VOLCAN 01 BOURBON
Les volcans de Tocéan Indien sont placés dans le voisinage de la grande ile de Madagascar, qui paraît renfermer elle-même des volcans actifs, mais très-peu connus jusqu'à présent. A l'extrémité nord du canal de Mozambique, la plus graâde des îles Comores renferme un cône enflammé. Le groupe des Mascareignes, à l'est, présente les phénomènes les plus remarquables. L'ile Maurice est bordée par une ceinture de roches basaltiques. A partir de sa plaine centrale on peut suivre de nombreux courants de lave qui se sont frayé un chemin vers la mer par plusieurs brèches. Des cônes se dressent en divers points et ont eu, ainsi que la montagne principale, appelée le Piton, des cratères en éruption dans les temps modernes.
« 11 existe à l'île Bourbon un volcan qui parait lui avoir donné naissance et dont les éruptions, fort abondantes et presque continuelles, ne cessent de l'agrandir. Des cratères éteints attestent sa présence plus ou moins ancienne sur tous les points de l'île. Il occupe aujourd'hui la partie sud-est, et c'est une exposition qu'il a dû et qu'il doit toujours conserver. En effet, en supposant qu'une première éruption sous-marine ait formé, à une époque très-reculée, le noyau de l'île, les cendres, les étincelles, et toutes les parties les plus légères ont dû
TOLCAKS DU PÂdFIQUE ET DE L'OCËAN INDIEN. 179 être chassées par le vent dans le nord-ouest. Les laves elles-mêmes, subissant plus ou moins l'action de la lame, ont dû s'étendre plus facilement sous le vent, oiî elles recontraient moins d'obstacles. Tout ce qui a pu
se détacher de ces laves et être roulé par les flots a formé du même cdté nn commencement d'alluvion, et, à la longue, la même cause continuant à produire les mêmes effets» lecratèi:^ primitif s'est trouvé plus rapproché de Umer du c6té du vent que du côté opçoaé.
180 TOLUNS ET TnEUBlBHERTS DE lERRk.
« Cependant, à chaque éruption, les laves refroidies ont dû former, autour du cratère d'où elles sortaient, un bourrelet qui, s'élevant toujours en reeevaiit de non- Telles couches, n'a pas tardé à former une montagne.
Lorsque cette montagne a eu atteint une certaine hauteur, le cratère s'est trouvé avoir une profondeur et des dimensions que la lave avait à parcourir et à remplir avant de trouver une issue. On conçoit que l'expansion des gaz a dû exercer alors, sur la lave et sar toutes les parties solides qui la contenaient, une pression d'autant plus forte que la résistance était plus grande, et, comme
TOLUHS DU PAUFIQUE ET DE L'OCÉAN INDIEN. 181 le côté du vent a toujours été le moins chargé, c'est de ce câté que la résistance a dû être vaincue. De nouveaux cratères se sont ainsi ouverts el s'ouvriront successivenient, toujours dans le voisinage de la mer, et toujours du côté du vent. Ces convulsions terribles, l'ouverture
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de nouveaux cratères et la formation de nouvelles montagnes, qui en est la conséquence, expliquent parfaitement les pitons élevés, les ravines profondes, iea cirques immenses qui remplissent tout l'intérieur de l'île, aussi bien que les altuvipns qui s'étendent à la mer d'un côté, et les remparts accores qui la bordent de l'autre. Ainsi s'expliquent également la qualité supérieure des terres, leur plus grande profondeur, la dér.ompm\lion plus fivancéc des la\cs àaïvs\a"çaî'C\ft.5>'»ùS>
m VOLCANS ET TREMBLEHEEITS DB TERRE.
le vent, et les contrastes que le géologue peut remarquer entre cette partie de l'île et celle, de formation évidemment plus récente, qui est exposée au eud-est.
a Le Grand-Brûlé, qui s'étend aujourd'hui Eur une
Fig. 46. — Le erattre dn GrtDiI'BtOU.
largeur de plusieurs lieues, n'offre encore aucune trace de végétation. C'est un plan incliné et inégal rempli d'aspérités aiguës, qui s'élève et change sans cesse de forme et d'aspect par l'effet des ruisseaux de laves qui le sill"""""'. annuellement, tantôt dans une partie et l» itre.
« Ce pays désolé est destiné à devenir, avec le temps, une terre fertile ; et quelques années ne se seront pas écoulées que déjà d'innombrables fougères, trouvant à s'y alimenter, y prépareront la couche légère d'humus où doivent prendre naissance de véritables forêts. Tous les environs du volcan de Bourbon attestent, en l'accomplissant avec une incroyable promptitude, cette métamorphose ^ »