‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 106 sur 188 · I.ETTRES 1NED1TES · texte numérisé non relu

I.ETTRES 1NED1TES

Je vous enverrai OEdipe tout corrige, et vousaurez encore bien autre chose : que Dieu me donne vie, et vous serez content de moi. Je bride de vous faire voir les corrections sans fin de la Henriade. Si le royaume des cieux est pour les gens qui s'amendent, j’y aurai part; s’il est pour ceux qui aiment tendrement leurs antis, je serai un saint. Platon meltait dans le ciel les amis a la premiere place; j’y serais encore en cette quality. Adieu, mon cher ami. L’filu V.

Avez-vous refu le paquet pour le pere de Dardanus'1 Mandez-moi l'adresse de M. Algarolti. Excusezmoi aupres du prince sur ma pauvre sante.

Co it octobre 1738, a Circy.

Je refois, mon cher Thieriot, votre lettredu 12 par l’autre voie, avec une lettre du prince qui me comble de joie; il peut arriver tres-bien que je le voie en 1739, et que vous ayez un etablissement aussi assure qu'agreable. Gardez un profond secret.

Les vers de ce miserable Rousseau, dans lesquels il ose maltraiter M. de la Popeliniere, ne sont qu’une suite d’aulres vers presque aussi mauvais, que Bonneval a euvoyes a Rousseau , dans lesquels il parlait indignement de M. et de madame de la Popeliniere, h propos de musique et de Rameau.

Je voudrais qu'on fit un exemple de ces gredins

1 Rameau, auteur dc la mubique de bat <1 anus, dont lea parolee aunt de La Drutire.

obscurs, qui ont l’impertinence d’attaquer ce qu’il y a de plus estimable dans le nionde. Quant 4 Bonneval , que vous m'npprenez dtre precepteur chez M. de Montmartel, je ne crois pas qu’il y reste longtemps. 11 ne tient qu'a vous de contribuer a le punir : failes tenir le paquet ci-inclus a M. de Montmartel, et datcz mes lettres. Souvencz-vous bien qu’en votre presence et devant notre ami Berger, La Tour me dit tout ce que je lui rappelle dans ma lettre. Faitesvous confirmer ces faits par La Tour, et eusuite faites rendre a M. de Montmartel mon paquet. Conduisezvous dans cette affaire avec la m^ine prudence que dans celle de Dalainval, et vous reussircz de m6rae. Est-il vrai que ce coquiu de Dalainval est hors de la Bastille? Rafralchissez la memoireaLaTour, afin qu’il puisse repondre en conformite a ma lettre que lui fera rendre M. de Montmartel, qui par lii connattra Bonneval a ne pouvoir s’y meprendre.

A l'egard de Uousseau, est-il possible qu’on puisse encore etre la dupe de l’bypocrisie de ee scelerat? La lettre du sieur Medine, banquier, que je vous envoyai l'annee passee , fait bien voir que le monstre mourra dans l’impiinitence finale, et, qui pis est, dans le crime de faire de mauvais vers. Avez-vous cette lettre de Medine? je vous l’euverrai si elle vous manque. Becommandez-moi bien a M. d’Argcnson, et surtout au tres-digne philosoplie Bayle-des-Alleurs. II faut absolument que je sache ce que vous me dites en enigme sur le compte de Linant; cela est important, puisqu’il a demeure dans la maison.

LTn petit mot louchant les Epilres.

EETTRES lXfiDITES

Ce 29 novcmbre 173b.

Enfin madame de Chambonin est parlie pour Paris; elle vous rendra compte de toutes les inquietudes que votre long silence et votre conduite avaient causees a Cirey ; mais tout est oublie, si vous savez aimer.

Voici un paquet pour l’abbe d’Olivet , et donnez cela vile. Je nc sais abandonner ni mes amis ni mon bonueur; ainsi je reste a Cirey, et je fais poursuivre 1’abbe Desfonlaines , et je ne quilterai jamais cette affaire de vue. II y aurait trop de lachete a soulfrir ce que Ton doit repousser.

Je me flatle que ni dans cette occasion, ni dans aucune vous ne direz : Eh! mordiev, quon me laisse souper, digerer el ne rien faire /

Soyez tres-persuad6 que des amis comme madame du Chatelet et moi en valent peut-elre d'autres; que tout change dans la vie, mais que vous nous relrouverez toujours.

L’affaire du palais Lambert va se consommer; mais il faut auparavant que je sois stir de rester en France.

Je re$ois votre billet et la leltre du prince qui m’envoie du vin de Tokay, et qui vous l'adresse.

Portez-vous mieux que vous ne faites, et mieux que moi.

Ce 29 au soir; je vous embrassc.

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