LA TERRE-DE-FEU
Parmi les trente-huit cratères, semés en deux groupes sur les Cordillères, qui s'étendent de la Colombie vers le détroit de Magellan, seize peuvent encore être considérés comme actifs. Le plus élevé de tous ces volcans est le Sahama, qui atteint la hauteur de 7,000 mètres, six fois celle du Vésuve ; il est placé au point où la chaîne des Andes change sa direction. C'est un beau cône tronqué, parfaitement régulier, couvert de neige éblouissante et toujours couronné d'un panache de fumée.
Près d'Arequipa se trouvent six volcans dont un seul est enflammé. Au seizième siècle, cette ville fut presque entièrement ensevelie par une éruption des cendres de rUvinas, aujourd'hui éteint et situé à plusieurs lieues de distance.
Le volcan de Gualatieri, dans la Bolivie, est encore en activité, d'après le savant voyageur Pentland, qui a trouvé, au pied de la chaîne orientale, à plus de 45 milles géographiques de la côte, c'est-à-dire à une distance plus grande encore que celle du Sangay, un cratère ancien avec des coulées de lave.
LES AMDES. 125
Les bouleversements de Técorce terrestre ont fait surgir dans ces contrées les plus précieuses richesses minérales, consacrées jadis par les Jncas à Tornement de leurs temples du Soleil. Sur une île, au milieu du lac Titicaca, s'élevait le plus ancien de ces sanctuaires. C'était un édifice couvert de lames d'or, et il renfermait la fameuse chaîne de même métal, longue de 700 pieds, que rinca Huayna Capac avait fabriquée, et qui servait dans les cérémonies religieuses. Les Indiens ne purent soustraire cette chaîne à l'avidité de leurs conquérants qu'en la précipitant dans les profondeurs du lac, qui la gardent peut-être encore aujourd'hui. Rappelons aussi les célèbres mines du Potosi, exploitées dans les Andes, au milieu de roches de porphyre, à une hauteur supérieure à celle du mont Blanc.
Une particularité remarquable qui se présente encore au Pérou consiste en d'énormes épanchements de tracliyte qui se sont faits, non par les cratères des pics volcaniques, mais par des fissures latérales. L'un d'eux a couvert le sol sur une surface de plus de 500 kilomètres carrés sans interruption.
Pour arriver à la chaîne des volcans du Chili, il faut franchir un espace de 155 milles où l'on n'en trouve aucun. Un groupe de treize bouches encore actives, dominé par l'Aconcagua, qui rivalise de grandeur et de beauté avec le Sahama, se dresse au-dessus de la côte. Lorsqu'une des secousses de tremblements de terre qui ébranlent si souvent cette contrée se fait sentir, on voit au même instant de longs jets de flamme et de fumée sortir de la plupart des volcans.
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1% VOLCANS ET TREMBLEMEIfTS DE TERRE.
des vapeurs sulfureuses, des cendres et des ponces. Ses formidables détonations se font entendre à 12 lieoes.
Nous reviendrons plus loin sur les phénomènes volcaniques du Pérou et du Chili en parlant des terribles tremblements de terre dont ces contrées sont si souvent le théâtre.
La nature des Andes patagoniennes est très-peu connue. Â l'extrémité du continent américain se trouve la Terre-de-Feu, qui recèle un puissant foyer volcanique sous son épais manteau de neige. Sur plusieurs points de ces côtes apparaissent des basaltes et des laves porphyritiques avec des conglomérats de scories. Dans la région centrale s'élève le cône du Sarmiento, dont le sommet enflammé est élevé de 2,200 mètres au-dessus du niveau de la mer.
La ligne d'activité souterraine que nous venons de suivre est continuée dans les mers australes par les îles Shetland du Sud, dans lesquelles plusieurs sources thermales jaillissent au milieu de la neige. Llle de la Déception n'est qu'un vaste cratère annulaire dont les falaises perpendiculaires sont composées de couches al ternatives de glace et de lave. Dans l'année 1842, on la vit vomir des flammes sur treize points différents disposés en cercle.
L'ENFER OE MASAVA
Le volcan de Masaya, el Infierno de Masaya^ Mont la réputation était fort répandue au commencement du
seizième siècle sous cette dénominatiou d'Enfer y et qui a été l'objet de mémoires adressés à Charles-Quint, est situé dans rAmérique centrale, entre les deux lacs de Nicaragua et de Managua, au sud-ouest du charmant village indien de Nindiri. Il a présenté, pendant des siècles, le rare phénomène observé sur le Stromboli. Des bords du cratère on voyait, à travers une ouverture enflammée, monter et se précipiter les tlots de lave agités par des vapeurs. L'historien espagnol Gonzalès Fernando de Oviedo, qui, en 1501 , avait visité le Vésuve avec la reine de Naples, a le premier gravi le Masaya, au mois de juillet 1529, et a fait des comparaisons entre les deux volcans. Le nom de Masaya signifie montagne enflammée. Le cratère, entouré d'un vaste champ de lave, qu'il a sans doute formé lui-même, était considéré, à cette époque, comme tenant au groupe volcanique des Maribios. Dans Tétat ordinaire, dit Oviedo, la surface de la lave, au milieu de laquelle nagent des scories noires, reste à plusieurs centaines de pieds audessous des bords du cratère, mais quelquefois il se produit subitement un bouillonnement tel, que la lave atteint presque le bord le plus élevé. La perpétuelle illumination du Masaya provient, suivant le langage ingénieux et précis d'Oviedo, non d'une flamme proprement dite, mais de vapeurs éclairées par en bas. Ce phénomène avait, dit-on, une si grande intensité, que, sur la route, longue de près de 5 lieues, qui conduit du volcan à la ville de Grenade, la contrée était éclairée presque comme au temps de la pleine lune.