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LES ANDES
de leur pays, le désir de tenter l’ascension de cctle montagne, tentative dont la mort devait être, au dire des naturels, le résultat inévitable. Cortez les encouragea dans ce dessein, voulant montrer aux Indiens que rien n’était au-dessus de l’audace indomptable de ses compagnons. En conséquence, Diego Ortaz, uh de ses capitaines, accompagné de neuf Espagnols et de plusieurs Tlascalans enhardis par leur exemple, entreprit l’ascension, qui présenta plus de difficultés qu’on ne l'avait supposé.
« La région inférieure de la montagne était couverte par une épaisse forêt qui semblait souvent impénétrable. Cette futaie s’éclaircit cependant à mesure que l’on avançait, dégénérant peu à peu en une végétation rabougrie et de plus en plus rare, qui disparut entièrement lorsqu’on fut parvenu à une élévation d’un peu plus de 15,000 pieds. Les Indiens, qui avaient tenu jusque-là, effrayés par les bruits souterrains du volcan alors en travail, abandonnèrent tout à coup leurs compagnons. La route escarpée que eeux-ci avaient maintenant à gravir n’offrait qu’une noire surface de sable volcanique vitrifié et de lave, dont les fragments brisés, affectant mille formes fantastiques, opposaient de continuels obstacles à leur progrès. Un énorme rocher, le pico del Fr aile (le pic du Moine), qui avait 150 pieds de hauteur perpendiculaire, et qu’on voyait distinctement du pied de la montagne , les obligea de faire un grand détour. Ils arrivèrent bientôt aux limites des neiges perpétuelles, dans la région des glaces, où un faux pas pouvait les précipiter dans les abîmes béants. Pour surcroît d’embarras , la respiration devint si pé-
nible dans ces régions aériennes , que chaque effort était accompagné de douleurs aiguës dans la tête et dans les membres. Ils continuèrent néanmoins d’avancer jusqu’aux approches du cratère, où d’épais tourbillons de fumée, une pluie de cendres brûlantes et d’étincelles vomies «lu sein enflammé du volcan et chassées sur la croupe de la montagne , faillirent les suffoquer en même temps qu’ils les aveuglaient. C’était plus que leurs corps, tout endurcis qu’ils étaient, ne pouvaient supporter, et ils se virent à regret forcés d’abandonner leur périlleuse entreprise au moment où ils touchaient au but. Ils rapportèrent, comme trophées de leur expédition , quelques gros glaçons produits assez curieux dans ces régions tropicales, et leur succès, sans avoir été complet, n’en suffit pas moins pour frapper les naturels de stupeur, en leur faisant voir que les obstacles les plus formidables , les périls les plus mystérieux, n’étaient qu’un jeu pour les Espagnols. Ce trait, d’ailleurs, peint bien l’esprit aventureux des cavaliers de cette époque, qui, non contents des dangers qui s’offraient naturellement à eux, semblaient les rechercher pour le plaisir de les affronter. Une relation de l’ascension du Popocatepetl fut transmise à l’empereur Charles-Quint, et la famille d’Ortaz fut autorisée à porter, en mémoire de cet exploit, une montagne enflammée dans ses armes. »
Les conquérants de la science ont achevé l’entreprise des compagnons de Cortez. Plusieurs naturalistes sont parvenus au sommet du Popocatepetl , et on a même commencé à exploiter le soufre qui s’y dépose. Nous donnons^pagel53), d'après un dessin de M. Jules Laverrière,
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une vue du cratère prise de la brèche située au nord-est : c’est un vaste bassin circulaire dont les parois verticales sont composées de couches colorées en rose pâle dans certaines parties, en noir dans d’autres. Deux pics neigeux le dominent. On se sert d’un cabestan placé sur une saillie pour descendre sur la plate-forme intérieure. Là se trouvent plusieurs orifices auxquels on a donné le nom de respiradores , qui laissent échapper de grandes colonnes de vapeur d’abord rouge, puis jaune, enfin blanche. Leur nombre est variable, car il suffit d’un amas de fragments pour boucher un soupirail et détourner ou diviser le courant ascendant. En 1857, il y en avait 5 et le diamètre du plus grand était d’environ G mètres. On voit, près de leurs bords, du soufre en masses compactes, à cassure brillante et d’une grande pureté, en granules mélangés de sable ou à l’état de fleur. Chaque année l’industrie en retire plus de 800 quintaux métriques.