‹ Volonté et CauseChapitre 134 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

volonté a échoué. Elle ne peut créer à son profit un droit, mais seulement, à sa charge, une obligation. C’est cette idée dont la logique interne de l'obligation a assuré le respect. C’est ainsi que dans le contrat d’adhésion, la cause a contrebalancé la volonté créancière, dans la partie conventionnelle de cette opération ; et que l’ordre public l’a contrebalancée, dans la partie réglementaire de cette opération. Et c’est ainsi qu’un mème et spontané rétablissement de l’harmonie s’est produit dans la stipulation pour autrui ; la volonté créancière a respecté l'indépendance de la volonté débitrice et l'appel compensatoire de la cause. Elle n’a pas défini le lien obligatoire; elle a seulement organisé l’exécution de l'obligation, en précisant successivement le mode de libération du promettant, le mode d'acquisition du droit par le tiers bénéficiaire, le mode de fonctionnement du principe de cause.

La volonté créancière n’est pas créatrice, car elle n’est pas composée de la force active du vouloir : l'engagement.

La volonté, en voie de progression, semble s'être aventurée, à la légère, dans une direction qui ne pouvait la conduire à rien » elle s’est avancée sur un chemin de traverse, où elle s’égare. Ce n’est point en le suivant qu’elle poursuivra son développement logique. Il lui faut revenir sur ses pas, reprendre sa forme correcte de volonté débitrice, et achever de conquérir, sous cet aspect, une puissance directe et indépendante. Elle va le faire, en prétendant, maintenant qu'elle est une force, être, de plus, une force exclusive. C’est la dernière étape. Le débiteur se déclare obligé parce qu'il le veut, et sans attendre de la valeur qu'il livre aucune compensation. [l ne subsiste que la volonté, mais une volonté qui, puisqu'elle est seule, doit avoir, pour engendrer l'obligation, une valeur qualitative intense : c’est l’intention libérale, constitutive du contrat à titre gratuit.

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