‹ Volonté et CauseChapitre 114 sur 155 · EUR VO · texte numérisé non relu

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dis que demeurent les contrats mêmes !. La combinaison contractuelle, bien loin d’être toujours identique à elle-même, n'est pas toujours faite d’une même proportion entre les deux éléments de volonté et de cause. La gradation inversement proportionnelle de leur apport achève, dans le contrat, la progression commencée dans le quasi-contrat.

Quant à l’ordre public, il s’efface presque totalement dans les premières hypothèses, dont la correction interne rend généralement superflu ce secours subsidiaire extérieur. Mais, avec les hypothèses plus hasardeuses, il réapparaît, et il va s’accentuant conformément à sa mission logique.

IT. — Ce sont les étapes les plus caractéristiques accusées par l'énergie obligatoire dans le contrat à titre onéreux, que nous voudrions préciser ici. Il semble qu'on puisse les ramener à trois.

Avec le contrat unilatéral et avec le contrat commutatif, la volonté est discrète encore ; la cause semble toujours prédominante, quoiqu'elle dégénère du premier au second. On peut dire qu'il y a concours de la volonté et de la cause.

Mais bientôt, la volonté du débiteur, manifestation normale du facteur subjectif, va s’amplifier et déborder sur la cause, qui entre radicalement dans la voie de la décroissance. C’est ce que nous verrons dans le contrat aléatoire et dans l'engagement par déclaration unilatérale de volonté. On peut dire qu’il y a prédominance de la volonté débitrice.

Enfin, par un développement croissant et exorbitant du facteur subjectif, la volonté s'affirme chez le créancier. C’est ce qui apparaît dans le contrat d'adhésion et dans la stipulation pour autrui. On peut dire qu'il y a prédominance de la volonté créan-

cière.

IV. — Mais c’est là, pour ainsi dire, un illogisme de l’éman- > D ; g

(1) Rey. critig., 1904, p. 484.

cipation de la volonté, un rameau adventice de la souche originaire, et la cause semble alors se raffermir afin d’être l'obstacle à un excès probable. C’est pourquoi, cette dernière catégorie demeure exceptionnelle. Elle n’inaugure point une nouvelle voie, dans laquelle s’engagerait le développement de la volonté. L’épanouissement de celle-ci s’opèrera, comme nous le verrons !, par l’exaltation de la volonté débitrice, dans le contrat à titre gratuit.

Il faut bien comprendre, en effet, que la valeur obligatoire de la volonté vient de ce qu’elle est l'engagement d’un débiteur 2.

Si, en réalité, c'est le plus souvent la volonté créancière qui pose les termes de l'obligation — c'est ce qui arrive dans les contrats unilatéraux et synallagmatiques même les plus normaux : le prêteur fixant l'intérêt qui est dû ; le vendeur le prix à payer — ce n’est là qu’une nécessité de fait. Car la volonté du débiteur, si elle était seule, réduirait toujours à l’extrème lobligation; elle tendrait alors à descendre au-dessous du montant de la cause suffisante, et ce serait donc toujours cette dernière qui fixerait en définitive l’obligation. Mais la convention a précisément ce résultat de confondre la volonté créancière qu'elle abaisse, avec la volonté débitrice qu’elle élève ; de sorte que si l’on peut dire que c'est la volonté créancière qui veut la mesure de lobligation et qui en pose les termes, ce n’en est pas moins la volonté débitrice qui anime et réalise cette obligation, en la voulant ellemême.

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