‹ Volcans et tremblements de terreChapitre 18 sur 57 · ILES DU CAP-VERT — L'ASCENSION — SAINTE-HÉLÈNE · texte numérisé non relu

ILES DU CAP-VERT — L'ASCENSION — SAINTE-HÉLÈNE

Avant de continuer notre excursion à travers TAtlantique, nous mentionnerons comme un fait remarquable la rareté des volcans actifs sur le littoral de TAfrique. Les îles volcaniques d'Annobon, de Saint-Thomas, des Princes et de Fernando-Po sont cependant situées, suivant Humboldt , sur une ligne dirigée vers la chaîne des monts Cameroun , dans laquelle une éruption de lave a été observée, en 1838, sur le volcan Mongo-ma- Leba.

Les îles du Cap- Vert paraissent toutes d'origine volcanique. Le pic de Fuego , aujourd'hui encore en activité, s'élève à une hauteur de 2,600 mètres; ses dernières éruptions datent de 1785 et 1799. De vastes cratères, de hautes falaises composées de couches basaltiques, des cônes de scories, des courants de lave attestent l'ancienne action volcanique dans les autres parties de cet archipel. Le pic de Fuego, comme le Stromboli, a lancé des flammes sans interruption de 1680 à 1713.

L'Ascension et Sainte-Hélène , entièrement volcaniques, sont couvertes de masses de lave et de débris lancés dans les dernières éruptions. Parmi les débris, l'Ascensron présente, autour d'un vaste cratère béant, une grande guantité de bombes volcaniques c^xû \{ qw\.

pas moins de 10 pouces de diamètre. Ces bombes sont produites par le mouvement de rotation imprimé à quelques-unes des parties liquides de la lave lancées en l'air par les cratères. Dans la dernière éruption du Kotlugaia, en 1860, « un jet de boules de feu ou bombes volcaniques s'éleva la nuit à une hauteur de 7,200 mètres au moins, puisqu'on la vit à 288 kilomètres en mer. On entendit éclater plusieurs de ces bombes à 160 kilomètres de distance. Il faut donc que la surface de la masse globulaire de lave liquide se consolide à mesure qu'elle s'élève avec un mouvement rotatoire; il est très-probable que l'expansion des gaz arrivant dans l'atmosphère raréfiée à une très-grande hauteur, est la cause principale de ces violentes explosions. » (Poulctt Scrope.)

Suivant Darwin (Volcanic Islands)^ Sainte-Hélène est formée par un vaste cirque dont les remparts basaltiques tracent autour de l'île une enceinte de noires falaises d'une hauteur perpendiculaire dé 30 à' 600 mètres. Ce cirque est le dernier vestige d*un' énorme volcan, presque entièrement comblé par les eélvptions d'un volcan plus moderne dont le crttère forme un précipice creusé à pic dans la chaîne ^^ntrale de l'île.

A Tristan-d'Âcunha, au milieu d'un groupe de petites îles volcaniques, on retrouve aussi le cratère d'un volcan qui s'est élevé dans le cratère d'un volcan beaucoup plus ancien.

Parmi les îles volcaniques situées dans l'océan Atlantique austral, nous citerons celle de la Déception, que Pon a vue^ au mois de février \%i% vonvir des flammes

T0LG4RS DE L'ATUNTIQUE. 105

sur treize points différents disposés en cercle , et les îles d'Amsterdam et de Saint-Paul , contenant toutes deux des cratères en activité.

Dans une trcs-intéressantc communication à l'Académie des sciences', M. Dauss; a, le premier, appelé

l'attention sur l'existence probable d'un volcan souaraarin en un point de l'océan Atlantique situé au sud de l'équateur, où les navigateurs ont souvent observé d'étranges phénomènes :

" Complet rendut, t. H. 1858.

lUtf VOLCANS ET TREMBLEMENTS DE TERRE.

« On a plusieurs exemples de soulèvements qui ont fait apparaître à la surface des eaux des îles dont l'existence n'a été que momentanée, et qui ont disparu ensuite ; telles sont : Tîle Julia , dans la Méditerranée, et celles qui surgirent dans les Açores, en 1720 et en

« L'examen attentif de toutes les indications fournies par les navigateurs m'a porté à croire qu'un semblable phénomène aurait bien pu se produire à quelques milles au sud de l'équateur et vers les vingtième ou vingtdeuxième degrés de longitude occidentale, ou du niioins que les secousses éprouvées par différents bâtiments dans ces parages pourraient indiquer l'existence, en cet endroit , d'un volcan ébranlant de temps en temps le sol qui le contient.

c( On sait que les tremblements de terre qui se font ressentir en mer produisent sur les bâtiments un effet semblable à un choc contre des rochers ou coiïtre le fond. Ainsi, dans celui qui eut lieu en 1855 «ur la côte du Chili, et qui s'est étendu sur un espaoe de plus de 1 5^ du nord au sud, et de 10^ de l'est à l'ouest, des bâtiments sous voiles ou à l'ancre ressentirent des secousses comme s'ils avaient passé en touchant sur des rochers. Il est donc probable que lorsqu'un bâtiment éprouve une secousse semblable dans un endroit où la profondeur ne permet pas de croire qu'il ait touché, cela peut être attribué à l'effet d'une action de ce genre : or, différentes remarques de secousses plus ou moins fortes ont été faites aux environs du point signalé plus haut, qui se trouve presque à moitié distance entre la côte occidentale d'Afrique et la côte orientale de

VOLCANS DE L'ATUMIQUB. 107

rAraérique du Sud, dans la partie où elles sont rapprochées l'une de l'autre, c'est-à-dire entre le cap des Palmes et le cap Saint-Roque. »

Depuis le détroit de Davis jusqu'au détroit de Magel-

lUervée dan) l'Allanlique.

lan , daus toute l'étendue des côtes' orientales de l'Atlantigue.on ne trouve presque aucttïvft \t»cfc Nç.\«aTv\-

que, si ce n'est dans l'archipel des Antilles, où de violentes éruptions ^ des tremblements de terre, des sources bouillantes, des solfatares montrent l'énergie des feux souterrains.

Parmi les volcans encore actifs , celui de Tîle Saint- Vincent, nommé le Mome-GaroUy après être resté longtemps à l'état de solfatare , a eu deux grandes éruptions, en 1718 et en 1812. Humboldt indique, au sujet de cette dernière éruption, de frappantes coïncidences :

« Les premiers ébranlements commencèrent près du cratère, dès le mois de mai 1811, trois mois après que l'île Sabrina eut été soulevée du fond de la mer, au milieu des Âçores. Les premières secousses se firent sentir faiblement au mois de décembre de la même année, dans la vallée montagneuse de Caracas, à 3,280 pieds au-dessus de la mer. La destruction complète de cette grande ville eut lieu le 26 mars 1812. De même que l'on attribue avec raison le tremblement de terre qui a détruit Cumana, le 14 décembre 1 796, à l'éruption du volcan de la Guadeloupe (fin septembre 1796), la destruction de Caracas parait avoir été produite par la réaction d'un volcan situé aussi dans les Antilles, mais plus au sud du volcan de File Saint-Vincent. Le 30 avril 1812, on entendit dans les vastes prairies (llanos) de Galabozo et sur les rives du Rio Apure, 48 milles géographiques avant sa jonction avec l'Orénoque, un bruit souterrain terrible et semblable à des décharges d'artillerie. Le volcan de Saint- Vincent n'avait point vomi de lave depuis 1718; le 20 avril une immense éruption sortit du cratère situé au sommet de la montagne, et je

YOLGANS DE L'ATLASnQUE. 109

torrent de lave arrivait en quatre heures au bord de la mer^ » Humbold( ajoute qu'une chose très-étrange lui a été affirmée par des marins intelligents, c'est que les détonations étaient beaucoup plus fortes en pleine mer qu'auprès de l'ile. On doit remarquer, d'ailleurs, que le Rio Apure est situé à 210 lieues du volcan, c'est-àdire à la distance du Vésuve à Paris.

Page 1