CHAPITRE PREMIER
cette déduction logique, qui aboutit à la déclaration de volonté, tient toute la raison du vouloir juridique ? Le raisonnement ne s'est-il pas développé quelque peu au détriment de la réalité, et en comprimant d’autres énergies que celle-ci possédait encore ? Comment cette expression d'une volonté, qui ne se rattache plus à la volonté même, contiendrait-elle le germe créateur de l’obligation ? Admettre la déclaration de volonté, ce n’est donc point épuiser l'étude de la volonté juridique. C’est seulement la définir par ses traits extérieurs, sans pénétrer jusqu’à son essence. C’est reconnaître la volonté qui peut produire un effet de droit, mais ce nest pas encore déterminer pourquoi elle le peut produire. Dire que la déclaration de volonté produit l'obligation révélerait le même abus de langage que d’affirmer que l'arbre produit le fruit: encore faut-il ajouter que la déclaration pour engendrer un eflet de droit, doit demeurer reliée au vouloir qui la vivifie, comme l'arbre doit puiser dans le sol la sève qui l’alimente.
C’est en présence de cette zone profonde que nous nous trouvons à présent.