CHAPITRE V
Le contrat à titre gratuit
Nous reprenons donc ici l’évolution de la volonté normale : la volonté débitrice. Elle va atteindre son maximum : reculer indéfiniment l’action de la cause, et finalement la supprimer. Les hypothèses qui se groupent dans cette classe du contrat à titre gratuit présentent un affermissement progressif de la volonté et une dégradation parallèle de la cause.
Mais, en général, suivant une idée préconçue de laquelle on part, ou bien on trouve dans l'intention libérale ou dans le motif déterminant un vestige de la cause que lon oppose à la volonté pure, au vouloir; et l’on dit que la donation a une cause. Ou bien l’on estime que cette intention libérale, que ce motif déterminant n’est qu'une partie de la volonté; et l’on dit que la donation n’a pas de cause.
Ces deux raisonnements sont également exagérés dans leur conclusion rigide et absolue. Ce qui est vrai, c’est que, comme nous le savons déjà, un même et seul élément, possède, à la fois, une force créatrice autonome et directe, en tant que cause ; et une force d'influence indirecte, en tant que motif agissant sur la volonté. L’acquisition de la chose par l’acheteur a une double action sur l'obligation de cet acheteur : objectivement et quantitativement, elle est un enrichissement de son patrimoine qui sollicite directement un appauvrissement compensatoire, en faveur du vendeur : elle est une cause. Subjectivement et qualitativement, elle est un désir de son esprit, une des sollicitations qui
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