‹ Volcans et tremblements de terreChapitre 21 sur 57 · CRATÈRE OU PICHINCHA · texte numérisé non relu

CRATÈRE OU PICHINCHA

Quito est bâtie au pied de cette montagne volcanique qui a été, au seizième siècle, le théâtre d'éruptions formidables, et qui, plus tranquille depuis 1C60, n'est pas encore éteinte. Elle est formée par l'immense mur de traebite noir qui suit, dans un esçacie di^ \^>8A<^\s>à.-

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très, la faille pratiquée à l'ouest de la Cordillère. Ce mur porte, comme des chàteaus forts, trois coupoles, dont la principale, appelée Rucu-Picfaincha (le Père ou l'Ancien), s'élève jusque dans la région des neiges éternelles.

Humboldt, guidé par un Indien, gravit, en 1802, le plus oriental de ces grands rochers. Arrivé, par des

chemins fort dangereux, au bon) extrême du cratère, il se trouva à 800 mètres environ du fond de l'abime enflammé, u Celait, dit-il, un spectacle magnifique. Jamais la nature ne s'était offerte à moi sous un aspect plus grandiose. »

Il mentionne ensuite les observations faites depuis ceite époqae dans le cralèrc mèmft du ^Ql<ïa,a car un

savant voyageur, M. Wysse, <|ui ne craignit pas d'y passer plusieurs nuits, « Ce cratère est divisé en deux parties par une arête de rocher recouverte de scories vitrifiées. La partie orientale, de forme circulaire, et plus profonde que l'autre de plus de 1 ,000 pieds, est ac-

Fig. 31. — Cntéru du Picbinelii (d'opria llumboldt).

tuellement le véritable sîége de l'activité volcanique. Elle renferme un cône d'éruption, haut de 250 pieds, et entouré de plus de 70 fumeroles ûnllammées, d'où s'exhale une vapeur de soufre. C'est probablement de ce cratère, couvert, aux endroits les moins chauds, de touffes degraminées semblables à des loscans., «fift.%w«v

sorties les éruptions ignées de scories, de ponces et de cendres, qui se sont succédé en 1539, 1560, 1566, 1577, 1580 et 1660. Durant ces éruptions, la ville de Quito était souvent plongée tout un jour dans une obscurité complète, causée par la poussière des rapiliis^ »

ÉRUPTIONS OU COTOPAXI .— ÉCROULEMENT DU CAROUAiRAZO

La cime du volcan de Cotopaxi forme un cône parfaitement régulier sur lequel la ligne des neiges et la limite de la végétation forestière sont marquées de la manière la plus nette. Plus I^as, quelques pics raboteux, qu'on appelle n la tête de Tlnca, » paraissent être d'anciennes coulées de lave.

La proximité d'une éruption est annoncée par la fonte subite des neiges qui recouvrent le sommet. Avant que la fumée monte dans Tair, les parois du cône deviennent incandescentes et brillent au milieu de la nuit d'une lueur rougeâtre, au-dessus de l'énorme masse noire de la montagne.

En 1741 commença une longue et désastreuse éruption. Suivant la Condamine, les colonnes de feu qui s'élevaient du volcan atteignirent une hauteur de 1 ,000 pieds. En même temps des torrents d'eau, provenantde la fonte subite des neiges entassées depuis deux siècles, se précipitèrent sur les pentes, entraînant des

' Cosmos,

Fig. Î3. — Éru|ilion du Colopni (t141).

LfcS ANDES. 121

)locs de glace et des scories fumantes ; leur puissance lit telle, qu'on \it de grandes vagues se former dans la plaine, et que la vitesse des eaux, à 4 lieues delà montagne, était encore, d'après l'estimation de Bouguer, de 17 mètres par seconde. Six cents maisons furent détruites et près de mille personnes périrent.

D'immenses débâcles ont quelquefois pour cause l'action lente mais continue de la neige pendant la période de repos de ces volcans élevés. Par suite de sa fusion, des infiltrations d'eau incessantes pénètrent dans les roches. « Les cavernes qui se trouvent dans les flancs de la montagne ou à sa base sont ainsi transformées peu à peu en réservoirs d'eau souterrains que détroits canaux font communiquer avec les ruisseaux alpestres du plateau de Quito. Les poissons des ruisseaux vont se multiplier de préférence dans les ténèbres des cavernes, et quand les secousses qui précèdent toujours les éruptions des Cordillères ébranlent la masse entière du volcan, les voûtes souterraines s'entr'ouvranttout à coup, l'eau, les poissons, les boues tufacées sont expulsées à la fois. Tel est le singulier phénomène qui a fait connaître aux habitants des plaines de Quito le petit poisson qu'ils appellent prenadilla. Dans la nuit du 19 au 20 juin 1698, le sommet du volcan de Carguairaso, de 6,000 mètres de hauteur, s'écroula subitement, sauf deux énormes piliers, derniers vestiges de l'ancien cratère : les terrains environnants furent recouverts et rendus stériles sur une étendue de près de 7 lieues carrées, par du tuf délayé et par une vase argileuse contenant des poissons morts. Les fièvres pernicieuses qui se déclarèrent sept ans plus tard, dans la ville d'ibarra, s

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nord de Quito, furent attribuées à la putréfaction d'un grand nombre de poissons morts que le volcan dlmbabaru avait rejetés ^ »

On rapporte à la grande éruption du Cotopaxi, qui eut lieu en 1553 et dont le terrible souvenir s'est conservé dans le pays de génération en génération, l'existence, à une distance de 3 lieues, de blocs de trachyte ayant un volume de 100 mètres cubes. Ce qui écarte le doute sur l'origine de ces pierres, c'est qu'elles forment en tous sens des traînées dirigées vers le volcan.

ÉPUPTI0N8 DU SAN6AY — l'aNTISANA

Sur le versant est de la Cordillère orientale, entre deux systèmes d'affluents qui vont grossir le fleuve des Amazones, se trouve le grand volcan de Sangay, haut de 6,000 mètres et cependant plus actif que le petit cône de Stromboli, élevé de 900 mètres seulement audessus de la mer. Les éruptions du Sangay, qui ont commencé en 1728, faisaient l'office d'un signal de feu perpétuel, pendant que les savants français étaient occupés der la mesure d'un degré du méridien terrestre. Ces éruptions sont accompagnées de bruits formidables, appelés bramidos par les habitants, et qu'on a quelquefois entendus à de très-grandes distances. Ainsi, en 1842 et 1843, à l'époque où les tonnerres souterrains

' Cûsmof.

furent plus violents que jamais, ils parvinrent distinctement jusqu'à Payta, le long des côtes du Pacifique.

Suivant M. Wysse, qui a gravi le premier cette montagne colossale, il y a deux cent soixante-sept éruptions en une heure ; chacune dure en moyenne treize secondes. L'intrépide voyageur a constaté, en outre, cette circonstance remarquable, que, même sur le cône de cendres, aucune secousse sensible n'accompagne ces émissions si fréquentes. Les matières rejetées au milieu d'une épaisse fumée de couleur tantôt grise, tantôt orangée, sont des cendres et des scories. M. Wysse a compté dans une forte explosion soixante scories ayant la forme sphériqùe et 2 'pieds environ de diamètre. Elles retombent pour la plupart dans le cratère ou glissent sur la paroi du cône en jetant un éclat tel, que la Gondamine croyait voir des flammes produites par du soufre et de l'asphalte. Les cendres, qui sont très- noires, donnent à la partie supérieure du volcan un aspect effroyable. Sur sa pente, et à 18 kilomètres à la ronde, elles se sont répandues en couches dont, en quelques endroits, on évalue l'épaisseur à 120 mètres.

L'Antisana est un volcan dont les plus récentes éruptions remontent à 1590 et 1718; il mérite cependant une attention particulière. Dans les Cordillères de Quito, c'est le seul qui présente des coulées de lave.

Par sa taille, il égale le Sangay. A 4,200 mètres de hauteur se trouve une plaine ovale, d'où s'élève comme une île la partie du volcan couverte de neiges perpéjl tuelles. La cime arrondie en dôme est reliée par une t croupe de collines dentelées à un cône tronqué situé au I nord. Jadis la plaine a servi de lit à xxu W^ \xvm ^>\-

jourd'hui la nappe d*eau est réduite à une petite lagune. Des remparts de pierres basaltiques s'élèvent au pied de la montagne. Beaucoup de ces roches sont tellement scorifiées qu'elles ressemblent à des éponges.

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