BARREN-I8LAND — ÉRUPTIONS DU TIMBORO ET OU GUNUNG-API
Les îles de Sumatra, Célèbes, Bornéo, plus grandes que Java, comptent relativement moins de volcans actifs. Sur la première, on en signale sept, sur la seconde onze, et un seul sur la dernière. Près de cent autres volcans, la moitié encore en flammes, se trouvent disséminés sur la multitude des petites îles environnantes.
Le groupe de Nicobar et d’Àndaman, prolongement septentrional de la chaîne volcanique de Sumatra, renferme, selon Poulett-Scropc, le type le plus remarquable du volcan insulaire, consistant en un cône actif entouré par les remparts d’un cratère ancien dans lequel la mer entre par une brèche. C’est Barrcn-island, que les navigateurs ont aussi appelée l’île Déserte. Sa forme actuelle provient probablement d’une explosion qui a fait sauter un cône de très-grande dimension. Celui qui reste aujourd’hui a environ 1 ,200 mètres de haut ; on y observe des éruptions bruyantes qui se succèdent à des intervalles de dix minutes.
En 1638, le cône colossal appelé le Pic, dans l’île Timor, disparut tout à coup et fut remplacé par un abîme contenant aujourd’hui un lac. Jusqu'alors ce volcan, en activité continuelle, servait de phare aux navigateurs.
L’ile de Sambava est célèbre par une terrible éruption de son volcan, le Timboro, qui eut lieu en 1815, et sur laquelle nous empruntons les détails suivants à
une relation de sir Stamford Raflles. « L’éruption commença le 5 avril, fut des plus violentes le 11 et le 12, et ne cessa complètement qu’en juillet. Il y eut d’abord des détonations qui furent entendues de Sumatra, à près de 1,500 kilomètres de distance, et prises pour des décharges d’artillerie. Trois colonnes distinctes de flammes s’élevèrent à une immense hauteur, et toute la surface de la montagne parut bientôt couverte de laves incandescentes, qui s’étendirent à d’énormes distances; des pierres, dont quelques-unes grosses comme la tète, tombèrent à plusieurs kilomètres à la ronde, et les fragments dispersés dans les airs causèrent une obscurité totale. On ajoute qu’une trombe accompagna le commencement de l’éruption, et enleva les toitures, les arbres et même les hommes et les chevaux. Le rivage auprès de la ville de Timboro s’affaissa jusqu’à une profondeur de 0 mètres. Les explosions durèrent trente-quatre jours, et l’abondance des cendres expulsées fut telle, qu’à Java, à 500 kilomètres de distance, elles causèrent en plein midi une nuit complète et couvrirent le sol et les toits d’une couche de plusieurs pouces d’épaisseur. A Sambava même, la région voisine du volcan fut entièrement dévastée et les habitations furent détruites avec 12,000 habitants. Trente-six personnes seulement échappèrent au désastre. Les arbres et les pâturages furent enterrés profondément sous la ponce et les cendres. A Bima, à 65 kilomètres du volcan, le poids des matières qui tombèrent fut tel, que les toitures furent enfoncées. La ponce tlottante dans la mer formait une île d’un mètre d’épaisseur que les vaisseaux eurent beaucoup de peine à traverser. »
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A la pointe septentrionale de l’île de Sanguir, le volcan d’Abo, qui a couvert de cendres, en 1711, un grand nombre de villages, s’est enflammé tout à coup au mois de mars 1856, et a causé de grands désastres par la lave, les cendres, les pierres et les torrents de boue qu’il a lancés. Les volcans des Célèbes se trouvent au nord-est de Pile. Près d’eux jaillissent des sources sulfureuses bouillantes.
Nous signalerons encore dans l’île de Banda, l’une des Moluques, le Gunung-Api, ou Montagne de Feu. Ce volcan n’est presque jamais en repos, et de 1586 à 1820, il’ a eu douze périodes d’éruption très-violentes, rejetant des courants de lave, des scories et des flammes. «Au mois de juin 1820, il lançait des pierres incandescentes aussi grandes, dit une relation, « que les habitations des indigènes. » Ces pierres s’élevèrent à des hauteurs de 1,200 mètres au-dessus de l’île.