‹ Volcans et tremblements de terreChapitre 27 sur 57 · LE CERCLE DE FEU · texte numérisé non relu

LE CERCLE DE FEU

Si ron imagine un instant le pôle nord placé au milieu de l'Europe méridionale, !e globe terrestre sera divisé par Téquateur correspondant en deux hémisphères présentant de remarquables contrastes.

L'hémisphère boréal renfermera tous les continents, la partie extrême de l'Amérique méridionale exceptée, et ces continents seront groupés autour de TEurope, mieux placée encore comme centre du globe. L'hémisphère austral, au contraire, sera presque entièrement maritime.

En outre, sur ce dernier, couvert par Timmense océan Pacifique, les volcans seront en beaucoup çlus grand

nombre que sur Thémisphère continental. Avant l'époque assez récente de sa découverte, on ne connaissait pas le véritable domaine de l'activité souterraine actuelle du globe.

La longue chaîne qui garnit de ses cônes brûlants le bord occidental de TAmérique a déjà été décrite. Parallèlement à la côte opposée de l'Asie et à travers les groupes d'îles qui s'étendent depuis le Kamtchatka jusqu'à la Nouvelle-Zélande, apparaît une série semblable, quelquefois plus large et ayant des branches latérales. Deux volcans aperçus vers le pôle austraU paraissent indiquer qu'elle se continue à travers le continent qui couvre probablement une grande partie de la zone glaciale, et qu'elle se lie ensuite, par les îles Shetland, couvertes aussi de cratères et de laves, aux géants enflammés des Andes.

Léopold de Buch a nommé Cercle de feu cette ligne volcanique qui forme un des traits les plus caractéristiques de la surface terrestre. L'océan Pacifique est rempli d'une multitude d^îles dans lesquelles existent des cratères, mois on distingue principalement deux zones ignées, dont l'une se dirige des Philippines jusqu'à Pile de Pâques, etPautre du Japon jusqu*au cratère colossal de l'île Sandwich.

Si d'un point éloigné de la terre on pouvait embrasser le vaste hémisphère terrestre d'un seul coup d*œil, on verrait quelquefois, dans cette région volcanique, plus de cent bouches en érupticm groupées au milieu de la nuit en une constellation splendide.

L'illustre géographe allemand, Cari Ritter, ajoute à la description de ces lignes de feu, qui révèlent sans

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doute d'immenses fissures de Técorce terrestre, de trèsintéressantes considérations.

a La force de soulèvement, dit-il, devait se faire sentir autrefois avec une activité bien autrement puissante dans le bassin tout entier de la mer du Sud. En efTet, indépendamment des iles que nous apercevons, d'autres, encore invisibles, soulevées par milliers, se sont approchées de la surface de Peau sous forme de bas-fonds, d'écueils, de récifs, et, pour peu que le mouvement des flots le permette, elles servent de point d'appui aux superstructures d'immenses colonies de polypes et de madrépores. Mais aujourd'hui la force expansive de la vapeur souterraine semble, en se distribuant sur tous ces milliers de points, devenir impuissante à faire surgir du sein des flots ce continent sous-marin, dont l'étendue a*est pas encore déterminée par une suite de sondages assez complète.

aCette action, s'appliquant à de vastes espaces et non pas seulement à des points isolés, se montre encore dans les soulèvements de l'ancien et du nouveau monde, qui entassent leurs plus hauts plateaux et leurs plus orgueilleuses montagnes autour de l'anneau volcanique, tandis que du côté opposé, vers l'intérieur du continent, les grandes plaines descendent dans l'océan Atlantique du nord et les vastes dépressions arctiques. La formation continentale contraste ainsi avec la grande formation insulaire, et toutes les deux servent de base à l'histoire du passé et à celle de l'avenir.

« A l'ouest de la puissante rangée de volcans de l'Océanie, et dans leur proximité immédiate, s'étend le vaste et beau pays de la Nouvelle-HolUwd^, Qji\^ ft^t-

pourvu de tout volcan à nous connu, n'a pu être soulevé plus haut par la force défaillante. Même la Grande Barrière, si riche en coraux et en récifs dangereux, qui se dresse entre ce continent et l'île allongée, de la Nouvelle-Guinée, n'a pu émerger de la mer, ou bien a été replongée dans les vagues.

« Cette vaste dépression de tout un continent se continue aussi vers le nord, entre le golfe de Carpentaria et le sud-ouest de Malacca, le long de l'isthme de la Sonde, percé de si nombreux détroits. Au delà, les basses terres de rinde, du Tonkin, de la Chine orientale, se prolongent jusqu'à la rencontre du plateau central asiatique, qui élève, vis-à-vis des volcans du Japon, l'infranchissable muraille des côtes escarpées de Leaostong et de la Corée.

« Un phénomène analogue se montre dans les deux Amériques. Là aussi, toutes les grandes dépressions commencent immédiatement au delà des volcans des Cordillères et des plateaux élevés, étroits et allongés, que cette chaîne porte sur ses épaules. Remarquable analogie I pas plus que dans le continent australien, aucun volcan ne s'élève dans ses plaines immenses, dont la pente, comme celle des fleuves, descend du côté extérieur du cercle volcanique. Parsemées de quelques groupes de montagnes modestes, ces plaines s'abaissent et s'aplatissent de terrasse en terrasse, jusqu'à l'Atlantique, tandis que le côté intérieur plonge dans le Pacifique par une pente escarpée. »

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CHAINB VOLCANIQUE OEt ILES ALÉ0UTIENNE8 ET OU KAMTCHATKA

Entre l'Amérique et l'Asie septentrionale, le sol de la mer forme une saillie dont l'énergie volcanique est sans cesse active. Presque chaque point de l'archipel aléoutien a présenté les phénomènes d'apparition et de disparition d'îles dont le groupe des Açores a donné un exemple , et dont nous nous occuperons encore plus loin. On y compte plus de trente-quatre volcans ayant fait éruption à des époques récentes. Les navigateurs ressentent fréquemment à bord de leurs navires les secousses de tremblements de terre qui agitent ces îles et aperçoivent de la fumée au-dessus de la plupart de leurs pics.

A peu près à angle droit avec la chaîne aléoutienne 8*étend celle des volcans du Kamtchatka, au nombre de quatorze ; la plupart sont encore actifs. Le Klintchewskaja-Sopka, dont la hauteur atteint 5,000 mètres, les domine. Ils ont eu presque tous des éruptions de laves très-abondantes et on rencontre aussi en divers endroits des terrains qui ont la plus grande analogie avec les malpays du plateau mexicain.

Au sud du Kamtchatka, sur la prolongation de sa ligne de volcans, les iles Kouriles en présentent dix actuellement enflammés. Nous les mentionnons seulement, car on les a rarement visités jusqu'aujourd'hui. Ea gçnérel, l'ardent fojer des régions botfe3\e% àiwvv *^

vient d'être question, et qui est d'une importance trèsgrande pour la science, n'a pas encore été sufGsamment exploré par les voyageurs.

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