‹ Volcans et tremblements de terreChapitre 37 sur 57 · VOLCANS LUNAIRES · texte numérisé non relu

VOLCANS LUNAIRES

.1w La surface de notre satellite est parsenoiée d'imilii- ^rrand nombre de montagnes, ayant presque touliiil forme d*un bourrelet circulaire au milieu duquel ceiipéa une cavité. Laplace y voyait des traces éyidentès d'éai j p i lions volcaniques. Il ajoutait que la formation dettiivelles taches et les étincelles observées plusieiiFi:lHi dans la partie obscure indiquent même des volcaHKfB activité. C'est à eux qu'il attribuait les aérolitt)! qui viennent de temps en temps se précipiter sur iMIrb globe. : i\

De nouvelles recherches ont considérablement mo dil i ces idées. On croit pouvoir attribuer la vue des étimodt' les à des illusions d'optique; les contours des tenki lunaires dessinées avec plus de soin par les astrononplé photographiées même depuis quelque temps, né pawl^ sent nullement changer, et une théorie des aéroUHi^ différente de celle de Laplace, prévaut aujourd'hli?. Mais si des éruptions récentes ne peuvent êtrecoDlti^ tées sur le globe qui nous accompagne, nous troufQW des preuves nombreuses de l'existence d'une époque où

^ La Plante et sa vie, par Sclileiden, traduction de M. Gharies Var-

tins.

* Voyez les Météores^ ch. ix (^BiôIioCfièquc cEes merveilles).

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la réaction de Tintérieur de cet astre sur sa croûte superficielle a été extrêmement violente.

Quand on compare les reliefs des terrains sur la Terre et sur la Lune, on est surpris du manque de proportionnalité entre les montagnes. Elles sont relativement beaucoup plus hautes sur notre satellite, où l'on en compte 22 qui dépassent l'altitude du mont Blanc (4, 800 mètres). La montagne appelée Dœrfel a 7,605 mètres de haut, 200 mètres de moins que le pic le plus élevé de l'Himalaya. Cette extension des aspérités paraît en rapport avec la diminution de la pesanteur, qu'on trouve, par le calcul, six fois moindre sur la Lune que sur la Terre.

Pour bien voir les cavités, il faut choisir l'instant de l'observation à l'époque du premier ou du dernier quartier. Les remparts circulaires projettent alors leur ombre à l'opposé du soleil, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. On est aussitôt frappé de l'idée d'une parfaite analogie entre ces formations lunaires et nos formations volcaniques terrestres. Les flancs de la protubérance rejoignent la plaine par une pente modérée, tandis que l'escarpement intérieur est extrêmement abrupt. Dans la partie centrale du fond de la cavité on aperçoit le plus souvent des éminences, qui représentent très-bien les cônes volcaniques d'où s'échappent chez nous les laves et les cendres. En plusieurs endroits on parvient, selon Herschell, à distinguer des marques décisives de stratifications * provenant du dépôt successif des déjections. On ne s'étonnera pas du rapprochement des pro-

' Dispositions des matières rassemblées ei^ coucher ^t^VV<^\&%.

tubérances craiériformes, si nous disons qu'on en compte plus de deux mille sur la surface visible de l'astre. Dans la figure 49 nous avons essayé d'offrir ridée du paysage qu'on aurait devant soi auprès de Tune de ces montagnes. Le grand nombre d'aiguilles qui se dressent sur les contre-forts et dans la contrée environnante, ajoutent à l'élrangcté du spectacle. Elles sont très-élevées et rappellent nos colonnes basaltiques. Il y en a une près du mont Ligustinus qui est dix fois plus haute que la cathédrale de Strasbourg. Quand on l'observa pour la première fois, l'ombre l'enveloppait et sa pointe seule était éclairée par le soleil. Sa matière, probablement vitreuse, décomposait la lumière et présentait les couleurs du prisme.

Nous nous tromperions si Tanalogie que suggère la première vue nous conduisait à assimiler toutes les cet. vités lunaires à nos volcans. C'est une très-faible partievau contraire, qui peut leur être comparée, quand on vient à tenir compte des dimensions. Un observateur placé sur notre satellite et muni d'un excellent télescope verrait à peine les cratères terrestres. Le cratère de la Caldiera del Fogo, dans l'île de Palma, le plus grand, selon Humboldt, n'a que 8 kilomètres de diamètre, tandis que sur la lune on voit une multitude de circonvallations beaucoup plus étendues. Le diamètre du mont Clavius, par exemple, est de 227 kilomètres ; ceux de huit autres sont compris entre H 2 et 184 kilomètres; viennent ensuite douze cirques de 90 kilomètres en moyenne, etc. Il faut donc imaginer des enceintes vastes comme deux de nos départements, comme la Bohème. Ce dernier pays, entouré car des montages, peut très-

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bien les figurer; seulement les remparts des cirques lunaires sont de véritables falaises, à peine crevassées et surgissant d'un seul jet à une hauteur à laquelle la cime du mont Blanc n'arrive qu'après un grand développement de pentes et de contre-forts.

Ce sont seulement des points noirs qu'on voit sur le flanc de quelques protubérances qui peuvent être considérées comme les cratères des volcans éteints. Les cirques eux-mêmes ont probablement été produits par un phénomène différent, du moins par ses gigantesques proportions, de l'éruption volcanique que nous connaissons. Imaginons, aux premières époques géologiques, de puissants gaz élastiques se dégageant. ça.t %w.\& ^%

^m VOLCANS ET TREMBLEMENTS DE TERRE.

réactions chimiques internes de la masse lunaire, et se trouvant arrêtées par une couche de matière pâteuse très-résistante, mais encore' assez visqueuse pour avoir la faculté de s'étendre. De nombreuses boursouflures, pouvant acquérir de grandes dimensions à cause de cette élasticité, feront saillie hors de la surface, et pendant quelque temps la pression intérieure des gaz dilatés par la chaleur soutiendra la voûte, cette voûte dominâtelle un espace aussi grand que le cirque de Clavius. Mais dès que le refroidissement aura commencé, elle manquera d*appui, elle se rompra et jonchera de ses débris le fond d'un immense abime. Que restera-t-il alors? Précisément les apparences qu'on observe maintenant : toutes les parties surplombantes écroulées jusqu'au bourrelet abrupt; des montagnes de rochers brisés au centre, sur un disque plan dont le niveau est inférieur à celui de la région environnante. Cette dernière circonstance est caractéristique pour tous les cirques. L'excavation du montNewton est telle, que jamais le fond n'en est éclairé, ni par la Terre, ni par le So- ' leil.

Parnïi les fluides sortis des dômes déchirés se trouvaient probablement beaucoup de vapeurs qui ont dû se condenser et même se transformer en une substance solide, car les observations des astronomes ne constatent pas jusqu'à présent l'existence d'une atmosphère lunaire. On attribue à ces vapeurs le dépôt des pellicules brillantes qui semblent revêtir quelques rebords des cirques. Suivant Maedler, ce sont des courants gazeux qui ont vitrifié une partie de la surface de l'astre, en V nroduisant les bandes lumineuses qu'on aperçoit

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disposées en rayons autour de plusieurs montagnes. Dans certains points, comme Tycho et Copernic, il y en a plus de cent, et elles traversent sans s'interrompre les circonvallations et les taches noires environnantes, fournissant ainsi un élément pour établir la chronologie du .soulèvement des terrains. Il faut supposer qu'il y a eu de violentes conflagrations au-dessus des centres, - vers lesquels les courants ont convergé comme dans tous les incendies. Aucune de ces bandes n'accuse un relief, car elles ne sont visibles qu'aux environs de la pleine lune et ne projettent pas d'ombre pendant les autres phases.

Si nous voulons comparer la surface lunaire avec celle de notre globe, nous devons supprimer par la pensée les terrains de sédiment et les mers qui recouvrent cette dernière. Beaucoup de cirques, aujourd'hui comblés, apparaîtraient alors. En Auvergne, il y en a de très-vastes qui sont encore entièrement dessinés, quoique le granit qui les forme soit altéré et disparaisse dans un grand nombre de points sous d'épaisses couches de terre végétale. Celui qu'on voit sur l'île de Ceylan a 70 kilomètres de diamètre. Dans l'Océanie, plusieurs îles madréporiques paraissent prendre appui sur de semblables cirques*.

* Nos lecteurs trouveront une très-intéressante description de notre satellite dans rexcellent livre de M. Amédée Guillemin : La hune^ 1 vol. in-18; librairie Hachette.

Tremblement de terre de Lisbonne. — Tremblement de terre de Calabre. — Tremblement de terre de Riobamba. — Vostitza. — Tremblement de terre dans l'intérieur d'une mine. — Bruits souterrains. — La Guadeloupe. — Padang. — Destruction de Mendoza. — Distribution géographique des tremblements de terre.

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