‹ Voltaire apologiste de la religion chrétienneChapitre 15 sur 23 · LITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LITRE TROISIEME

LES INCREDULES

JiPOLOGISTES INVOLONTAIRES ET DÉFENSEURS^

Les emnemis trop redoutés y ou les incrédules, ne cesseQt d'élever contre nous leurs voix discordantes. Divisés entr'eux, ils ne s'unissent que contre nos vérités également saintes et augustes. Ces aveugles qui se battent à tâtons sont tous armés contre npus qui marchons paisiblement à la lumière. Ils ne savent pas quelles sont nos forces, et quelle est leur étrange faiblesse! ( 71 60,/?. 27.)

[ Nous considérons d'abord les incrédules comme apologistes à leur insçu de la Rcligioii qu'ils prétendent combattre, et bientôt après, ils paraîtront comme défenseurs directs de la Religion , et leur autorité doit-elle être ?ans effet?

l68 VOLTAIRE

Çafifre ^^rmter.

Les incrédules apalogistes de la Religicm»

Il est consolant de les voir nous servir fous comme à Fenvi , alors qu*ils croyent nous nuire. Ils ne foT'^ent qu'une armée d*^enfans lançant contre la Religion des milliers de volumes, qui ne lui font pas plus de mal que des pe« lotes de neige n'ébranleraient des murs d*airain. La Religion est le temple de la divinité r j'estime fort xeux qui veulent nettoyer ce temple de toutes les ordures dont il est in»' fecté ; et nous n'aimons pas qu'on vienne renverser ce temple de fond en comble.

Mais ce qui est plus étonnant encore, la plume des incrédules est comme la lance d'Achille , qui guérissait les blessures qu'elle fesait*. (r. 89,/?: 12.)

Ils ont creusé un abîme, et le terrein est retombé sur eux. ( T. 4^, jp. 334- )

Nous marchons à la vérité^ sur le dos et sur le ventre de nos ennemis. (T. 82 ,/?. 317. )

Il faut faire servir les philosophes à ses desseins, sans que ces pauvres gens s'en doutent. ( T. Sg,p. lag.)

On met facilement les fidèles dans le cas d'attendre les ennemis de la foi avec des toiles ourdies par eux-mêmes.

Il y a dans l'impiété des mécréans un tel excès de ridicules et de radotage, qu'on ne sait si ces gens-là doivent nous faire pouffer de rire ou d^indignation : rire vaut mieux ; mais ils sont si nuisibles à la société, que cela met en colère. ( T. 4^^ , /?. 178. )

Des philosophes qui pensent seuls être raisonnables, et quelques sots que ces gens -là dirigent, se déchaînent contre la vérité; ce sont des chiens de différente espèce qui hurlent tous à leur manière contre un beau cheval qui paît dans une verte prairie , et qui ne leur dispute aucune des charognes dont ils se nourrissent , et pour lesquelles ils se battent entr'eux. ( T. 54,/?. 175.)

IJO VOLTAIRE •

' ART. I"

Objection» à écarter comme absolument étrangères

au sujet.

Réponse comique n'est pas raison valable.

La plaisanterie n'est jamais bonne dans le genre sérieux , parce qu'elle ne porte jamais que sur un des cotés des objets que l'on considère. Elle roule presque toujours sur des rap ports faux, sur des équivoques. De là vient que les plaisans de profession ont presque toujours l'esprit faux autant que superficieL {T. 55, p. 137.)

Les mauvais raisonnemens et les mauvaises plaisanteries qu'on s'est permis contre la Religion, seraient la honte de la nation, si ceux qui les ont faits n'étaient pa§ l'opprobre de la philosophie du dix-huitième siècle*. ( T. 38 ^

Il faudrait, avant de prendre le ton raiHeur^ être bien sûr qu'on a raison.

Un homme qui a tort et qui veut déshonorer celui qui a raison, se déshonore soi-^ même. (T. 69 , p. 38. )

Ce n'est pas tout de se tromper, il fkut être poli. ( T. 59,/?. 33.)

Il faut combattre avec discrétion et délicatesse, et en donnant à ses adversaires des éloges mérités.

Esprits frivoles, qui prodiguez une plaisanterie insultante et déplacée sur tout ce qui intéresse les âmes nobles et sensibles; vous qui, dans ces objets religieux d'où dépend la destinée des hommes , ne cherchez à vous signaler que par ces traits que vous appelez bons mots, et qui par-là prétendez une espèce de supériorité dans le monde, vous n'avez que le misérable talent d'une imagination faible et bizarre. ( T. 6 1 , /;. 76. )

Il y a des choses dont on ne doit que rire ; il y en a contre lesquelles il faut s'élever avec force. Ne faites nul scrupule en adorant Dieu, et en servant le procIVain, de vous moquer des superstitions qui avilissent la nature humaine : riez des sottises. ( 7". 60,/?. 271.)

H faut avouer en général que le ton de la plaisanterie est de toutes les clefs de la musique française, celle qui se chante le plus aisé* ment.

Page 1