PREFACE DU P. DANIEL
I. o Ceux qui sont los plus proven us pour Mezerai de- « mrurent d'accord quo son style est dur, qu’il fait quelque- « loisdes periodes mal bees , et qu’il emploie des termes bar- « bares ou connus seulement du menu peuple. »
Cette critique est juste.
II. « Ceux qui ont lu son histoire sans prevention onl trouve « qu’il est presque toujours de mauvaise huineur. »
Cela est assez vrai.
III. « Qu’il nc sail pas laire le detail d'une action de puwrre, « et qu’il fait do mauvais raisonnements sur toute sortc de « maticres. Voila ce que j’ai entrepris de laire voir. »
On tie reprochera pas au P. Daniel de ne savoir pas parlor de combats. Son histoire de la troisiemc race n’est qu’un recit de sieges, de batailles, etc.; mais presque pas un mot de 1‘intrigue du Cabinet, et pomcause.
OBSEHYATIONS DU P. DANIEL SUR L’lIISTOIRE DE MEZERAI.
I. « Je suis persuade, commc le public, que Mezerai est un « fort bon historien , et ce n’esl que par simple amusement
4‘iG REMARQUES Al'TOGRAPHES DE VOLTAIRE
« que j’enlreprends de faire voir qu’il y a quelque chose a re- « trancher ou a changer dans son Uisloire tie France. »
C’est comme celui qui disait :
Un valet dc Gascogne
Gourmand, ivrogne et assure menteur,
Pipeur, larron, jureur, blasphemateur,
Sentanl la hart de cent pas a la ronde,
Au demeurant, le meillcur lils du monde.
II. « Je commence par la page 4", ou il dit que Pharamond « commence a rfgner en Pan 418, et que c’etait une anncc reti marquahlc par une grande eclipse de soleil, (|ui scmblait « marquer la prochaine evtinction de I’empire dans les Gaules. n I'ii liomme bien sense peut-il adherer a dcs opinions si poll pulaires, et dire qu’une eclipse, dont les causes sont connues a pour etre naturelles, soil le presage d’un changemcnt con- « sidcrablc dans la fortune des homines? »
Observation juste; quoique ce defaut se trouve dans plusieurs historiens estimables d’ailleurs.
III. « On peut regarder comme une arcnture peu croyable ii cello d’un gendarme insolent qui , pour einpecher le roi « Clovis de rendre ii un evique un vase precieux qui avail etc « pris dans une eglise , le hrisa d’un coup de hache. Mezerai ii dil que le roi dissimula pour l'heure , niais qn’un an apres, ii dans une revue generate, il fit une querelle au gendarme 0 sur ce que ses annes n’etaicnt pas en bon ordre, et lui fcndit « la tele de sa hache. II dil que ce lut un coup bien hardi, qui « rendit le roi redoutable aux Krancais. 11 eiit mieux parle, u s’il cut dit que c’etait un coup bien harbare qui le fit hair de a ses sujets. Oil est la vcrlu d’une telle action? Le roi pouvait a tuer sur-le-cliamp un soldat qui lui inauquait de respect. •
Decision bien singuliere pour un jesuile ou plutot pour nil prelre.
Eli! quoi , Matlian, etc.