I.F.TTRES DE VOLTAIRE
bontes. SouiTrez cepentlant, madame, que j’aie l'honneur de renouveler mes remerclments 4 Yotre Altesse Serenissime au sujet de celte famille infortuuee des Calas, si cruellemcnt trait^e a Toulouse et si genereuscment secourue par votre bienfaisance. Vos bienfaits lui ont porte bonheur. L’arrfit inique et barbare des juges de Toulouse vient d’etre casse d’une voix unanime par tout le conseil d’Etat du roi. Jamais on n’a vu une plus eclatantc justice apres une si horrible iniquite
Votre Altesse Serenissime s’occupe peut-dtre a present de l’anarchie de la Pologne et de ses bons voisins. Je ne sais pas qui sera roi des Sarmates, mais je sais bien qu’il ne sera ni plus heureux ni plus aime que madame la duchesse de Gotha Test dans ses Etats. II faut que ce nom de roi soit quelque chose de bien beau, puisqu’on l’achete a des conditions si genantes.
Je me flatte que Yotre Altesse Serenissime jouil de toutes les felicites qui ont manque a tant de rois, sante, tranquillite, occupations douces qui ne laissent aucune inquietude dans Time, assurance d’etre aimee autant que respectee. Je mets surlout la grande maltresse des coeurs parmi les causes de votre bonheur. Daignez, madame, me conserver des bontes. qui font la consolation de ma vieillesse, et agreez mon profond respect pour Votre Altesse Serenissime et pour votre auguste famille.
1 Voir pr&Wemment, pages 30, 31, 32.