Œuvres de Voltaire, éd. Garnier, t. XXXVIII, p
6. Vie de Maupertuis, loc. cit. La Beaumelle invoque, à ce sujet, le propre témoignage de Frédéric, et cite un extrait d'une lettre (inconnue) du roi à Maupertuis, dans laquelle on lit ce passage ; « ... Voltaire est « l'auteur des satires qu'on a imprimées en dernier lieu contre moi. (( Après les avoir faites en français, il les a fait traduire en allemand, « et, d'allemand, il les a fait traduire, par une autre personne, en fran- « çais, pour mieux cacher son style. » — Mais on n'ignore pas que La Beaumelle a altéré et falsifié les lettres de Frédéric jointes à sa Vie de Maupertuis. (Voyez Desnoiresterres, Voltaire et Frédéric, pp. 338-339.)
SIME DES TROUPES DES CONTREBANDIERS, ÉCRIT PAR LUI- MÊME DANS SA PRISON. Gcucvc, 1755, 111-12 de VI et 90 pp. (Bibl. nat. Lf. 89. 6 A.)
« Réimprimé pour la septième fois en lySG », dit Quérard [la France littéraire, III, 418).
Ce Testament a pour auteur Ange Goudar (voyez Quérard, les Supercheries littéraires dévoilées, II, 1043); nous ne savons pourquoi le même Quérard, dans sa Bibliogr. Volt., n" 538, l'a attribué à Voltaire. Est-ce parce que Mandrin rôdait en Savoie au commencement de lySS? « J'ai « les Mandrins à ma porte », écrit Voltaire à Dupont, le 7 janvier lySS; j'aime encore mieux un Mandrin qu'un « Kroust. »
2376. PoLiERGiE, OU Mélange [sic) de littérature et de POÉSIES, par m. de V***. Amsterdam, Arhtêe et Merkus, 1751, in- 12 de vu et 323 pp. (Bibl. nat. Z. 2284. A o.)
Essai sur le goût. — Dialogues des morts. — Allégories. — Poésies diverses, par M. de V*** .
Ce volume, publié à Paris, chez Vincent, ne contient aucune pièce de Voltaire : « Il y a, dit Quérard, des exem- (t plaires qui portent l'adresse de Vincent, avec un titre « (rajeuni) de deuxième édition, et le millésime 1762. » {Les Superch. litt. dévoilées, éd. Daffis, III, 882.)
L'auteur de cet ouvrage est E. de Vattel, ou, d'après une note manuscrite, le chevalier d'Arcq. (Barbier, Dict. des oiivr. anonymes, éd. Daffis, III, 940.)
2377. Réflexions d'un Suisse sur la guerre présente. 1757, in-8°. — Bruxelles, 1759, iii-12. (Barbier, Dict. des onvr. anonymes, éd. Daffis, iv, 128.)
<c Ces Réflexions, dit Barbier, sont attribuées à J.-H. Mau- « bert de Gouvest. (Voyez VHistoire de sa vie, Londres, « 1763, in-i2, p. 70.) Suivant le marquis de Luchet (His- « toire littéraire de Voltaire, IV, 235), ces Réflexions ont « été attribuées aussi à ce grand homme. » — Nous n'avons retrouvé ni les idées ni le style de Voltaire dans un assez
long pa£sag2 de cjtte brochure, reproduit par le marquis de Luchet,
2378. DiSSERTATIOXS SUR LES PASSIONS, SUR LA TRAGÉDIE, SUR LA RÈGLE DU GOUT, TRADUIT DE l'aXGLAIS DE M. D. HuME.
Amsterdam, J.-H. Schneider, 1759, in-12. (Bibliothèque dramatique de M. de Pont de Vesle, Paris, Alliance des arts, 1847, in-8'=', n» 142, p. 14.)
Une note de M. Paul Lacroix, l'cditeur de ce Catalogue, dit que ces Dissertations ont été composées par Voltaire. Elles sont de Hume, et ont été traduites par Mérian. L'édition anglaise a pour titre : Four Dissertations. Tlie natural . History of Religion. — Of tlie Passions. — Of Tragedy. — Of the Standard of Taste. Lond., i"5y.
2379. Pièces échappées du portefeuille de M. de Voltaire, COMTE de Tourxay. A Lausaune, aux dépens de M. le comte, l'j'^S, in-12 de 23 pp. (C.V. Beuchot, 638 et 659.)
Il n'y a de \'oltaire, dans cette plaquette, que le Mémoire de M. le comte de Tournay, sur le libelle clandestinement imprimé à Lausanne, sur (sous) le titre de « Guerre de M. de Voltaire », dont il a été question sous notre n° i638, et la lettre de Voltaire à de Haller, imprimée sous le n° 3779 de l'édition Moland. Nous avons dit ailleurs (t. II, p. 74, note i) que cette brochure reparut en 1760 sous le titre suivant : Réponse au pauvre diable, Genève, et augmentée d'un morceau intitulé : A l'auteur du pauvre diable, tel qu'il soit. Il n'y a pas eu réimpression ; le morceau ajouté forme i f, non chiff.
2380. Projet aussi utile aux sciexces et aux lettres
au'AVAXTAGEUX A l'ÉtAT, PAR SaDOC ZoROBABEL , JUIF NOUVELLE.MEXT COXVERTI, ET CoMPAGXIE. BordcaUX, I760,
in-12 de 64 pp.
Quérard, dans sa Bibliogr. Volt., n° 542, et dans ses Supercheries littéraires dévoilées (éd. Daffis, III, 495), attribue cet écrit à Voltaire (d'après la 2"= édition du Dictionnaire des ouvrages anonymes de Barbier, n" 14,912}.
BIBLIOGRAPHIE DE SES Œ U \' R E S :i 4 1
Cette attribution erronée a pour premier auteur Ersch (voyez le tome III de sa France littéraire (1798), p. 4o5).
2581. Les Si, les Pourquoi. — Les Quand, adressés au SIEUR Palissot. — La Vision de Charles Palissot.
Sur ces divers morceaux, qui font partie du Recueil des facéties parisiennes pour les six premiers mois de Van 17(10, et qui ne sont pas de \'oltaire, voyez notre tome II, pp. 376 et 378.
2382. L'Oracle des anciens fidèles, pour servir de suite ET d'éclaircissement A LA Sainte Bible. Bemc, 1760, in-i2 de 2 fF., viii et 127 pp. (C. V. Beuchot, 1623.)
Avec une Epitre dédicatoire à M. l'abbé Guyon, auteur de l'Oracle des nouveaux pitilosophes (signée l'abbé B***) et un Avis au lecteur.
On lit dans une lettre de Voltaire à Thieriot du 8 décembre 1760 : « Votre ouvrage tliéologico-judaico-rabbinico « philosophique est peut-être fort bon, mais j'aimerais autant « qu'on n'eût pas mis le titre de Berne, et à Monsieur VOracle « des philosophes, pour faire croire que c'est moi qui suis <( le rabbin. Heureusement, on ne m'y reconnaîtra pas. »
Barbier dit néanmoins qu'il est « impossible de ne pas « reconnaître la touche de Voltaire dans VAvis au lecteur « qui suit VÉpitre dédicatoire ». {Dict. des ouvr. anonymes, éd. Daffis, III, 924.) Rien, dans cet Avis fort court, ne décèle, selon nous, « la touche » de Voltaire. Celui-ci a attribué VOracle des anciens fidèles tantôt à Morellet (à d'Argental, 6 janvier 1761), tantôt à Simon Bugex ou Bigex (à Damilaville, 12 juillet 1763).
Bien que l'abbé Bigex ait signé plusieurs écrits du patriarche (voyez notre tome II, pp. 240 et 242), nous ne croyons pas que Voltaire soit l'auteur de VOracle des anciens fidèles, comme l'affirme M. Desnoiresterres [Voltaire et Genève, p. 275) : l'ouvrage est beaucoup trop lourdement écrit pour qu'on puisse le lui attribuer avec quelque vraisemblance; qu'on en juge plutôt par l'extrait suivant :
« Il s'agit enfin de vous rendre raison pourquoi j'ai tou- « jours affecté, dans le cours de nos conversations, de vous
«< citer la prophétie dans la loi ou les prophètes, et de « vous en faire ensuite voir l'accomplissement, quoique je « susse que votre loi n'était qu'une invention humaine; ce « n'est pas à dire pour cela que notre loi soit fondée sur le « judaïsme; mais j'ai cru devoir en user de la sorte, pour « ne point vous révolter d'abord, en contredisant tout à coup « vos préjugés que vous aviez sucés avec le lait, et dont il « était important, etc.. » (p. 114).
Sur VOracle des anciens fidèles, voy. le Dictionnaire des ouvr. anonymes, lac. cit. '.
2383. Anecdotes sur Frérok, écrites par un homme de lettres a un magistrat qui voulait être instruit des
MŒURS DE CET HOMME. S. 1. 11. d. (vCrS I761), in-8°
de 15 pp.
Voyez notre tome II, n°= i65j et 1894.
2384. Prédiction tirée d'un vieux manuscrit (en style prophétique). S. 1. 11. d. (1761), in-i2 de 21 pp. (Voyez Barbier, Dict. des oiivr. anonymes, éd. Daffis, III, 989.)
« Mercier, dit M. Tourneux, a attribué à Voltaire cette « satire en style biblique contre Rousseau, que Servan a « réimprimée en 1783, à la suite de ses Réflexions sur les « Confessions. On la trouve tout au long, sous le nom de « Grimm, dans Paris, Versailles et les provinces, de Dugast « de Bois-Saint-Just, tome l", pp. 187 et suivantes, et, « sans attribution positive, dans le Dernier volume des « Œuvres de Voltaire, Paris, Pion, 1862, in-8". « [Correspondance littéraire de Grimm, i5 juin 1761, t. IV, p. 427.)
Dès 1762, cette Prédiction avait été recueillie dans le
I. Nous avons dit, dans notre tome ll<=, p. 242, que Bigex n"avait connu Voltaire qu'en 1763 : mais il peut fort bien avoir écrit l'Oracle des anciens fidèles avant d'être entré en relation avec le patriarche; le volume dont il s'agit est un ouvrage de polémique religieuse, où l'on établit un parallèle entre le judaïsme et le christianisme, et où le nom de Voltaire n'est pas prononcé. C'est probablement parce que Bigex était bien l'auteur de l'Oracle, et qu"il s'y était livré à une étude approfondie des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, que le philosophe de Ferney songea plus tard à publier, sous le nom de l'abbé, sa Collection d'anciens évangiles. (Voyez notre a° 1776.)
Quatrième yccueil de nouvelles pièces fugitives de M. de Voltaire [Genève et Paris, Duchesne : voyez notre \-\° 2207) sous le titre suivant : Prédiction sur la Nouvelle Hélo'ise, roman de J.-J. Rousseau.
Ersch, dans sa France littéraire (III, 406), attribue aussi cette Prédiction à Voltaire : elle est de Borde.
On trouve dans le Cinquième recueil de nouvelles pièces fugitives de M. de Voltaire [ibid., 17G2) une Contre-Prédiction au sujet de la Nouvelle Héloise, roman de M. Rousseau, citoyen de Genève (nous avons dit, sous notre n° 2207, que cette Contre-Prédiction est due à Charles-Jos. Panckoucke). — Quant aux Remarques sur quelques passages d'Horace difficiles à entendre aujourd'hui, par un savant de province, qui sont imprimées également dans ce Cinquième recueil, et qui ont été aussi attribuées à Voltaire, elles passent pour être de l'abbé Coyer (voyez l'Avis au verso de la page xci).
2385. Le Testament de M. de Voltaire, trouvé parmi ses
PAPIERS APRÈS sa MORT. GcUCVe, l'jGl, \\\-l2 dc 34 pp.
(C. V. Beuchot, 858.) — Le Codicille de M. de Voltaire, TROUVÉ DANS SES PAPIERS APRÈS SON DÉCÈS. GcilCVe,
1762, in-i2 de 13 pp.'(C. V. Beuchot, 899, 1079, 1156)
On lit dans l'Avertissement du libraire, placé en tête du Testament : " Ce petit écrit a paru à Lyon et à Avignon sur « la fin de l'année dernière. Comme il est visiblement fait « d'après la Relation de la maladie, etc. de M. de Voltaire, « on a cru pouvoir le joindre à la suite, quoiqu'il soit d'une « autre main ; au reste, la réunion de ces deux pièces est faite « de manière à laisser aux curieux la liberté dc se les proa curer séparément. »
La Relation dc la maladie, de la confession, de la fin de M. de Voltaire, et de ce qui s'en suivit, par moi, Joseph Dubois (Nic.-Jos. Sélis), avait en effet paru avec le nom de Genève, en 1761, in-S" de 70 pp. (C. V. Beuchot, 1762). Une nouvelle édition, à laquelle on a joint un Testament trouvé parmi ses papiers, porte le millésime 1762 (Genève, in-S" de 70 pp. : C. V. Beuchot, ii56). La troisième édition, revue, corrigée et considérablement augmentée, est dc 1761 (Genève, in-8° de 70 pp. : C. V. Beuchot, 899).
Voici le jugement porté par Grimm sur le Testament de
M. de Voltaire : « II y règne une satire fine et exempte de « cette noirceur qui afflige. Cela est un peu long sur la fin; « mais il y a partout beaucoup de sel. » {Correspondance littéraire, i*^"" mars 1762, éd. Tourneux, V, 52.) Cf. la Correspondance de La Harpe {Œuvres complètes, éd. Verdicre, 1820, t. X, p. 3i3).
2386. De l'esprit, par M. de V***. Genève, 1^62, -'m-ii de 79 pp. (C. V. Beuchot, 277.)
« Beaucoup de gens, à l'inspection de cette bagatelle, dit « Fréron dans V Année littéraire de 1762, t. II, p. 340, l'attri- « bueront à M. de Voltaire; il faut croire que c'est une petite « supercherie innocente pour donner quelque vogue à ce mor- « ceau, qui, en lui-même, est très peu de chose. » Fréron ajoute, avec raison, que dans cette brochure il y a quelquefois du sens, « et jamais de ce que l'auteur annonce dans son « titre » (p. 34g). Grimm, de son côté, trouve que l'auteur inconnu de cet écrit est « un grand bavard qui parle de l'esprit « comme les aveugles de la couleur». {Correspondance littéraire, 1"^'' avril 17(32, éd. Tourneux, V, 69'.)
2387. L'Arktik, ou la Débauche de l'esprit ex fait de BOK SEXS. Rome, aux dépens de la Congrégalioii de l'Index. (Amsterdam, Rey), 1763, in-12. — Réimprimé en 1768, 1772, 1773, 1774, 2 parties in-12 et 2 vol. in-80. (Voyez Barbier, Dict. des ouvr. anonymes, éd. Daffis, I, 270, et la Bibliographie des ouvrages relatifs à l amour, éd. de 1871, I, 294.)
Les Mémoires secrets du g octobre 1763 nous apprennent que cet ouvrage de l'abbé du Laurens, auteur du Compère Mathieu (voyez plus loin), avait été attribué à Voltaire. Celui-ci, dans une lettre à Pierre Rousseau du 25 décembre 1764, se plaint que l'Arétin ait été imprimé sous son nom. Nous ne connaissons pas d'édition avec le nom du patriarche.
I Les Mémoires secrets du 16 juin 1762 parlent d'une lettre anonyme, reçue de Genève par M. Cliauveiin, sur les je'suites. « C'est, « ajoutent ces Mémoires, une plaisanterie légère, qu'on présume sortir (i de la plume de .M. de Voltaire. » — Il s'agit sans doute du Petit avis à un jésuite, dont il est question sous notre n" 1673.
bibliographie de ses œuvres 345
2388. Dialogue entre Périclès, un Grec moderne et un Russe.
Ce Dialogue est de Suard : il avait paru dans le Mercure de juillet 17G3, 1. 1, p. i3, et fut réimprimé dans le tome V" des Nouveaux Mélanges, p. 270, sous le titre suivant: Dialogue traduit de l'anglais, décembre 1764. Sur ce Dialogue, voyez une note du Dialogue de Pégase et du Vieillard, éd. Moiand, t. X, p. 200.
2389. Lettre a Monseigneur l'archevêque de Lyon, dans
LAQUELLE ON TRAITE DU PRÊT A INTÉRÊT A LyON, APPELÉ
DÉPÔT DE l'argent, etc, ctc. (par Prost de Royer). Avignon (Lyon), 1763,111-8° de i f. de titre et 93 pp. (C. V. Beuchot, 1442.)
« On croit, dit Barbier, que Voltaire a eu plus de part à la rédaction de cette lettre que Prost de Royer ». [Dict. des ouvr. anonymes, éd. Daffis, II, ioo3.) Barbier ajoute que l'abbé Morellet attribue expressément cette lettre à Voltaire « dans une addifion manuscrite à un exemplaire de son Catalogue d'une bibliothèque d'économie politique. (Voyez les Supercheries littéraires dévoilées, de Quérard,éd, Daffis, III, 2GG.)
Nous croyons que cette attribution est inexacte : en effet, dès le i*"" octobre 1763, Voltaire, accusant réception à Prost de Royer de sa Lettre à Ms'' l'archevêque de Lyon, lui écrit au sujet de cet ouvrage :
« La raison et l'éloquence l'ont dicté; on ne peut y ré- « pondre que par du fanatisme et du galimatias. Je ne doute « pas que votre archevêque, ayant comme vous beaucoup <' d'esprit et de lumières, ne soit entièrement de votre avis
« dans le fond de son cœur » Cf. Voltaire à Pierre
Rousseau, i'^'" octobre 1763.
D'autre part, nous savons par une note de Barbier, insérée dans les Supercheries littéraires dévoilées {loc. cit.), que M. Rieussec, ancien ami de Prost de Royer, avait écrit à Beuchot, le 3o décembre i8i2, qu'il croyait cette lettre « cn- « tièrement de Prost de Royer ».
Ce qui l'a fait attribuer à Voltaire, c'est qu'elle fut réimprimée en 1769 dans le tome I des Choses utiles et agréables
(pp. 173-265) et en 1770 dans le tome IX des Nouveaux Mélanges (pp. 254-320 : voyez notre tome II, p. 400).
« Vous ne pouvez, mon cher Gabriel, écrit Voltaire à « Cramer le 26 septembre 1771, réparer trop tôt la méprise « énorme qu'on a faite en imprimant sous mon nom, dans « cette collection plus énorme encore, l'ouvrage de M. Prost « de Royer, avocat de Lyon, sur le 'prêt à jour ou à terme. « C'est une affaire de jurisprudence dont je ne me suis jamais « mêlé, et, pour comble de ridicule, vous intitulez M. Prost « de Royer procureur général.^ »
La Lettre à l'archevêque de L^om avait été réimprimée séparément à la tin de 1769 [écrit in-8° de 104 pages, dit Grimm dans sa Correspondance litte'rairej éd. Touraeux, t. VIII, p. 478 : i'^'" mars 1770)-. « J'ignore, ajoute Grimm, « les motifs qui ont engagé le patriarche à traiter cette « question; il faut qu'on ait voulu changer quelque chose « aux usages de la ville de Lyon, et que les prêtres ou « d'absurdes magistrats aient voulu gêner par des subtilités « de l'école les opérations du commerce. Sa Lettre au primat
« des Gaules est pleine de sens et de raisonnements solides
« On dit qu'il y a réellement un M. Prost de Royer à Lyon, « et qu'il a publiquement désavoué cette lettre qui porte son « nom : sa situation a pu exiger de lui un pareil désaveu, mais « je lui souhaite de ne jamais rien écrire de plus mauvais. »
Il y avait alors à Lyon non pas un, mais bien deux Prost de Royer : l'un procureur général, l'autre, beaucoup plus connu, qui fut successivement avocat, président du Tribunal de commerce, lieutenant-général de police, provincial des monnaies, etc.; né en 1729,11 mourut au mois de septembre 17S4. Outre divers écrits sur l'administration des fermes, sur l'adminislration municipale, etc., et sa Lettre à Mg>' Varchevéque de Lyon, dont il est question sous ce numéro, on doit à Prost de Royer une nouvelle édition du Dictionnaire de jurisprudence et des arrêts, de Brillon (1780 et ann.suiv., 24 volumes)'.
1. a L'énorme collection » dont parle Voltaire, dans sa lettre du 26 septembre 1771 à Gabriel Cramer, est l'édition in-40. — Il est bon, toutefois, de remarquer que cette édition ne contient pas la Lettre à l'archevêque de Lyon, qui est imprimée, comme nous l'avons dit plus haut, dans le tome IX des Nouveaux Mélanges, sous le nom de M. Prost de Royer, procureur général de la ville de Lyon.
2. Grimm aussi donne cette Lettre à Voltaire. — D'après Barbier [Dict. des ouvr. anonymes, loc. cit.), la réimpression séparée de 1769 serait de Genève.
3. On peut consulter, sur Prost de Royer, son Eloge, par Barou du Soleil S. /., 1785, in-b»; Bibl. r.'e, Ln=7, 16,7131, et la Dissertation
« II y a un autre Prost de Royer, procureur géaéral de la ville, — écrivait Voltaire à G. Cramer le lo septembre 1771, — qui s'est plaint avec justice qu'on attribuât au procureur général l'ouvrage de l'avocat; mais me l'imputer à moi, qui n'avais jamais entendu parler de la dispute élevée dans Lyon sur le prêt à intérêt, m'imputer une pièce dans laquelle j'y suis loué, c'est me rendre non seulement plagiaire, mais ridicule. »
Voici le passage auquel \'oltaire fait allusion :
« Pendant que j'étais à Genève, M. de Voltaire, instruit qu'un brave homme de sa terre de Ferney était en prison pour sept mille cinq cents livres, donna ordre de payer cette somme; on lui objecta que son vassal avait, pour tout bien, une nombreuse famille, et qu'il y avait tout à perdre. « Tant mieux, répondit M. de Voltaire : on ne perd point quand on fait l'aumône, quand on rend un père à sa famille, un citoyen à l'Etat »; et il paya les sept mille cinq cents livres. S'il perd cette somme, il a joui d'un spectacle plus beau et plus vrai que celui des cours où il a vécu: les larmes de tendresse et de reconnaissance d'une famille honnête, les bénédictions du peuple de Ferney, qui changeait \e nom de seigneur en celui de ^è;'e. Depuis, M. de Voltaire, qui a appelé M"<= Corneille pour la tirer de la misère et de l'oubli où elle périssait à Paris même, l'a mariée et lui a fait une fortune considérable. Voilà des traits uniques de charité, de générosité, de bienfaisance et de grandeur. Je demande à M. de Voltaire, s'il laisse son argent oisif entre les mains de son banquier et son ami M.Tronchin, s'il croit faire mal et pécher contre la religion, l'honneur et l'amitié, d'en retirer un honnête intérêt. »
Kn parcourant la Lettre à Ms'' l'arcluvéque de Lyon, nous avons acquis la certitude que cet écrit est l'œuvre d'un jurisconsulte très versé dans les matières économiques et financières, et que Voltaire n'y a participé en aucune façon.
2390. Profession de foi philosophiq.ue. AiuslcnJain, M. -M. Rey, et Lyon, Périsse frères, 1763, in- 12 de 35 pp. (C. V. Bcuchot, 762 et 1007.)
Cette satire contre J.-J. Rousseau, réimprimée en ijSS à
publiée par Moulin à la suite de la Notice iiccroloyique pour sn-pir à l'éloge de Jean-Francois-Armand Riol\ [Ijon, 1817, in-8"; Bibl. nat., Ln=7, 17,529).
la suiie des Réflexions sur les Confessions de J.-J, Rousseau, par Servan, est de Borde (voyez Quérard, la France littéraire, VIII, 217). Elle a été attribuée à \'oltaire, qui, dit Van Goens dans son Catalogue fait sur un plan nouveau, etc. {Utrecht, 177C, 2 vol. in-S", n" 2006^, la désavoua publiquement. Nous n'avons pas retrouvé trace de ce désaveu dans les Œuvres de Voltaire; le patriarche se borne à faire allusion à cet ouvrage dans sa lettre à Borde, du 23 mars 1765 : « L'auteur de la Profession de foi, mande-t-il à son « correspondant, a bien connu ce misérable (J.-J. Rousseau), <■ qui a le cœur aussi faux que l'esprit, et dont tout le mérite « est celui des charlatans, qui n'ont que du verbiage et de la <( hardiesse. » — Grimm a donné cette Profession à M. de Montazet, archevêque de Lyon, {Correspondance littéraire, i5 septembre 1703, éd. Tourneux, t. \, p, 392.)
2391. Lettre du rabix [sic) Aarox Mathathaï a Guillau.me \^adé, traduite du hollandais par le lévite Joseph Bex-Joxathak, et accompagnée de xotes plus UTILES. Aiiisicrdam, Abraham Root, 1765, iii-80 de 24 pp. (G. y. Beuchot, 922 et 1299.)
Nous avons vu, à la Bibliothèque nationale, une autre édition, avec la même adresse et le même millésime, in-8° de 32 pp.
C'est à tort que Barbier a attribué cet écrit à Voltaire, tandis qu'il est dirigé contre lui. (Voyez la note des nouveaux éditeurs du Dictionnaire des ouvrages anon)-)ues, éd. Daifis, I, i5o.)
La Lettre du rabbin Aaron Mathalha'i est de l'abbé Guénée, qui l'a reproduite en grande partie dans ses Lettres de quelques Juifs portui^ais, allemands it polonais, à M. de Voltaire (éd. de Versailles, Lebsl, 1817, pp. 43 et suivantes).
Voici en quels termes Grimm avait annoncé, en juillet 1765, la publication de la brochure de Guénée : « Le rabbin Aaron « Mathathaï a écrit une lettre à Guillaume \'adé, par laquelle « il réfute plusieurs hérésies de ce dernier contre l'Ancien « Testament, et particulièrement contre les livres de Moïse. « Le rabbin est un bon janséniste, bien plat, bien obscur, « à qui M. Guillaume Vadé ne fera pas seulement la grâce » de répondre. » {Correspondance littéraire, éd. Tourneux, VI, 329.)
BIBLIOGRAPHIE DE S l£ S Œ U V R !•: S 3,i 9
2592. Dénonciation de l'Ancien et du Nouveau Testament A l'Europe.
Tel est le titre d'une brochure attribuée à \'oltaire, et dont Collé avait entendu dire, en septembre lyôS, qu'il y avait à Paris « deux ou trois exemplaires ». {Journal et Mémoires, éd. Bonhomme, III, 44.)
« On parle d'un ouvrage formidable de M. de Voltaire -( intitulé : Dénonciation de Jcsus-Christ et de l'Ancien et du « Nouveau Testament à toutes les puissances de l'Europe », écrivait, vers la même époque, le rédacteur des Mémoires secrets (27 septembre lyôS).
Entin on lit dans la Correspondance littéraire de Grimm, du i5 septembre lybS (éd. Tourneux, VI, 374) :
« On prétend qu'il existe un écrit intitulé : Dénonciation « de la Bible à tous les souverains de l'Europe, et que cet « écrit vient de Ferney. Comme je n'ai encore rencontré « personne qui ait pu me dire l'avoir vu, je doute qu'il « existe... »
Ce livre n'a, en elTet, jamais paru. « Le titre, dit Wagnière « dans son Examen des Mémoires de Bachaumont [Mémoires « sur Voltaire, I, 238,', n'a pu être imaginé que par quelque « ennemi furieux, qui cherchait à perdre M. de Voltaire, << en lui imputant ce livre supposé'. »
2393. Analyse de la religion chrétienne, par M. du Marsais.
Nous croyons devoir reproduire à cette place ce que nous avons dit de cet ouvrage dans notre tome 11'^, pp. 392 et suivantes :
« Cette Analyse de la religion chrétienne est-elle bien « l'œuvre de Duinarsais? Faut-il croire, avec Grimm [Cor- « respondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. VII, p. 147), « que Voltaire a fortement retouché ce morceau, ou bien
I. Sur trois dialogues entre : Lally et Socrate, Érostrate et le clievalier de La Barre, de la Clialotais et Caton, qu'on disait imprimés à la fin de 17Ô6, et qu'on donnait comme sortis de la « fabrique » de Ferney, voyez la Correspondance littéraire de Grimm, éd. Tourneux, t. VII, pp. 148-149 et 164. — Ces dialogues sont inconnus.
35o VOLTAIRE
que Dumarsais n'est qu"un nom supposé, et que le véritable auteur de V Analyse de la religion chrétienne est le patriarche lui-même?
« Il est question, dès le 6 décembre 1763, dans une lettre de Voltaire à Damilaville, d'un écrit « attribué à Saint- Évremond ». mais « qui est de Dumarsais ». Beuchot a cru que Voltaire faisait allusion, dans cette lettre, à l'Analyse de la religion chrétienne 1 voyez sa note, t. XLIII de l'édition Moland, p. 42); mais, à notre avis, il s'agit plutôt de VExamen de la religion dont on cherche Véclaircissement de bonne foi (voyez ci-dessus, t. II, p. 388). Nous savons, en effet, par Grimm, que Voltaire attribuait ce dernier ouvrage à Dumarsais ^voyez la Correspondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. VII, p. 91:, et, d'autre part, on lit dans une lettre de Voltaire à Damilaville, du 11 décembre 1763 : « Vous savez, sans doute, que le livre attribué à Saint-Evremond est de du Marsais, l'un des meilleurs encyclopédistes. Il est bien à désirer qu'on en fasse une édition nouvelle plus correcte. Je n'aime point le titre : Par permission de Jean, etc.. Je vous supplie de vouloir bien m'envoyer encore un exemplaire, car j'ai marginé tout le mien, suivant ma louable coutume. Un libraire de Rouen, nommé Besongne, m'a bien la mine d'avoir imprimé cet ouvrage ; si on le lui renvoyait corrigé, il pourrait en faire une édition plus supportable'. » Cf. Voltaire à d'Alembert, i5 décembre 1763, 8 et 3o janvier 1764; — à Damilaville, i" janvier, 4 février, 11 mars, 9 auguste et 26 décembre 1764; — d'Alembert à Voltaire, i5 janvier et 9 juillet 1764. — Dans toutes ces lettres, Voltaire veut parler non pas de V Analyse de la religion chrétienne, mais de VExamen de la religion dont on cherche^ l'éclaircissement de bonne foi, qu'il fit réimprimer dans VEvangile de la raison, et qu'il a toujours donné à Dumarsais. Or, l'auteur de l'Exame7i est, ainsi que nous l'avons dit plus haut (t. II, p. 388), un nommé La Serre, lieutenant de la compagnie du chevalier de Vial,
« Quant à l'Analyse de la religion chrétienne de Dumarsais, « qui, au dire de Voltaire, a été aussi attribuée à Saint-Evre- « mond (voyez la vii<= des Lettres à S. A. 3/'" le Prince « de ***, sur Rabelais, tome XXVI de l'édition Moland, p. 5oo ; « cf. Un chrétien contre six juifs, % xxxi), il en est peu ques- « lion dans la Correspondance ; mais Voltaire cite un passage « ce cette Analyse dans les Qiiestions sur l'Encyclopédie, au « mot Contradictions (voyez le tome XVIII de l'édition Mo-
I. Cette édition, ce plus supportable «, fut faite et imprimée dans l'Evangile de la raison.
« land, p. 257), et il ajoute que cet ouvrage est « un livre « dangereux fait avec beaucoup d'art ». Selon Grimm , << VAnalyse de la religion chrétienne se trouvait, << depuis « plusieurs années' », dans « le portefeuille des curieux, en « manuscrit ». Ce témoignage s'accorde avec le suivant, que " nous empruntons à une note manuscrite jointe à Texem- « plaire du Recueil nécessaire, qui porte, dans la collection « Beuchot, le n° 742 : « L'auteur, quel qu'il soit (de VAna- « lyse), devait être mort dès ou vers 1751=. Le copiste de « mes notes manuscrites dit, dans son Avertissement, l'avoir « connu, et ajoute qu'il était mort. Ce manuscrit porte la « date de 175 1. » La même note, et une autre note mss. de « Beuchot, qu'on trouvera dans le même exemplaire, nous « apprennent que VAnalyse de la religion chrétienne est le « même ouvrage que la Religion chrétienne analysée yjir « C. F. C. D, T. [Paris, la Ci- des libraires associés, 1767), « pet. in-8 de 2 ff. et 76 pp , suivie de Notes sur la religion cliré- « tienne analysée, en 82 pp. (Bibl. nat., Réserve D-, 10,592), « avec cette différence, toutefois, que la Religion chrétienne « analysée a onze alinéas de plus que VAnalyse, et que, « dans quelques passages, les textes ne sont pas absolu- « ment les mêmes...
« Nous ne croyons pas que VAnalyse de la religion chré- « tienne soit de Voltaire, et, quoique cet ouvrage ait été « contesté à Dumarsais, nous sommes assez disposé à le lui « laisser,
« ... Voltaire a sans doute revu et corrigé le manuscrit « de Dumarsais, comme il avait rebouisé le Testament de « J. Meslier, VExanien de la religion, etc., car l'édition de « 1767 (la Religion chrétienne analysée) n'est pas toujours « conforme au texte du Recueil ))écessLiire. La réimpression •< de 1767 doit avoir été faite sur le manuscrit original ou « sur une copie de ce manuscrit.
« UAnalyse de la religion chrétienne a éié recueillie dans « les Œuvres de Dumarsais {Paris, Pougin, 1797 (an V), t. Vil, pp. I à 56).
2504. Lettre .\ M. Frêron' sur quelclues exdroits de la VIE DE Hekri IV, par M. de Bury.
Cette Lettre, datée du 17 mai 176Ô, et signée Le Febvre, prêtre de la Doctrine chrétienne, a paru dans V Année littéraire, t. III de 1766, pp. 244-276.