‹ Voltaire apologiste de la religion chrétienneChapitre 11 sur 23 · I04 VOLTAIRE · texte numérisé non relu

I04 VOLTAIRE

[ Nous ajoutons, avec plus de force encore, que lorsque tout arrive constamment, selon nos calculs, ce ne peut être le hasard qui nous obéisse. Car, outre que le hasard est un être chimérique et un nom qui couvre nDtre ignorance ; il n'est point d'être plu» capricieux et plus rebelle : c'est donc qu'il y a des lois invariables qui dirigent les corps célestes, et que nous les avons connues.

Ce délire d'impiété du dix-huitième siècle, où il y a eu ta^t de philosophes et si peu de religion , prouve l'insuffisance de la philosophie : un catéchiste est plus heureux dan3^ ses instructions que Newton lui-même. ]

ART. IL

On ne se refuse à la doetnne de Fëvangile , que pour

tomber dans labsurdité^ *

[ Ce n'est pas seulement dans l'incrédule ^ irréligion, impiété, c'est un désaveu complet de toute raison : c'est Voltaire qui lui en fait le reproche. ]

On perd la raison comme on a perdu la foi, on tombe d'abîme en abîme, ainsi que de

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ridicule en ridicule, on perd son ame en se fesant moquer de soi. Ah! mon frère, que ne puis-je aider à te convertir, et à te délivrer des sifflets dans ce monde , et de ton malheur dans Fautre! {T. Sg , /?. 2 1 7. )

Des opinions inintelligibles, filles de l'absurdité et mères de la discorde, voilà ce que l'on substitue aux dogmes qu'enseigne le christianisme. ( T. S^^p. 38a. )

On ne secoue le joug d'idées vraies, utiles k tout le monde , d'idées dont la raison humaine est d'accord , que pour adopter les idées absurdes , dangereuses , qui font frémir le bon

sens. ( 71 5i,/>. 5o4.)

Dans le système qui admet un Dieu , on a des difficultés à surmonter ; dans tous les autres systèmes , on a des absurdités à dévorer. ( T. 38, /i. 34. ) Je vois non-seulement de la difficulté y mais de V impossibilité à comprendre que la matière puisse avoir des desseins infinis', et je ne vois aucune difficulté à admettre un être intelligent qui gouverne cette matière par ses desseins infinis et par 3a volonté toute-puissante. {.T. 45?/>- 56.)

Il faut bien distinguer entre la foi pour les

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choses étonnantes , et la foi pour les choses contradictoires et impossibles. Croire que deux et deux font cinq, qu'être et n'être pas c'est précisément la même chose , voilà ce qui est contradictoire et impossible. Je puis donc bien dire: Je crois ce qui est obscur, mais je ne puis dire que je crois l'impossible. Dieu veut que nous soyons humbles et soumis, et non pas que nous soyons absurdes. (T. 5 1 , p. 4i2, ]

On dit d'une chose obscure et respectable^ des mystères par exemple , qu'ils sont incompréhensibles , mais un homme religieux ne dira pas qu'ils sont inintelligibles. On dit avec vérité, des systèmes des athées, qu'ils sont mintelligibles ; on les traiterait trop favorablement en disant qu'ils sont incompréhensibles. Ces deux mots ne sont pas synonimes. ( 7*. Sg, p. i83.)

Le partage , comme on voit , n'est pas égal, puisque le propre de l'incrédulité est de croire tout ce qui est incroyable , contradictoire et impossible ; de croire ce qu'on n'entend pas, sans aucune autorité qui puisse 410US le persuader. Soumettre notre raison^

non par une crédulité aveugle , mais par une croyance docile que la raison même autorise , telle est la foi chrétienne. {T. 5i ^p. ^i^.)

L'erreur débitant ses absurdités et imposant rîtence au prédicateur de l'Évangile , est le liibou qui se nourrit de souris dans sa ma-sure, et qui dit^u rossignol : Cesse de chan* ter sous les beaux onibrages , viens dans mon trou , afin que je te dévore. Et le rossignol a répondu : Je suis né pour chanter ici , et pour me moquer de toi. ( jT. 5o, p. i8a. )

[ Voltaire s'est plu à embellir cette idée vraiment ingénieuse , il l'a rendue dans ces beaux vers : ]

Jadis en sa volière , ua riche curieux Rassembla des obeaux le peuple harmonieux ; Le cbantre de la nuit, le serin, la fauvette , ,De leurs sons enchanteurs égayaient sa retraite; Il eut soin d'écarter les lézards et les rats. Ils n'osaient approcher : ce temps ne dura pas. Un nouveau maître vint; ses gens se négligèrent, La volière tombac les rats s'en emparèrent; Ils dirent aux lézards : Illustres compagnons, Lçs oiseaux ne sont plus , et c'esÉ nous qui régnons.

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