‹ Volcans et tremblements de terreChapitre 32 sur 57 · ÉRUPTION DU OJEBEL-DUBBEH — RUINES DE S0D3ME · texte numérisé non relu

ÉRUPTION DU OJEBEL-DUBBEH — RUINES DE S0D3ME

Dans sa partie septentrionale, Toccan Indien baigne des côtes qui ont été connues dans les temps les plus Éôciens comme des foyers d'activité volcanique. On tsbuve dans les écrits des écrivains arabes du moyen âge la mention de fréquentes éruptions qui ont eu lieu au sud de l'Arabie, dans la chaîne des îles Zobayr, dans le détroit de Bab-el-Mandeb, dans celui d'Ormuz et dans la partie orientale du golfe Persique.

Un volcan situé près de Médine a vomi d'énormes toirrenis de lave en 1254 et 1276, mais il parait éteint depuis cette époque. Le promontoire d'Aden est entièrement volcanique et la ville elle-même est bâtie au fond d'un cratère ébréché. Dans la mer Rouge, l'île de Djebel-Taïr est un volcan constamment enflammé. Nous citerons quelques détails relatifs à une éruption récente

* Album de Vtle Bourbon, par Adolphe d'IIastrel : notice da M. Dc^eau de la Bâtie.

du Djebel-Dubbeh, qui s'élève sur la rive arabe de cette mer:

a Dans la nuit du 7 au 8 mai 1861, écrit le capitaine Playfair, les habitants d'Edd ont été réveillés par une secousse de tremblennent de terre, suivie de plusieurs autres qui se continuèrent avec de petites interruptions pendant près d'une heure ; au lever du soleil une grande quantité de cendres blanches tomba sur la ville comme une pluie ; à neuf heures ces cendres changèrent d'aspect et parurent ressembler à de la terre rouge. Peu de temps après, cette pluie se fit si épaisse que les ténèbres devinrent intenses et qu'on alluma les lampes dans les maisons. Il faisait plus noir que dans la nuit la plus obscure, et toute la place était couverte de cendres à la hauteur du genou. Le 9, In pluie de cendres diminua un peu, et l'on vit dans la nuit des colonnes de feu et de fumée épaisse s'élever du Djebel-Dubbeh, situé à une journée de marche dans l'intérieur. Le Djebel-Dubbch a des habitants ; mais pas un n'était encore airivé à Edd à mon départ de cette localité. On n'avait jamais entendu parler d'éruption volcanique à Edd; jugez delà consternation générale. »

Lorsqu'on put approcher du volcan, on vit qu'une effroyable catastrophe avait eu lieu : les villages de Moobda et deRambo étaient ensevelis sous les matières lancées par le cratère.

L'existence de vastes formations basaltiques et de plusieurs cratères a été constatée dans la presqu'île du !Smai.

La Palestine renferme aussi beaucoup de vestiges de ïadion volcanique ; et la S^rie, eu général, est sou-

VOLCANS DU PACIFIQUE ET DE ^'OCÉAN INDIEN. i85

mise à de très-violents tremblements de terre. La longue vallée arrosée par le Jourdain, et occupée en partie par le lac de Tibériade et la mer Morte ou lac Asphaltite, suit très-probablement une profonde fissure de l'écorce terrestre. Sur les rives de ces nappes d'eau, on rencontre beaucoup de ponce, de bitume et de soufre. La destruction des villes de Sodome, Gomorrhe, Séboïm, Ségor et Adama, ensevelies, selon la tradition, sous une pluie de feu, parait devoir être attribuée à l'action volcanique. De récentes recherches confirment cette conjecture.

« Nous rentrâmes, dit M. E. Delessert \ dans le désert et Taridité ; mais cette aridité était amplement expliquée dans cet endroit par le terrain que nous foulions aux pieds ; nous étions sur le terrain de Sodome, et nous allions toucher à l'extrémité de la mer Morte ; à notre droite, nous avions un cratère de volcan masqué par une colline, mais bien reconnaissable à ses pans perpendiculaires et taillés en amphithéâtre : c'est l'Ouad-ez- Zouera; à gauche, la mer se rétrécissant, et bordée à l'est par des rochers immenses presque noirs ; et enfin, devant nous, une montagne isolée d'environ 5 kilomètres de largeur, et auprès de laquelle nous étions obligea de passer pour atteindre le sud et pouvoir ensuite traverser la pleine immense qui sépare l'ouest de l'est. C'est une montagne célèbre dans l'histoire : nous n'avions plus devant nous un sol ordinaire fertile ou non : c'était une espèce de croûte de sel, mélangée d'un peu de terre, sur laquelle les pieds de nos chevaux marquaient une assez profonde empreinte ; la teinte de

* Voyage aux villes maudites.

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la montagne était jaunâtre en général, et sa forme à peu près ronde. A environ 2 kilomètres ayant d'arriver à sa base, on nous fit faire un petit détour, pour éviter un endroit où , il y a un an, un chameau chargé disparut dans un gouffre qui s'ouvrit subitement, à environ 80 pieds de profondeur : c'était cette couche assez légère qui, fondue par suite des pluies, avait entr'ouvert l'abime qu'elle recouvrait : ce détail peut vous faire comprendre Tintérét d'un genre tout particulier qui s'attachait à notre marche sur un sol aussi trompeur ; mais le terrain ne s^effondra pas, et à onze heures nous passions l'angle nord de la montagne de sel. Là se trouve une ruine assez considérable, composée d'un amas de pierres informes : c'est le Redjoumel'Mezorhel (le Monceau bouleversé) ; à droite, et couvrant un espace d'environ 3 kilomètres, sont d'autres ruines, mais ruines comme celles de l'Engaddi, à fleur de terre, comme seraient celles d'une maison qu'on raserait exactement, et dont il ne resterait de visible que les fondations, conservant de certains angles qui indiquent la présence d'anciennes constructions : nous avons constaté une grande quantité de ces angles si importants, puisqu'ils attestent la présence d*une ville, et de quelle ville : Sodome I »

Le nom de la ville maudite se conserve dans celui de S'doum^ que les Arabes ont donné à ce lieu. Ils appellent Djebel-S'doum l'immense montagne de sel voisine, dans laquelle les pluies d'hiver ont creusé de nombreuses fissures. Une roche, en forme d'aiguille, détachée de la masse, fait penser à la statue de la femme de Lot.

« Au soleil couchant, d\l le cotxvç^^qiv de voyage

de M. Delessert\ nous avions traversé de nouveau Sodôme ; et passant entre les deux coteaux qui recouvrent les ruines de Segor, nous entrions dans l'Oued-ez- Zouera, par lequel nous devions remonter dans la terre de Canaan, et gagner Hébron. Jamais nous n'oublidrons le magnifique spectacle qu'il nous fut donne d'admirer lorsque nous eûmes gravi les premiers contre-forts de de la chaîne cananéenne. Un orage violent, venu de l'ouest, avait franchi ces montagnes ; et passant audessus de la mer Morte, il était venu fondre sur la pleine de Moab. Au couchant, le ciel était parfaitement dégagé de vapeurs ; à Torient, il était de la teinte la plus sombre ; au pied des montagnes de Moab, la mer semblait une vaste nappe de plomb fondu ; et les montagnes ellesmêmes , noires à leur base, étaient d'un rouge de feu, depuis la moitié de leur hauteur jusqu'à leur sommet. Tous ensemble, nous poussâmes un cri d'admiration : c'était l'incendie de la pentapole qui recommençait sous nos yeux... »

* M. de Saulcy, Excursions sur les bords de la mer Morte, 1851.

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