‹ Volonté et CauseChapitre 37 sur 155 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

c'était feindre de ne point apercevoir, dans le premier, la reconnaissance, au moins tacite, de la volonté; dans le second, la réalisation, au moins fictive, de la cause. Il importe que l'obligation, réduite à un type unique mais susceptible de différenciations, convienne plus catégoriquement de cette combinaison nécessaire etsouple.

La vente, qui est le type obligatoire classique, autant. par sa fréquence que par sa correction, semble résumer, à la fois, le travail évolutif qui s’est fait, et l'analyse interne qui s'essaye. Tout d’abord, en elle; apparaissent les phases normales de l'évolution, qui a présenté tour à tour une conception réelle de la vente : troc, contrat innomë, peut-être muluum ; puis, une conception formaliste : mancipatio, stipulatio !. C’est, tour à tour, l’exclusivisme d'ordre matériel, et l’exclusivisme d'ordre psychologique. Mais l'aboutissement de l'effort est la vente consensuelle, qui accueille les deux tendances et les groupe en un mélange intime et parfait : la cause et la volonté. Et après ce travail du temps il y a celui de l’analyse, qui isole les effets propres à chacun des deux facteurs ; et ce n’est que l’adaptation réfléchie des deux anciennes actions parallèlles : celle de l’arbitre qui apprécie la convention ad æquum ; et celle du juge qui applique la shpulalio, ex lege.

La partie volontaire de l'opération, la convention, engendre à Rome un simple droit de créance ; la partie réelle de l’opération est la tradition, qui seule transfère la propriété. Le droit germanique distingue, à son tour, la vente et l’ensaisinement, et le droit allemand moderne a maintenu la séparation de l’effet obligatoire et de l’effet réel ?.

Leur groupement, selon la conception française, en un acte unique, est une simplification, que la logique réclame aussi ?. Le lien obligatoire, résultat engendré par une force matérielle

(1) Gaïus, Institut, I, 119.

(2) Viozzer, Op. cit., p. 654 et suiv.

(3) V. Domar, L. civ., 1, 1 et 2, sect. 2, n° 8.

et une force psychologique, doit entraîner naturellement le transfert et l'obligation.

Au surplus, il nous importe seulement de constater, qu’en fait, il est une certitude : c’est cet affermissement parallèle et progressif de deux éléments obligatoires irréductibles. Ce sont vraiment là les germes mêmes de l'obligation, dont il convient de pénétrer tout le sens. ;

Mais avant d'arriver à ce travail de pure analyse, et avant d'abandonner les faits, il importe de considérer, après cet apport du temps, l'apport du milieu : les influences sociales.

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