AM. TI11ERIOT
Voici la lettre en question ‘.
Je viens de lui en ecrire une un peu pressante sur votre compte. Nous verrous s'il repondraa cet article, et si cette nouvelle semonce sera encore briilee.
Je vous supplie de dire a Mecenas de Rothelin 2 que je travaille jour et nuit a meriter son suffrage.
Gfi. — AU MEME.
A la Have, ce ft octobrc 1740.
Voici de la graine des Pericles et des Lelius; e'est un jeune republicain d'une famille distinguee dans sa patrie , et qui lui fera honneur par lui-meme. II desire de voir a Paris des hommes et des livres; vous pouvez lui procurer ce qu’il y a de mieux dans ces deux especes.
Scribe tui gregis hum- , el fortem crede bonumque 5.
Je vous embrassc. Voltaire.
' Au prince royal dc Prusse, en (aveur de Thieriot. (Nuto de M. de Cayrol.)
1 De I’Aeiidetnie franiaisc. C’eat lui qui accompagne Voltaire dans le Temple da Codt.
1 Her., 1. 1, ep. ix, v. Id.
LETTRES ISEOITES
titi. — A M. l)E CROUZAS.
Pari». 0 jnin I 741 »
Monsieur, prenez-vous-en a la bataille de Fontenoi, si je n’ai pas eu l’honneur de vous repondre plus tdt. L’occupation que m’a dounee la gloire du roi mon maltre etait la seule chose qui pouvait m'empecher de m’entrelenir avec un vrai philosophe que je prefere k bien des rois. I’uisque votre philosophie consiste a aimer et a encourager tous les genres de lille— rature, j’ai rhonneur de joindre a un gros tome de physique la meilleure edition qu’on ait faite de mon Po'eme sur la bataille de Fontenoi. Vous verrez, monsieur, dans ce poeme, quelle justice je rends a vos compatriotes *.
Yousaugmentez bien l’estime que j'ai toujours eue pour catenation respectable. Puissiez-vous, monsieur, en etre encore longtemps l’ornement et la gloire ! Vous avez fait de Lausanne le temple des Muses, et vous m'avez fait dire plus d'une fois que, si j’avais pu quitter la France , je me serais retire a Lausanne. J’aurais cultive aupres de vous mon gout pour la veritable sagesse, que le fracas des cours , les agrements de Paris, les charmes de la poesie n’ont que trop seduit. 11 faut que je fasse des couronnes de fleurs dans les temps que je voudrais cueillir les fruits de la philosophie. Je me preparais a vous relire, monsieur; je vais travailler a des fetes. Mais je lournc souvent mes yeux
1 Les SuibtCe de la muisun du rui.
vers Jerusalem, eii chanlani sur les borils dc l’Euphrale, dans la superbe Babylone. Votre nom m’est loujours present; je regrette loujours de n’avoir pu, dans mes voyages, goiiler le bonheur de vous entendre. C'est avec ces sentiments, monsieur, que je serai toute ma vie, bien sinceremenl, votre, etc. Voltaire.
17 mire 1743.
Serais-je un impudent si je vous demandais la permission de venir diner chez vous aujourd’hui? Je sais que vous avez un certain abbe de Yalory a qui je voudrais que tout le clerge ressembl&t, et uu lieutenant de police a qui je veux plaire 2. Mais ne vous deplairai-je point? N’avez-vous point trop de maltres des requites? Ne serais-je point terriblement intrus dans votre sanctuaire? Ilefusez-moi si je suis un profane, el conservez-moi des boutes qui me sont bien precieuses, el que je merile par mon tendre respect pour vous et par l’extreme envie que j'ai de vousfaire plus souvent ma cour. Voltaire.