‹ Voltaire apologiste de la religion chrétienneChapitre 9 sur 23 · ARTICLE IL · texte numérisé non relu

ARTICLE IL

La voix de TunÎTers n'est pas un préjuge.

Tragédie d^Irène.

Le vrai hotis vient du ciel , l'erreur vient de la terre ^

Comment les préjugés et les erreurs des honmies ébranleraient-ils une croyance uni-

verselle ? L^ sentimens erronés de tous les philosophes nous empecheront-ils de croire fermement aux découvertes de Newton ?

( T. [\i<iP> iio. )

Ce qui vient de Dieu est universel et immuable, ce qui^vient des hommes est local, inconstant, périssable. ( T. ^6, p. 216.)

Rien n'est plus sage, sans doute, que de décider de tout à la pluralité des voix. ( T. 4o, ji. 236.)

Il n'y a que ce qui est vrai qui force tous les hommes à un consentement unanime. Les vaines opinions qui se contredisent sont fausses. ( T. 46, p. 212 et 229.)

Il y a chez tous les peuples qui font usage de leur raison, des opinions universelles qui paraissent empreintes par le maître de nos cœurs. Telle est. la persuasion de l'existence d'un Dieu et de sa justice miséricordieuse, persuasion comnmne aux Chinois, aux Indiens, aux Romains. Elle n'a jamais varié, tandis que notre globe a été bouleversé mille fois.

Il seinble que cette doctrine soit un cri de la nature que tous les anciens peuples avaient écoutée. {T. k^^p» 102 et 10%)

. . . Ces brigands aux ineurtres acharnes y \

Qui remplissent de sang la terre intimidée , Ont d'un Dieu cependant conserve quelque idëe ; Tant la nature même, en toute nation, Grava FÊtre suprême et la Religion.

Le consentement dé tous les hommes de tous les temps et dé tous les pays, èst-il une preuve de vérité ? Tous les peuples ont cru à la magie, aux sortilèges, aux influences des i

astres, à cent autres sottises pareilles. Ne pourrait-il pas en être aiilsi dé l'existence de Dieu^ du juste et de TinjUste? Norï , assurément. Premièrement, il est faux que tous les hommes aient cru à ces chimères. Elles étaient, à la vérite, l'aliment de l'imbécillité du vulgaire; çt il y a le vulgaire des grands et lé vulgaire du peuple* Mais une multitude de sages s'en est toujours moquée. Ce grand nombre de sages, au contraire, a toujours admis lé juste et l'injuste j tout autant et même encore plus que le peuple.

La croyànée à la magie, etc., est bien éloi- ^ée d'être nécessaire au genre humain. La croyance à la justice est d'une nécessité ab-*

solue; donc elle est un développement de la raison donnée de Dieu ; et l'idée de l'influence des astres est, au contraire, un pervertissement de cette même raison. ( T. l\o^p. 164. ) [L'homme moral qui cherche un point d'appui à la vertu doit admettre un être aussi juste que suprême. Ainsi Dieu est nécessaire au monde en tous sens. C'est ce qui nous con- , duit à un chapitre d'an grand intérêt. ]

Çaçtfr^ ^^euxim^

De la théisme.^

L^EW WEMi de Dieu l'est de la société , et qui osera nier son existence rendra toujours la nôtre affreuse. ( T. ^l\^p. 107. )

J'iattendrai toujours plus de justice de celui qui croira un Dieu, que de celui qui n'en croira pas. L'athéisme et le Êmatisme sont deux monstres qui peuvent dévorer et déchirer la société; mais le fanatique, dans soi» erreur, conserve sa raiscm qui lui coupe le»

griffes, et i'athée est atteint d'une folie continiielte qui aiguise ies sîennt

Nous fûmes toujours p théisme ne peut faire aucun faire de très-grands maux, la différence infinie entre écrit contre la superstitior bnt écrit contre Dieu. Il n systèmes d'athéisme ni philosophie ni morale.

Nous n'y voyons point de philosophie, car en effet est-ce raieonner que de reconnaître du génie dans une sphère d'Archimède, dans un de ces oréris qu'on vend en Angleterre, et de n'en point reconnaître dans la fabrication de l'univers; d'admirer la copie, et de s'obstiner à ne point voir d'intelligence dans l'original ? Cela n'èst-ii pas encore plus faux que si on disait : les estampes de Raphaël sont faites par un ouvrier intelligent, mais le ta-, blçau s'est fait tbut seul?

L'athéisme n'est pàs^ inoîns contraire à la morale et à l'intérêt de tous les hommes; car, si vous ne reconnaissez point de Dieu , quel frein aurez - vous pour les crimes secrets ?

ÔX> VOLTAIBK

Idée iju'on doit se faire de l'impiété.

est le vice des sots, et une er-

t pas même inventée dans les

is de l'enfer, plus bas et le plus capable de

les des lâches , est celui des-

spéculatif est la plus insigne des folies, et l'athéisme pratique, le plus gi-and des crimes. Il sort de chaque opinion de l'impiété une furie armée d'un sophisme et d'un poignard , qui rend les hommes insensés et cruels*. ( T. 36, p. 72. )

L'athéisme et le fanatisme sont les deiftc pôles d'un univers de confusion et d'horreur. La petite zone de la vertu est entre ces deux pôles; marchez d'un pas ferme dans ce sentier , croyez un Dieu bon , et soyez bons.

L'atiiéisme ne se coitcliU d'aucune objfction.

Quand tous les hommes se seraient égorgés les uns les autres, quand ils auraient dévoré les entraille:) de leurs frères assassinés pour

desargumcns; quand il ne resterait qu'un seul homme sur la terre, il faudrait qu'en regardant le soleil, il reconnût et. adorai; l'être éternel. Il pourrait dire dans sa douleur : Mes pères et mes frères ont été des irionstres, mais Dieu est Dieu. (71 62 , j?. 79. )

Dès qu'il est prouvé qu*un vaste édifice est construit avec le plus grand art , quand même l'édifice serait teint de notre sang , souillé de nos crimes , et qu'il nous, écraserait par sa chute, nous devons croire à cet architecte, quel qu'il soit. Je n^e9Lalnine pas encore si je dois être sati«feît de son édifice, sî ceux qui sont logés comme moi dans cette maison, pour quelques jours , sont contens:^ j'examine seulement s'il est yrai qull y ait un architecte, ou si cette maJisocn remplie de ta^it de beaux appartemens et de vilains galets , s'est bâtie toute seule. ( T; 5o«, o. a3o.)

Un crapaud qu'on rencontre dians les jardins de Versailles ou de Saint-Cloud ^ ne diminue pas le prix de ces cbef-d*Geuvres de l'art, (r. 60, /7. ï4i.) '

Heconnaissons un Dieu , quoique très-mal servi, D«' \éz9vài et de rats mou logis est rempli;

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