IV. — Mais, en même temps, la volonté a conquis un second
(1) Op. cit., p. 362, note 2.
(2) Art, go1 et suiv. C. civ.
rôle ; elle s’est substituée à lacause et possède un certain pouvoir objectif et quantitatif. C’est que la cause n’est, pour ainsi dire, qu'une cause abstraite, n’existant que théoriquement, et qui doit, pour retrouver une action, s’incorporer à la volonté. La cause est ici incluse dans la volonté, à l'inverse de ce qui se passe dans la gestion d’affaires, où la volonté du gérant n’a d’effet sur l’obligation du géré qu'à travers le résultat objectif de la gestion: la volonté est alors incluse dans la cause.
Les traces de cette énergie indirecte de la cause sont, ellesmêmes, de plus en plus impalpables. Elles apparaissent, positivement, dans l'erreur sur le motif de la donation, qui est déjà un vice de la volonté, mais qui est éncore un cas où l’inexistence de l'équivalent détruit l'obligation.
Elles n'apparaissent plus que négativement, et à l’extrême limite où elles soient reconnaissables, dans l'affirmation d’une intention libérale qui prétend se sufhire. Cette intention libérale, elle est, comme l’a dit M. Bartin « la conscience, chez le donateur, de n’obtenir aucun équivalent à la transmission de propriété, qu’il fait ou à l'obligation qu’il assume! ». N'est-ce pas encore un équivalent, réduit au minimum, mais cependant reconnaissable, que cette décision de n’en point recevoir? Ce à quoi, en effet, la cause s’oppose, c’est à l'absence d'équivalence subie, qui seule mérite le nom d’inéquivalence, mais non à l'absence d’équivalence librement et sainement voulue, car elle n’est plus, juridiquement, une inéquivalence.
Et, au total, en quoi consiste cette domination de la cause par la volonté ? Est-ce une diminution de la cause? C’en est essentiellement au contraire une exaltation.
L'obligation n’est pas inférieure à l’exigence de la cause; elle lui est supérieure. On ne méconnaît pas l'énergie d’un émolument; on se passe d'émolument pour reconnaître une énergie. La situation du donateur est inverse de celle de l'individu qui détient
(1) Théorie des condit.…, p. 362.