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ploi, qu’il demande ce pavement injuslc avant me me quo le complaignant soit en possession de la terre dont il ne doit jouir que le 22 fcvrier.
Aux Helices, pres de Geneve, 14 min 1759.
Je re?ois, monsieur, la lettre dont vous m'honorez, en date du 9 mars 1759, avec le meraoire de mes ennemis les fermiers generaux, et l’extrait de la declaration du roi, du 20 mars 1708. Je ne puis trop vous remcrcier de la bonte avec laquelle vous daignez entrer dans mes petites peines , et me rendre raison des refus du conseil: Intros in judicium cum servo tuo , Do mine 1 . Permeltez done a votre serviteur, le Job des Alpes, de rebecquer encore centre son seigneur, et de lui envoyer celte fois-ci un memoire Ires-serieux. Ce n’est qu’en qualile de bon Francais que j’ai eu la bdtise de faire grili'onner mon contrat par un notaire de (lex. Je pouvais egalement employer un tabellion suisse, et alors !es fermiers generaux n’auraient jamais entendu parler de moi. Je pouvais encore vous lAcher les treize cantons el les Ligues grises. Nous sommes jaloux de noire liberie, nous autres Helvetieus,et nous sommes de bonnes gens qui crovous que les trailes doivent etre executes a la lettre. Ainsi, monsieur, en qualile de Suisse, de Francais el de votre ancien courtisan , j’ose encore vous supplier de revoir mon alfaire pour la derniere fois.
Madame Denis est tres-sensible a l’honneur de votre souvenir. Nous sommes lous egalement attaches a
1 I’gaunic 412, v. 2.
votre personue, et a lout ce qui porte votre noni; inais, malgre toute tna sensihilite pour vous, je pense que 1'eau du Rh6ue est aussi bonne que l’eau de la Seine, el qu’il imporlera tres-peu a ma figure legere d’etre mangee des vers du niout Jura ou de eeux de la paroisse de Saint-Roch. Tout ce qu’on a fait d.ans Paris, depuis quclques anuties, me paralt le roinble de la folie humaiue , et je me croirais plus fou que tout Paris si , a mon age , je no savais pas vivre dans la retraite. 11 est vrai que je regretterai toujours votre socielc et vos bontes ; mais il faut savoir se retirer quand on n’cst plus propre pour le monde. Au reste, que lesfermiers generaux m’assomment ou non, mea virlv/e me involvo'. Pardonnez a ma main droite, un peu pote, si je vous ennuie par une main elrangere.
Pour le reste de ma vie, et avec lous les sentiments d’un liomme qui vous respecle etvous aime, le Suisse
On lit en marge de la main deM.de Chauvelin : — « M’en « parlcr, car cette nouveiie raison pent changer la decision. « — Le ±2 mars 1759, remis a M. de Faventines le nouveau me- « moire de M. de Voltaire. »