A M. MARIN
i« octobre 1773.
te me flatté, mon cher monsieur, que vous me mettrez au fait de l'affairé de M. de Goezm&tm ', qui est détenue la vôtre.
I/eitrait d'un voyage dans flnde, que je crois avoir reçu pour vous de M. de Tolendal, ne pourrait guère me servir. Dieu me préserve d'entrer dans ces petits détails qui ne peignent point les mœurs des hommes! Ce n'est pas là ce qu'il me faut.
Est-il vrai qu'il y a une réponse à Beaumarchais? J'en serais curieux.
Vèule&-vorj* avoir la hérité dé donner cours aux incluses?
Votre, etc. V.
A Ferney, 26 novembre 1773»
Vraiment , non-seulement il était huguenot , mais il était prédicant, le traître2! Et il avait été reçu en cette qualité en 1745. C'était un plaisant apôtre. Je ne
1 Conseiller au parlement, que les Mémoires de Beaumarchais ont rendu célèbre.
1 La Beaumelle.
crois pas qu'il y ait rien dans le monde de plus bas, de plus lâche, de plus insolent, de plus fripon que cette canaille de la littérature : tous devez vous en apercevoir, mon cher ami.
Votre affaire va-t-elle son train? Je ne la puis encore regarder comme une affaire sérieuse. 11 est impossible qu'elle vous fasse le moindre tort. On débite que M. de Goezmann va être premier président en Corse. Je vous ai prié de m'en dire des nouvelles. Vous savez que je vous ai promis de ne croire que ce que vous me diriez.
Linguet est-il toujours exilé?
Voulez- vous bien avoir la bonté d'épargner un port
de lettre à notre ami La Harpe, et une pour
M. d'Àrgental? V.
P. S. On dit que ce pauvre Baculard a fait une grande perte par trop de confiance. La même chose m'est arrivée. Nous autres gens de lettres, nous sommes assez sujets à ces petits inconvénients. Conservez toujours un peu d'amitié au vieux malade V.