VOLCANS DE JAVA — DISPARITION DU PEPENOAJAN
L’ilc chinoise de Formose, très-riche en houille, renferme quatre volcans , dont l’un , appelé Tschy- Kang, ou montagne Rouge, a eu de grandes éruptions et possède aujourd’hui un cratère-lac, rempli d’eaux brûlantes. Elle marque le point à partir duquel les lignes de soulèvement prennent la direction du nord au sud jusqu’au delà de l’équateur.
Ici s’ouvre la partie la plus active du Cercle de feu. Dans le groupe de l’Asie méridionale on ne compte pas moins de cent vingt volcans, dont la moitié a été récemment enflammée, et il est probable que, quand on pourra explorer l’intérieur des grandes îles, on en trouvera encore d’autres.
Plus de la moitié des quarante-cinq cratères de Java vomissent encore des flammes. La mer qui les baigne est célèbre par ses orages et ses tempêtes. Il y a quelquefois dans l’air une si grande quantité de nuages chargés d’électricité, qu’on aperçoit plus de vingt trombes à la fois. Dans cette partie de la zone torride, les feux terrestres rivalisent avec le feu des rayons solaires.
Maha-Méru, le nom sanscrit du plus grand des volcans de Java, rappelle le temps où les Malais reçurent la civilisation indienne. C’est un souvenir du Mérou, la montagne mythique qui, dans les poèmes de l’Inde, représente le trône de Brahma.
Le Gunung-Tengger est remarquable par son grand cratère de forme circulaire, qui a un diamètre de près de 7 kilomètres. Sur la plaine qui en forme le sol, à 600 mètres au-dessous de l’enceinte, s’élèvent quatre cônes d’éruption dont un seul, le Bromo, n’a cessé que très-récemment de lancer des flammes. De 1858 à
Fig. 58. — Le Gunung-Tengger Java.
1842, il s’y est formé un lac dont les eaux sont chaudes et acides.
Le Gunung-Pependajan a eu, en 1772, l’éruption la plus violente qui ait ravagé l’île depuis les temps historiques. On a des relations très-différentes de cet épouvantable événement. Selon les uns, entre le 11 et le 12 août, après la formation d’un grand nuage lumi-
neux, la montagne disparut tout entière dans les entrailles de la terre, et un terrain de 28 kilomètres de long sur 12 de large s’engloutit avec lui. D’autres disent que le sommet du volcan fut détruit par des explosions successives , lançant des cendres et d’énormes fragments sur la contrée environnante, où quarante villages furent ensevelis. Deux autres volcans situés, l’un à 300 et l’autre à 560 kilomètres du Pependajan, en ligne droite, s’enflammèrent en même temps que lui, mais plusieurs cônes intermédiaires de la chaîne restèrent inactifs. Ce fait indique le caractère complexe de la communication qui doit exister entre les fissures d’éruption à travers lesquelles les matières volcaniques se font jour.
Le Gunung-Gunter, ou montagne du Tonnerre, a fait entendre des bruits formidables pendant plusieurs années consécutives. Cinq grands torrents de lave, dont le dernier date de 1800, ont coulé du sommet et atteint le pied du volcan à différentes époques. Dans l'éruption de 1800 il vomit, outre celte lave, un énorme courant de boue blanche, acide, sulfureuse, provenant sans doute d’une solfatare, et qui dévasta la surface d’une vallée auparavant fertile. Plus loin, nous aurons à mentionner d’autres éruptions boueuses, plus fréquentes à Java que dans les autres parties du globe.