LE MAUNA-ROA
Le foyer d'activité le plus puissant de TOcéanie se trouve à l'extrémité septentrionale de l'archipel, dans les îles Sandwich, qui sont entièrement volcaniques. Hawaï, à peine plus grande que la Corse, sert de base à un volcan de 4,300 mètres, qui dépasse par conséquent de 500 mètres le pic de Ténériffe. G'esV \ft ^«>\w?v.^^'\^
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encore enflammé au milieu de quelques cônes éteints.
Les cratères du sommet de ce volcan, dont le plus grand a près de 4,000 mètres de diamètre, présentait habituellement un sol ferme, composé de laves reCroidics et de scories, au milieu duquel plusieurs orifiofi émettent de la fumée. On ne remarque aucun cAne de cendre ; c^cst la lave qui jaillit aussitôt dans les émotions. En 1855 et 1845 elles durèrent plusieurs semiiT nés, et déversèrent des coulées larges de cinq à sept milles. Celle de 1855 commença par un jet brillant, divisé en des milliers de gouttes, qui s^éleva à environ 150 mèircs au-dessus du sommet du dôme. Immédiatement après, une émission de laves se fit par une oavei^ turc plus basse de 600 mètres, sur le flanc de la montagne. Cette coulée était énorme; elle s'étendit avec rapidité dans la vallée qui sépare le Mauna-Roa du volcan voisin de Mauna-Kea, atteignant une largeur de 5 kilomètres qui doubla bientôt. La marche det ce coarant de feu ne s'arrêta qu'au bout de dix mois, après un trajet de 112 kilomètres, pendant lequel il avait emporté des forêts entières.
Le Rév. M. Coan, qui visita alors la montagne, raconte qu'il traversa plusieurs fois la surface durcie de la lave, sous laquelle elle coulait à Tétat liquide comme Tean d'une rivière gelée. « La croûte superficielle, dit-il dans sa relation ^ se fendait avec bruit, en émettant des vapeurs minérales en mille endroits. Sur le bord étaient des arbres écrasés, à demi brûlés et tombant en cendres sur la lave durcie... Nous passâmes plusieurs crevasses,
* Journal de la Société géologue de Iimdres, \^5^.
à travers lesquelles nous regardions le fleuve igné qui se précipitait dans ses canaux pétrifiés avec une rapidité de plusieurs kilomètres à l'heure. Cette lave était incandescente et avait une épaisseur de 25 à 100 pieds; les ouvertures ou crevasses de la surface mesuraient de 1 à 40 brasses de large. Nous jetâmes dans ces crevasses de grosses pierres, qui, dès qu'elles touchaient la surface du torrent, se dissipaient soudainement en flammes. Nous pouvions voir aussi des cataractes ignées souterraines roulant dans des précipices de 10 à 20 jnètres. »
Les laves sont d'une fluidité extraordinaire, et le professeur Dana a remarqué à ce sujet des faits curieux. Quand elles passent au milieu des forêts, de nombreuses branches d'arbres en retiennent des parcelles, de sorte qu'on y voit pendre, de distance en distance, des stalactites semblables à des glaçons formés par la. gelée. De plus, ces branches enveloppées par la matière en fusion demeurent intactes ; c'est à peine si l'écorce est quelquefois carbonisée. On suppose qu'elles étaient mouillées au moment où la lave les a atteintes, et que la vapeur subitement dégagée autour d'elles les a préservées.
Un autre effet de cette fluidité, c'est la production, par la lave projetée en l'air, de milliers de fils de verre très-fins que le vent disperse dans toute l'étendue de l'île. L'imagination des indigènes les transforme en cheveux de la déesse Pelle, protectrice de la contrée. Suivant une légende. Pelle habitait d'abord l'île Mani, où un volcan, maintenant éteint, l'Halea-Kava, répandait probablement aussi du verre capîWaire.
M. Dana a décrit plusieurs amas de laye de formes singulières, qu'il a rencontrés sur les pentes du volcan. C'étaient, en apparence, des fontaines pétrifiées, des colonnes ou des bouteilles droites. Quelques-unes avaient au moins 100 pieds de hauteur; Touverture qu'on voyait au sommet résultait de l'explosion des gaz qui avaient lancé les jets liquides, successivement coagulés.
Le phénomène le plus remarquable que présente le Mauna-Roa est le cratère de Kilauea, vaste lac de lave situé sur son versant oriental, à 1 ,200 mètres du niveau de la mer. « Son plus grand diamètre, dit Humboldt, a 5,000 mètres, et le plus petit 2,500. A l'état ordinaire, la lave proprement dite ne remplit pas toute cette cavité, mais seulement un espace qui a en longueur 4,000 et en largeur 1,600 mètres. Le spectacle que l'on découvre au bord de ce cratère laisse une impression solennelle de calme et de repos. L'approche d'une éruption ne s'annonce pas par des tremblements de terre ou par des bruits souterrains, mais par l'élévation et l'affaissement soudains de la lave dans le grand bassin. Jamais ce bassin n'a débordé ; la lave descend à travers des^canaux souterrains et par des ouvertures qui se forment plus bas, à la distance de 4 ou 5 milles géographiques; alors le niveau s'abaisse dans le Kilauea à la suite de ces éruptions déterminées par une pression énorme. »
VOLCANS m PACIFIQUE ET DE L'OCËAH INDIEN.
A l'estrémité australe de l'Océanie, les deux grandes Île3 qui forment cette contrée présentent des phénomènes volcaniques semblables à ceux de l'Islande. Une chaîne de montagnes couvertes de neiges éternelles les
traverse, et renferme plusieurs volcans en activité. Des roches basaltiques, des coulées de lave d'une grande étendue, de vastes espaces remplis de sources thermales, apparaissent fréquemment dans les sites grandioses que ces îles présentent au voyageur.
Les principaux volcans se trouvent placés dans Tile du nord, sur une fissure allant d'une mer & Fautre et perpendiculaire à la chaîne longitudinale des montagnes. Au point cl*interscction s'cicve le plus actif d'entre eux, le Tangariro, haut de 2,000 mètres. Le plus grand, le mont Edgecombe, éteint aujourd'hui, est situé sur le rivage de la mer.
Une ligne de lacs suit la chaîne des volcans ; autour du plus vaste, le lac Taupo, et au centre de Tile, on voit dans un rayon de deux milles le sol recouvert de solfatares et de sources thermales qui, comme les geysers d'Islande, forment des dépôts de silice.
L'isthme d'Auckland, sur lequel est située la capitale de l'île, présente de nombreuses traces d'une activité volcanique ancienne à côté des champs qu'elle a puissamment fertilisés.
EREBU8 ET TERROR
De 1838 à 1841, les expéditions envoyées par la France, TAngleterre et les États-Unis, découvrirent, au delà des grandes banquises australes, une série de côtes qui paraissent appartenir à un continent assez étendu. Les forces puissantes par lesquelles il a été soulevé au milieu des mers profondes de ces régions y sont encore en activité; de gigantesques volcans dressent leurs cimes au-dessus de ces terres glacées, et d'immenses jets de flammes sortant de leurs cratères éclairent la
VOLCANS DU PAanQDB ET DE L'OCÉAN mDIEN.- 177
sombre nuit qui les enveloppe pendant la moitié de l'année.
Les deux premières montagnes ignées aperçues reçurent les noms des bâtiments de l'expédition anglaise, VErebm et le Terroi\ commandés par l'intrépide capitaine James Ross. Nous trouvons dans le journal du chirurgien Mac Cornick une description de l'aspect grandiose des terres nouvelles :
« Le H janvier 1841, à la latitude de 71** sud et la longitude de 1 71° est, le continent antarctique fut aperçu pour la première fois. Une chaîne de montagnes, aux sommets innombrables réunis en groupes distincts et couverts de neiges éternelles, apparut au-dessus de la mer, resplendissant aVfec magnificence au soleil. Un pic, semblable à un immense cristal de quartz, s^élevait à la hauteur de 2,400 mètres, un autre à 2,800 et un troisième à 3,000 mètres. A côté des couches blanches de la glace plusieurs coulées de lave et de basalte descendaient vers la côte, ou elles se terminaient en promontoires abrupts.
« Le 28, à la latitude de 77* et à la longitude de \ 67% on découvrit le mont Erebus, volcan enveloppé de glace et de neige de la base au sommet, d'où s'échappait une colonne de fumée qui s'étendait aurdessus d'un grand nombre d'autres cônes dont cette contrée extraordinaire est remplie. La hauteur de ce volcan au-dessus de la mer est de 4,000 mètres, et le mont Terror, cratère éteint qui se trouve près de lui, atteint la hauteur un peu inférieure de 3,600 mètres. A sa base se trouve un cap d'où une barrière de glace s'étend vers Pouest et empÀ^he tout progrès vers le sud, îsou?» vîwv^ ^\icix
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ce rempart perpendiculaire dans une étendue de 300 milles... »