I.ETTRKS INIvUlTES
II faut savoir surlout si c’est comme lieutenant de police ou comme commissaire du Conseil que M. Herault agit.
Les deux lettres au prince Antiochus Cantemir qui suivent sont empruntees a un dc nos meilleurs recueils, le Bulletin du Bibliophile. L'aulbenticitc n’en sauruit dire douteuse. Dans un billet a Thieriot que nous avons donne ci-devant (p. 333), Voltaire annonce precisemenl qu’il ccrira au prince Cantemir. Cette correspondnnce manquait ; elle se retrouve a propos pour prendre sa place.
Le redacted r du Bulletin, M. J. E. G., accompagne cede publication d’eclaircissemenls pleins d’interet que nous lui demandons la permission de reproduire aussi.
« Dans la premiere Edition dc V Ihs tone de Charles XII, qui parut cu 1131 , Voltaire appr&ie en ces termes la defection du prince Demetrius Cantemir, qui, pendant la guerre dc l* 10, abandonna le parti du sultan pour celui du cinr :
<i l'n Grec nomnid Cantemir, fait prince de Moldavie « par les Turcs, se jeta dans le parti du czar, qu’il reft gnrdait ddjl comme un conqnerant, cl ne fit point de « difliculld de Irahir le sultan, dont il tenait sa princin pautd, en faveur d’un clirdlien dont il esperail de plus « grands a vantages. Le czar aynnt done fait tin Iralld « secret avec ce prince, et l’ayant retju dans son amide, « s’avanca dans ce pays et arriva au mois de juin 1711 « stir le bord septentrional du fleuve llerase, atijour- « d’htti IcPrutb, pres d’Yassi, capilale de la Moldavie. »
• l.c prince Demetrius Cantemir ctait inert des 1723; mais son Tils, Antiochus Cantemir, sc Irouvant fi Paris en 1730, en qmilite d’umbassadeur de Uussle, vil Voltaire et reelama centre le passage
quo "on vient do citer, pretenilnnt nujsi que l’dcrlvain frnncnls avait commis unc crrcur on attribuant a an famillc unc originc erccquc, landis qu'il descendait des princes tarlarcs.
« Voltaire lui promit d’envoyer celtc rectification 4 I'imprtmcur do Itollande, qui preparait une nouvellc edition; mais die nc fut point lnserec. Voltaire s’en excuse dans la seconde lettre. La mort du Jeune prince, arrivee cn 1)44, mil fln aux reclamations qu'il continuait avec instance. »
.Nous nous permettrons d’ajouter que res reclamations, qui sans doute font honneur au caraclere du prince, n’etaient pas fondees, et Voltaire eut raison den’y satisfaire que dans la tnesutede la verite historique. La defection de Demetrius Cantemir rst averee, et I'origine grecquc de cette fatnille, incontestable. Aussi Voltaire a repandu d’ltabilcs adoucissements sur ce passage , mais ne l’a point change. Voici la variante qui a £le maintenue dans toutes les editions de Charles X II :
« La Moldavia ttait gouvernde alors par le prince e Cantemir, Grec (I’origine, qui rdunissait les talents a des ancicns Grecs, la science des leltres el celle des « armes. On le. faisait desccndre du fameux Timur, ft connu sous le nom de Tamerlan; cette origine parais- « sait plus belle qu’une grecque. On prouvait cette des- « ccndancc par le nom de ce eonquerant. Timur, dit-on, « ressemble uTemir; le litre de kau que possedaitTi- « rnur avant de conqudrir I’Asie, sc relrouvc dans le « nom de Cantemir; ainsi le prince de Cantemir est a descendant de Tamerlan.
« De quelque maison que fut Cantemir, il devait toule « sa fortune it la Porte Oltomane. A peine avail-il retju « l’investilure de sa principality, qu’il trahit l’empereur « lure, son bienfaiteur, pour le czar, dontil espdrait daft vantage. II se llaltait que le vainqueur de Charles XII ft triompberail aisdment du vizir... II romptait que lous