Al! MfiME
Sans date.
Si vous avez et6 hier chez M. de Pouilli ', je crains que vous n’ayez pu le voir; il sort toujours apres diner, et se fait celer le matin. Je vous supplie d'y aller aujourd'hui, et de vous informer de noire pauvre Gaudin; il faut absolument que vous entriez chez lui, quand ou vous dirait qu’il n'y est pas. Vous devriez bien venir ici auparavant, consoler un peu votre malade.
1 Commla bus allaircs <Hrangercs et savant.
LETTRES INEDITES
A La Have, ce 2 oclobre 1722.
Je refois ce vendredi voire lellre el me h;\te d’y faire reponse, afin que vous sachiez lout au plus tOt combien elle m’a fait de plaisir et combien je vous suis oblige. Je ne me lasse point de donner de l’exercice a voire amitie. Premieremeut, je vous prie de repaudre que je n’ai ete en Hollande que pour y prendre des mesures sur l'impression de mon poeme, el point du tout pour y voir M. Rousseau.
Si vous pouvez m’acheter un excellent cheval de course, de la valeur de 200 ou 250 livres, pour le 12 de ce mois, vous me ferez un plaisir infini. Vous n'avezqu’a charger de cette commission les mdmes qui ont vendu mes chevaux; Gaudin pourra fort bieu me rendie ce service. Assurez-le, je vous prie, de ma reconnaissance et de mon amitie pour toute ma vie.
J’fii vu Picard, qui est charge d’affaires pour un an ; ninsi je ne comple point du lout sur lui. Ayez done la bonte de distribuer les quatre autres estampes aux meilleurs graveurs de Paris.
Je ne coiifois pas comment ma leltre a M. le cardinal 1 a pu transpirer; elle n’elait faite ni pour etre publique, ni pour etre approuvee de messieurs du cafe. Je viens d’achever un ouvrage d'un autre genre, queje vous monlreraiamon relour, eldontjene peux
■ Lc cardinal Dubois. V. (J fun. com/./,, 1. 1.1 , I as.
UE VOLTAIKK (1722). .'lO.'i
vous rien dire a present. Lcs cafes no verront pas celui-la, sur ma parole. Si vous n'avez pas deja mis a la posle lepoemede M. Racine1, envoy ez-le-moi sous l’enveloppe dc M. de Chambery, ministre de France aupres des elals generaux, a la llaye.
Je ne vous mande rien de ce que j’ai fail el vu en ce pays-ci. Je reserve tout cela pour les entretiens que nous aurons ensemble a Paris; j'y serai au plus lard le 14. Je monte ici tous les jours a cbeval, je joue a la paurne, je bois du vin de Tokai, je me porte si bien que j’en suis elonne. Je compte faire le voyage eu poste sur mes maigres fesses. ficrivez-moi, el pricz Dieu que j'aie de bons chevaux sur la route. Si vous pouvez savoir ce qu’on donne en France d’un escaliu J, d’un florin, d’un palagon, d’un ducat, d’une pistole d'Espagne, vons me lerez grand plaisir de imi le mander au plus jusle. — Adieu, mon cher ami; la posle va partir.
All uovt uu yi'Ai uts uniiwiK) vis-A-TiS tit mikval mt niOMt: , a riii3
A Isse, 1 1 12.
Mon clier ami, comme je crois que je serai oblige de revenir incessamment a Paris, je vous supplie de m’euvoyer une lettre de change de 20 pistoles sur la recetle generate de Tours. Vous n'avez qu’a prendre
1 La Grdce.
5 Moanaic dcs l’ajf-Bjs.
letches ineihtks
200livressur le produitdessouscriptions'; jeles remplacerai a mon retour; car c’cst uu depflt sacre aiupiel je ne veux pas toucher. II faudra porter cet argent dans la rue Colbert, derriere la Banque, proche dc madame de Lambert, cliez un nomme M. de Saint- Marc. Vous vous adresserez a M. I’aulart, qui demeure chez ledit Saint-Marc. Ledil Paulart est frere d'un autre I’aulart qui est ici, a Usse ; ce que vous lui ramentevrez, alia qu’il fasse la chose de bonne grace. Au reste, vous le prierez de meltre la lettre de change payable a vue a moiseul. De plus, notaque ledit Paulart n’est visible qu’a dix heures du matin. Voila bien des sottes commissions que je vous donne ; mais il n'y a ricn de petit en amitie.
« On me mande que M. le garde des sceaux est « fort malade. Il me rend service dans mon affaire; « vous verrez que je serai assez malheureux pour « (]u’il meure. Je suis persuade que mon etoile lui « portera malheur 2. » Adieu. Ecrivez-moi done.