‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 171 sur 188 · SUR LE P. DANIEL · texte numérisé non relu

SUR LE P. DANIEL

IV. « Uezerai vout faire entendre quo Clovis recevait sou- « vent ilu ciel des graces miraniletises, et ailleurs il en rap- « porte des actions du prince le plus injuste et le plus inlni- « main qui ait jamais porte la couronne. Comment cela se a peut-il concilier? »

Comme toutes lescontrarieles de l'espritet du coour de I'homme.

V. a II ( Mezerai ) se sert ordinairement des termes de coiio ciibine, de batard et d’adultere, qui blessent la delicalesse o de noire siecle , et dont les liommes polis sont tres-eloigms « de se servir. »

Le P. Daniel songe deja a son projet de flatter Louis XIV, qui voulait Clever ses batards jusqu’ou il aurait pu.

VI. « II dit que les Framjais furent, dans une occasion de n guerre, un peu en desordre , parce que leurs chevaux tom- « baient dans des fosses reconverts de branches et de gazons

« Quoi qu’il ne suit pas le seul historien qui nit parle de cette « ruse grossierc, il n'est pas vraisemblable qu’elle ait jamais « cause de desordre 4 des gens de guerre. »

Cela n’est cependanl pas impossible.

VII. n II dit que les rois des Visigoths, naturellement timides, « Iransferfrent leur siege royal pour s’eloigner de leurs enne- « mis. — Que veut-il dire par naturellement timides? Etait-ce « un delaut attache' a la seule race de ces rois? Et n’etait-ce « pas prudence qui les faisait agir, et non pas timidile? »

Le P. Daniel n’aime pas qu’on attribue quelquc faiblesse aux rois.

1 Ratable contre les Thuririgiens, sous Thierry, en 531.

4N8 KRMARQI'ES AL'TOGHAPHES l)K VOl.TAIKK

VIII. aClotilde, dil-il, repondit qu’elle nimait mieux les o voir morls que tondus;ses petils-lils). — Est-il vraisemhlable « qu’unc princesse si humaine et si sage eiil fait un choii si a barbare?

Oil en serait l’histoire si on s’arretait a ces vraisemblances, et qu’on n’admit parmi les actions ties hommes que ce qu’ils ont dil faire ?

IX. o II dit que le prince Tlnlodefaert prit quelques chateaux « dans la contr£e de Beziers, maisqu'il se laissa prendre lui- ■ memo a la heaute de Deuteric, dame de Cabricre, qui le « rerut dans son chateau etdans son lit. — one I rapport y a-t-il « entre des chateaux pris et un homme touche de la beaute « d’une femme? »

C’est unc expression un peu poelique, el dont on Irouvera bien des cxemples. Victorem omnium vici, elait la devise d’une grande dame de par le monde ’.

X. « Comment peut-on entendre que ce soil la loi naturelle « qui exclul les lilies de la rouronne? Elle n’estdonc la loi nai* turelle qu’en France; car les autres pcuples de l’Europe ne < les excluent pas. »

La loi salique faisait autant de peine au P. Daniel qu’it Louis XIV.

XI. a Les adiniraleurs de Mezerai se desabuscront dc l’opi- <• nion qu'ils ont qu’il ne fait que des narrations bien inlelli- « gibles, et ils demeureront d'accord que les mauvaises cons- « l ructions ne sont pas rares dans ses out rages. »

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