‹ Volcans et tremblements de terreChapitre 28 sur 57 · VOLCANS OU JAPON · texte numérisé non relu

VOLCANS OU JAPON

Près de l'île de Jézo, les aaturalisteê attachés à Texpédition de la Pérouse trouvèrent une baie jonchée de laves rouges poreuses et de scories. Sur Pile elle-même s'élèvent dix-sept montagnes coniques qui, pour la plupart, paraissent être des volcans éteints. L'une d'elles est nommée, par les Japonais, la Montagne-du- Mortier^ à cause de la dépression profon(fe du cratère, où quelques signes indiquent une récente inflammation. Sur la petite île Bisiri , le pic volcanique de Langle s'élève de la mer jusqu'à une hauteur de 1,700 mètres.

Dans les autres grands îles du Japon , on cite sept volcans actifs, deux dans Niphon et cinq dans Kiousiou. Le volcan Wunzen, qui a la taille du Vésuve , dispersa son sommet, en 1795, par d'épouvantables explosions. Le Fousi-Yama atteint 3,800 mètres; c'est un cône d'une remarquable régularité, tronqué seulement auprès du sommet et ayant un vaste cratère ovale. Le soulèvement de cette montagne , vénérée par les Japonais, qui y font de fréquents pèlerinages, est rapporté par leurs historiens, à l'année 286 avant notre c^re. (x Une vaste étendue de terrain s'abaisse, dit l'un d'eux, dans

TOLCANS DU PACIFIQUE ET DE WOCtiS INDIEN. 157 la contrée d'Omi , un lac se forme, et le volcan Fousî apparaît. »

Au nord de Yedo, se trouve rAsama-Yama, le plus central des volcans actifs, qui eut une éruption trcsdésastreuse en 1783 et ne s'est pas apaisé depuis.

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Parmi les petites lies, deux portent le nom d'iwo- Sima, ou îles de soufre, et jettent constamment de la fumée. Les cratères éteints et les cônes de trachy te sont d'ailleurs fréquents dans toutes les chaînes de montagnes du Japon.

VOLCANS OTe java — DISPARITION OU PBPENOAJAN

L*île chinoise de Formose, très-riche en houille, renferme quatre volcans , dont l'un , appelé Tschy- Kang, ou montagne Rouge, a eu de grandes éruptions et possède aujourd'hui un cratère-lac, rempli d'eaux brûlantes. Elle marque le point à partir duquel les lignes de soulèvement prennent la direction du nord au sud jusqu'au delà de l'équateur.

Ici s'ouvre la partie la plus active du Cercle de feu. Dans le groupe de l'Asie méridionale on ne compte pas moins de cent vingt volcans, dont la moitié a été récemment enflammée, et il est probable que, quand on pourra explorer l'intérieur des grandes îles, on en trouvera encore d'autres.

Plus de la moitié des quarante-cinq cratères de Java vomissent encore des flammes. La mer qui les baigne est célèbre par ses orages et ses tempêtes. Il y a quelquefois dans Tair une si grande quantité de nuages chargés d'électricité, qu'on aperçoit plus de vingt trombes à la fois. Dans cette partie de la zone torride, les feux terrestres rivalisent avec le feu des rayons solaires.

Maha-Méru, le nom sanscrit du plus grand des volcans de Java, rappelle le temps où les Malais reçurent la civilisation indienne. C'est un souvenir du Mérou, la montagne mythique qui, dans les poèmes de l'Inde, rep ''^^ trône de Brahma.

VOLCANS DU PACIFIQUE ET DE L'OCBAN GtDtEN. 159

Le Gunung-Tengger est remarquable par son grand tratère de forme circulaire, qui a un diamètre de près de 7 kilomètres. Sur la plaine qui en forme le sol, à 600 mètres au-dessous de l'enceinte, s'élèvent quatre cifies d'éruption dont un seul, le Bromo, n'a cessé ^e très-récemment de lancer des Qammes. De 1838 à

Fig. 38. — Le Gunung-TenEgcr à J>».

1842, il s'y est formé un lac dont tes eaux sont chaudes et acides.

Le Gunung-Pependajan a eu, en 1 772, l'éruption ta plus violente qui ait ravagé l'ile depuis les temps historiques. On a des relations très-différentes de cet épouvantahle événement. Selon les uns, entre le 11 et le 12 août, après la formation d'un grand nuage lumi-^

neux, la montagne disparut tout entière dans les entrailles de la terre, et un terrain de 28 kilomètres de long sur 12 de large s'engloutit avec lui. D'autres disent que le sommet du volcan fut détruit par des explosions successives, lançant des cendres et d'énormes fragments sur la contrée environnante, où quarante villages furent ensevelis. Deux autres volcans situés, l'un à 300 et l'autre à 560 kilomètres du Pependajan, en ligne droite, s'enflammèrent en même temps que lui, mais plusieurs cônes intermédiaires de la chaîne restèrent inactifs. Ce fait indique le caractère complexe de la communication qui doit exister entre les fissures d'éruption à travers lesquelles les matières volcaniques se font jour.

Le Gunung-Gunter, ou montagne du Tonnerre, a fait entendre des bruits formidables pendant plusieurs années consécutives. Cinq grands torrents de lave, dont le dernier date de 1800, ont coulé du sommet et atteint le pied du volcan à différentes époques. Dans Téruption de 1800 il vomit, outre cette lave, un énorme courant de boue blanche, acide, sulfureuse, provenant sans doute d'une solfatare, et qui dévasta la surface d'une vallée auparavant fertile. Plus loin, nous aurons à mentionner d'autres éruptions boueuses, plus fréquentes à Java que dans les autres parties du globe.

■ARREN-ISLANO — ÉRUPTIONS OU TIMSORO ET OU QUNUNQ-APi

Les lies de Sumatra, Célèbes, Bornéo, plus grandes que Java, comptent relativement moins de volcans actifs. Sur la première, on en signale sept, sur la seconde onze, et un seul sur la dernière. Près de cent autres volcans, la moitié encore en flammes, se trouvent disséminés sur la multitude des petites îles environnantes.

Le groupe de Nicobar et d'Andaman, prolongement septentrional de la chaîne volcanique de Sumatra, renferme, selon Poulett-Scrope, le type le plus remarquable du volcan insulaire, consistant en un cône actif entouré par les remparts d'un cratère ancien dans lequel la mer entre par une brèche. C'est Barren-lsland, que les navigateurs ont aussi appelée l'île Déserte. Sa forme actuelle provient probablement d'une explosion qui a fait sauter un cône de très-grande dimension. Celui qui reste aujourd'hui a environ 1,200 mètres de haut ; on y observe des éruptions bruyantes qui se succèdent à des intervalles de dix minutes.

En 1638, le cône colossal appelé le Pic, dans l'île Timor, disparut tout à coup et fut remplacé par un abîme contenant aujourd'hui un lac. Jusqu'alors ce volcan, en activité continuelle, servait de phare aux navigateurs.

L'île de Sambava est célèbre par une terrible éruption de son volcan, le Timboro, qui eut lieu en 1815, et sur laquelle nous empruntons les détails s\i\va.w\& ^

162 VOLCANS ET TREMBLEMEiNTS DE TERRE.

une relation de sir Stamford Baffles. « L'éruption commença le 5 avril, fut des plus violentes le H et le 12, et ne cessa complètement qu'en juillet. Il y eut d'abord des détonalions qui furent entendues de Sumatra, à près de 1 ,500 kilomètres de distance, et prises pour des dccliarges d'ai'tillerie. Trois colonnes distinctes de flammes s'élevèrent à une immense hauteur, et toute la surface de la montagne parut bientôt couverte de laves incandescentes, qui s'étendirent à d'énormes distances; des pierres, dont quelques-unes grosses comme la tctc, tombèrent à plusieurs kilomètres à la ronde, et les fragments dispersés dans les aii^ causèrent une obscurité totale. On ajoute qu'une trombe accompagna le commencement de l'éruption, et enleva les toitures, les arbres et même les hommes et les chevaux. Le rivage auprès de la ville de Timboro s'affaissa jusqu'à une profondeur de 6 mètres. Les explosions durèrent trente-quatre jours, et l'abondance des cendres expulsées fut telle, qu'à Java, à 500 kilomètres de distance, elles causèrent en plein midi une nuit complète et couvrirent le sol et les toits d'une couche de plusieurs pouces d'épaisseur. A Sambava même, la région voisine du volcan fut entièi ement dévastée et les habitations furent détruites avec 12,000 habitants. Trente-six personnes seulement échappèrent au désastre. Les arbres et les pâturages furent enterrés profondément sous la ponce et les cendres. A Bima, à 65 kilomètres du volcan, le poids des matières qui tombèrent fut tel, que les toitures furent enfoncées. La ponce flottante dans la mer formait une île d'un mètre d'épaisseur que les vaisseaux eurent beaucoup de peine à traverser. »

A la pointe septentrionale de Tîle de Sanguir, le olcan d'Abo, qui a couvert de cendres, en 1711, un [rand nombre de villages, s'est enflammé tout à coup lu mois de mars 1856, et a causé de grands désastres >ar la lave, les cendres, les pierres et les torrents de »oue qu'il a lancés. Les volcans des Célèbes se trouvent lU nord-est de l'île. Près d'eux jaillissent des sources ulfureuses bouillantes.

Nous signalerons encore dans l'ile de Banda, Tune les Moluqucs, le Gunung-Api, ou Montagne de Feu. ]e volcan n'est presque jamais en repos, et de 1586 à [820, il a eu douze périodes d'éruption très-violentes, 'ejetant des courants de lave, des scories et des flamnés. Au mois de juin 1820, il lançait des pierres in- ^ndescentes aussi grandes, dit une relation, « que les labitations des indigènes. » Ces pierres s'élevèrent à les hauteurs de 1,200 mètres au-dessus de l'île.

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