.

L’issue de cette entreprise prouve que le courage et la supériorité numérique n’assurent

l88 HISTOIRE DE LA CAMPAGNE DE 1796.

la victoire, qu’autant qu' ils sont soutenus par l’ordre et la discipline , et que le chef reste toujours maître (le sa troupe : toutefois , on peut dire que les dispositions de Petrasch n étaient pas exemptes de reproches.

11 est de règle d'employer toutes ses forces dans une entreprise majeure ; et ceci est fondé sur la nécessité de conserver les premiers avantages remportés, et sur la conviction que l’on a de ne pouvoir en atteindre ailleurs de plus grands. Toute attaque met en désordre les troupes qui l ont exécutée. On fait donc bien d'assigner dans une expédition, un plus grand nombre de combattans qu il u en est réellement besoin pour le coup de main. Or, si les 3 bataillons qui emportèrent Kehl , suffisaient pour l'assaut , et former réserve contre les troupes établies près du fort, ils n étaient pas assez nombreux pour résister aux renforts qui pouvaient déboucher de Strasbourg, et sur lesquels Petrasch n'avait pas compté.

Informé qu'un corps de 2,000 hommes, de l'armée de Rhin et Moselle, avait déjà atteint Freudenstadt , il s'était décidé , avant de se porter contre Kehl , à détacher 2 bataillons à Rencben et Oppenau, afin de leur barrer le passage, de concert avec la levée en masse des montagnes.

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