CHAPITRE Il
Si l’accipiens est de bonne foi, on dira que ce qui l’enrichit, c'est seulement le capital, puisque les intérêts, dont il ne se croit pas comptable, sont censés, comme tels, dépensés par lui. Si, au contraire, il est de mauvaise foi, on dira que ce qui l’enrichit, c'est tout à la fois le capital et son intérêt, puisqu'il sait détenir l’un et l’autre comme étant la chose d'autrui, et qu'il doit s’at- . tendre à être comptable de l'un et de l'autre. Ceci montre avec clarté ce rôle délicat de l’ordre public, à côté de la cause et de la volonté. Tandis que celles-ci sont les éléments premiers de la création de l'obligation, lui n'est que l’élément second de son achèvement pratique. Son pouvoir le plus grand ne s'élève pas jusqu’à mettre en question l'existence de l'obligation, mais il va jusqu'à en faire varier le montant. C'est que les données qui fixent le quantum de l'obligation ne sont pas forcément les mêmes que celles qui créent le lien obligatoire. C’est de ce dernier que nous cherchons essentiellement à déterminer la teneur. A ce point de vue, nous pouvons conclure que le paiement de l'indu dérive encore exclusivement de la cause. Cependant, il marque ce progrès sur l'enrichissement indu, qu’à son occasion, une volonté juridique est apparue. L'obligation ne résulte pas de cette volonté; mais désormais, on conçoit comme possible qu'une obligation résulte de la volonté.
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