ILES VOLCANIQUES DE L'OCEANIE ~ LES GALAPAGOS
Le vaste archipel qui s'étend d'un tropique à l'autre, au milieu de l'océan Pacifique, comprend plus d'un millier i'iles. Leur forme, en général annulaire, semble indiquer pour toutes une origine volcanique, mais les recherches le l'éminent naturaliste Ch. Darwin ont montré que les attols^ ou îles madréporiques, ne sont pas, comme on Ta d'abord cru, des constructions élevées par les Koophytes sur des cratères de soulèvement. Ces prodigieuses masses de coraux qui reprèsenl^iiV. \^ V:^^^ ^^
ItO YOLGAriS ET TREMBLEMENTS DE TERRE.
tant de siècles, couronnent des montagnes ordinaires soumises à un très-lent affaissement. Il n'y a pas réellement, dans toute la région, autant de Yolcaus que dans la seule ile de Java. Les navigateurs les ont signalés çà et là dans les intervalles qui séparent les groupes d'attols. En général, un mouvement du sol sous-marin, inverse de celui qui abaisse ces iles, soulève peu à peu les îles volcaniques. Leur hauteur n'est pas grande : quelques cratères ne sont élevés que de 90 à 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. On cite plusieurs exemples d'éruptions périodiques à courts intervalles.
Un des groupes volcaniques les plus remarquables est celui des îles Galapagos, distant seulement d'environ 400 kilomètres de la côte d'Amérique. Il a été décrit de la manière suivante par Darwin, après qu'il Peut visité sur la corvette le Beagle, commandée par le capitaine Fitz-Roy, qui, depuis, a rendu de si grands services à la météorologie pratique.
«... Le il septembre, nous abordâmes à l'île Chatam. Son profil se dessine arrondi et peu accentué, brisé çà et là par des monticules, débris d'anciens volcans. Rien de moins attrayant que le premier aspect : un noir chaos de laves basaltiques, jeté au milieu de vagues furieuses, couvert de broussailles rabougries donnant à peine signe de vie. Le sol, desséché sous l'ardeur du soleil de midi, embrasait l'air étouffé et suffocant comme Thaleine d'une fournaise.
«... J'arrivai sur un rivage où s'élevaient d'innombrables cônes noirs et tronqués. Du sommet d'une petite émineiice j'en comptai soixante, tous terminés par un cratère plus ou moins çaTÎa\V.^tom^^^fe^>\^^\A d'un-
simple cercle de scories rouges cimentées ensemble. Ils ne dépassaient la plaine de lave que de 20 à 30 mètres ; aucun n'avait été très- récemment actif. La montagne centrale de Chatam, qui a 1,200 mètres de haut, est un volcan à cime plate avec des coulées de lave sur les flancs supérieurs. La base est parsemée de petits cratères. On dirait que la surface entière de File a été perforée comme un crible par les vapeurs souterraines. La lave, soulevée dans son état fluide, a formé çà et là de gigantesques boursouflures. Ailleurs les cimes des cavernes de semblable formation se sont affaissées, laissant béantes des fosses circulaires à bords escarpés. La coupe régulière de ces nombreux cratères donnait au pays un aspect artificiel qui me rappela les parties du Slraffordshire où abondent les Jonderies de fer. Le jour était d'une chaleur brûlante, et c'était un rude labeur que de gravir à travers un labyrinthe de broussailles ce sol inégal et tranchant, mais je fus bien récompensé de ma peine par l'étrangelé de ce site cyclopéen. »