CHAPITRE IV
compensatoire de la cause ; et de l'erreur qui détruit la valeur obligatoire de la volonté. Un héritier et un tiers qui se dit propriétaire peuvent transiger valablement au sujet d’un immeuble : l'incertitude de leur droit ne doit pas faire conclure, a contrario, à l'insuffisance de la’ cause dans lobligation qu’ils contractent. Mais l'ignorance de l'existence d’un héritier préférable vicie la volonté de lhéritier apparent, et son obligation tombe; et de même, l’inexistence du droit du tiers révèle l’inexistence de la cause, et par là encore l'obligation de lhéritier apparent peut tomber.
X.— Nous nous acheminons vers le contrat aléatoire, dans lequel la volonté est prépondérante, mais nous sommes encore dans le contrat commutatif, où la volonté est moyenne. Ici, la volonté ne veut pas l’aléa ; elle le subit. Elle se soumet à la cause, autant qu'elle le peut ; elle ne la supplée que si elle y est contrainte ; elle ne’cherche pas à la contredire. Nous pouvons donc constater que, jusqu’à présent, la volonté a été se développant, mais au sein de son domaine normal ; jamais au détriment de la cause, qui a gardé son indépendance et son pouvoir. Nous allons considérer, dorénavant, ce qui constitue la vérirable suprématie de la volonté, c’est à dire son action qui, débordant sur la cause, diminue celle-ci progressivement.