‹ Volonté et CauseChapitre 145 sur 155 · SECTION 3. — LA FONDATION · texte numérisé non relu

SECTION 3. — LA FONDATION

Comme nous avons vu l'association achever la gradation des contrats commutatifs par la soumission de l'opération à un but désintéressé, nous voyons la fondation couronner la gradation des contrats à titre gratuit par la réalisation d’une obligation qui s'appuie sur une intention plus profondément libérale. La cause est plus incertaine dans l'association que dans la société ; le vestige de la cause est plus amoindri dans la fondation que dans la donation. Si nous envisageons la fondation à part, ce n’est donc pas qu’on ne puisse la rattacher à un type obligatoire plus général, dont elle ne serait qu’une application : l'engagement par déclaration unilatérale de volonté ou la stipulation pour autruit; c'est qu'alors même quil en serait ainsi, elle est une combinaison nouvelle, une répartition particulière, des deux éléments créateurs . du lien obligatoire: la cause et la volonté.

I. — La cause si diminuée dans la donation l’est encore davantage ici. Comme dans la donation, la cause est d’abord radicalement impropre à produire une énergie directe. Le fait, la situation, et ordinairement le simple attrait en quoi elle se résume, a bien encore une influence sur l'obligation, mais ce n’est que par lintermédiaire de l’esprit du fondateur qui le ressent, puis de la volonté qui le traduit.

S'il y a, en un sens large, enrichissement du fondateur par la pénétration en lui d’une certaine impression active, il n’y a pas appauvrissement de la personne ou du patrimoine qui est le point de départ de cette impression. La cause est dégénérée en motif.

(1) V. LamgerrT, La stipulat. p. autrui, p.361 et.suiv.

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