CHAPITRE PREMIER
toute évidence, l’objet de son obligation subsiste, Si celle-ci disparait à son tour, c’est que son obligation n’a plus de cause, cest que s'est évanouie la force incluse dans l'élément matériel qui ne peut plus aller d’un créancier qui s’en appauvrit à un débiteur qui s’en enrichit.
Ainsi, voir dans une valeur matérielle un élément constitutif de obligation, c’est à dire une force active et créatrice de ce lien de débiteur à créancier, ce n’ést pas s'attacher aux contours d’un objet{, c’est voir la puissance qu’il acquiert en passant d'un Ê
patrimoine dans un autre, à la façon du ressort qui, inerte en soi, devient dès qu'il est tendu, un perpétuel effort vers un retour à son point de départ. C’est bien en ce sens que M. Laborde a pu écrire que l’objet fait simplement « partie du monde juridique, tandis que la cause appartient au monde philosophique? ». L'objet, qui est extérieur à l'obligation, comme est extérieur au droit de propriété la chose sur laquelle il porte, n’est qu'une certaine étendue de matière ; la cause est une certaine nécessité qui peut être incluse dans cet objet. +
Nous pouvons, dès lors, tenter deux définitions qui fixeront ce
HAITI Est aCQUIS.
L'objet c’est « en quelque sorte, selon la formule de M. Gauly, le lieu où les deux volontés se rencontrent et se confondent,.… c’est. le substratum du contrat, ce que l’art. 1108 nomme la matière de l'engagement À », c’est à dire une prestation ou un fait.
La cause, au contraire, est la nécessité incluse dans la prestation ou le fait, d’une certaine consistance, qui, émanant du
réancier, fonde objectivement et quantitativement l’obligation du débiteur. Cette fois, l'élément matériel a donné tout ce qu'il contient. Ilest, à la fois, une certaine activité et une certaine force quantitative découlant de cette activité. Sous le premier aspect il me nous intéresse pas : il est nécessaire à l'obligation,
(1) V. Japior, Des nullités…..., p. 210. — Note Tissier S:, 1903, 1, 257. (2) Rev. génér. du droit, 18871, p. 398.
(3) Rev. critique, 1886, p. 47.
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mais il ne crée pas le lien d’obligation. Il ne convient de le retenir que sous sa seconde forme, en tant qu'il est une force, une énergie. Mais en même temps que la cause atteint sa perfection, elle fait sentir son insuffisance ; elle est décisive, mais incomplète, car que peut être cette puissance matérielle, sans une idée qui la guide ? Un aperçu, encore fragmentaire, de la justice. S'en tenir à la seule donnée quantitative, c’est réaliser le progrès qui permet à l’obligation de jouer le rôle que jadis pouvait seule jouer la chose même. Mais c’est s'en tenir à une philosophie toute matérialiste et méconnaitre l'effort plus délicat qui veut assouplir cette cause et l’amener à diversifier l'adaptation de sa propre force.