‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvres (volume 2)Chapitre 105 sur 119 · Les Précieuses ridicules, scène ix · texte numérisé non relu

Les Précieuses ridicules, scène ix

mande, à de longues discussions au sujet de Tauthenticité des différents manuscrits qui avaient servi pour ces réimpressions.

Nous renvoyons, pour de plus amples détails à cet égard, à l'ouvrage de M. Rigoilot : Frédéric II philosophe, pp, 24g- 252. Cf. le Dictionnaire des ouvrages anonymes, de Barbier, éd. Daffis, III, 83-86.

2396. Code éyakcélioue (vers 176 5-1 766;.

Voici ce que dit Grimm au sujet de cet ouvrage, inconnu à tous les bibliographes :

« On a vu ici quelques exemplaires d'un Code évangelique » en trente-cinq pages grand in-S". Ce code a bien l"air de « sortir de la manufacture de Ferney, quoique le patriarche « nous en ait gardé le secret.... L'auteur du Code cvangé- « liqiie prétend qu'il faut avoir un peu de bonne foi pour « mettre fin à des disputes interminables, qu'il est impos- « sible de défendre les absurdités dont les Evangiles sont « remplis, qu'il en faut extraire ce qu'ils renferment de bon

« et abandonner le reste A peine y avait-il six exem-

« plaires du Code évangelique de distribués que les distriu buteurs étaient au cachot. Je n'ai pas été assez heureux « pour en attraper un. » {Correspondance littéraire, éd. Tourncux, i5 janvier 1766; t. VI, pp. 473-474.)

Dans ce même ordinaire, Grimm parle d'une vingt et unième Lettre sur les Miracles, « que personne n'avait vue», et qui n'a jamais existé (voyez notre tome II, p. i56).

^397. De l.\ Prédication', par l'auteur du Dictiokkaire PHILOSOPHIQUE. Aux Délices, 1766, in-12.

Autres éditio.vs : De la Prédication. S. l. n. d.,\n-i2 de 1 f. de titre et 176 pp. — Londres et Paris, V^ Duchesne, 1766, in-12.

Sur cet ouvrage de l'abbé Coyer, voyez la Correspondance de Grimm, éd. Tourneux, t. VI, pp. 5o3 et suiv. ; t. VII, p. 184.

Le nom des Délices, et cette indication : « par l'auteur du « Dictionnaire philosophique », étaient tout simplement deux supercheries destinées à laisser supposer qu'on avait affaire à un écrit du patriarche.

bibliographie de ses œuvres 357

2398. Le Compère Mathieu, ou les Bigarrures de l'esprit HUMAIN. Londres, 1766, 3 vol. in-80.

Nombreuses réimpressions, dont on peut lire la liste dans \a Bibliographie des ouvrages relatifs à Vamour, t. II, p. 28g.

C'est Voltaire lui-même qui nous apprend qu'on lui avait \mpaxé le Compère Mathieu (voyez sa lettre à Gabriel Cramer, du 3i mars 1770),

Cet ouvrage de Du Laurens, mis à l'index par mesure de police en 1825, a été l'objet, de nos jours, de nombreuses condamnations (voyez le Catalogue des ouvrages, écrits et dessins de toute nature poursuivis, supprimés ou condamnes, etc., par M. F. Drujon, Paris, Rouveyre, 1879, ê'"- in-8°, PP- 9*^-99)-

Il est question du Compère Mathieu dans les lettres de Voltaire à Damiiaville (12 juillet 1766); à Lacombe (7 auguste) et à Damiiaville (22 auguste 1767)'; à Chardon (ji avril) et à Ribotte (16 avril 1708). « Le Compère Ma- « thieu, lit-on dans cette dernière lettre, est un assez mau- « vais ouvrage, dont le dernier volume surtout est détesta- « ble; cela est composé par un moine défroqué qui a de « l'esprit, mais qui n'a pas le ton de la bonne compa- « gnie... »

2399. Les Jeux de Simon de Montfort, ou les Forfaits du Parlement de Toulouse.

« Tel est, disent les Mémoires secrets du 19 juillet i7'")7, « le titre d'un nouveau pamphlet de Voltaire, où il attaque « et combat le fanatisme et l'intolérance des magistrats en « question. On sait combien ce livre doit être défendu, et « avec quelle précaution on empêche qu'il ne se mulil- « plie. »

« Cet ouvrage n'est point de Voltaire, écrit Wagnière dans « son Examen des Mémoires de Bachaumont {Mémoires sur « Voltaire, I, 2Ô1), et je ne pense pas qu'on en ait eu con- « naissance à Ferney. »

I. Voltaire essaye, dans ces deux lettres, de faire passer t'Jiigciiu pour un u petit ouvrage » de M. Du Laurens, auteur du Compi-rc Mathieu. C'est également sous le pseudonyme de l'auteur du Compère Mathieu que Voltaire devait faire paraître en 17G8 la Relation du bannissement des jésuites de la Chine. (Voyez notre n" lySS.)

Les Mémoires secrets du 3o juillet 17G7 donnent encore à Voltaire une Passion de Jésus-Christ, en quatre dialogues et en vers. « Les vers sont très bien faits. On y remarque une « sorte d'art, et l'on ne peut croire que ce soit une capuci- « nade ou l'ouvrage d'un écolier. D'un autre côté, la noblesse, « la décence qui régnent dans le poème, ne doivent point « faire suspecter l'auteur d'avoir voulu jeter du ridicule sur « ce mystère, fût-ce, comme on le prétend, M. de Voltaire. « Imaginons plutôt que, voulant tenter tous les genres de « travaux, il se sera imposé cette tache difficile. Ainsi Cor- « neille, dans sa vieillesse, mit en vers Vlmitation, ainsi « Newton commenta l'Apocalypse. »

« Ces rapprochements sont beaux, ajoute Wagnière {Mé- « moires siir Voltaire, I, 262), mais l'imagination du rédac- « teur n'est point heureuse en cette occasion. L'ouvrage dont « il s'agit n'est point du tout de M. de Voltaire'. »

2400. Lettre de M. de Volt.\ire au docteur J.-J. Pak-

SOPHE.

Nous avons dit, dans notre tome IP, pp. 7g et suivantes, que cette Lettre est de Voltaire. C'est donc à tort que Quérard, dans sa Bibliographie Voltairienne (n" 55o), l'a rangée parmi les Ouvrages faussement attribues à notre auteur.

2401. Réponse hoxkête a des théologiexs, au sujet de Béusaire, 1767, in-80.

Attribuée à Voltaire par Ersch [la France littéraire, III, 407) et par Quérard [Bibliogr. Volt., n» 352).

Nous ignorons quelle peut être cette brochure; nous ne l'avons retrouvée sous ce titre ni dans les Pièces relatives à Be'lisaire ni dans les Pièces relatives à Vexamen de Bélisaire (voyez notre tome II, pp. 1S9 et 191) : peut-être s'agit-il de l'Honnêteté théologique, dont il est question sous le n° suivant.

2402. L'Honnêteté THÉOLOGiauE.

L' Honnêteté théologique forme le second cahier des Pièces

I. Il existe une Passion de Jésus-Christ, selon les quatre évangélisles, en vers français fpar Duquesnaj', ou Guibert de Bois du Qucsnay] ; mais elle est de lySo {Paris, Langlois, in-S»).

relatives à Be'lisaire. Genève, 1767, in-S" de 2 ff. de titre et i3 pp. (C. V. Beuchot, 663.)

Nous avons eu l'occasion de dire, dans notre tome IF, sous le n° 1735, que cette brochure, dont Damiiavilie passait pour être l'auteur, avait été désavouée par Voltaire, mais nous avons vu également que, de l'avis de Grimm, le patriarche avait rebouîse cet écrit, et que, d'autre part, Diderot n'hésitait pas à le lui donner. (Voyez sa lettre à M"" Vol • land, du II octobre 1767.) L'abbé Morellet croyait aussi que l'Honnêteté thculogique était de Voltaire : d'autres l'ont attribuée à Turgot. (Voycii l'édition Moland, t. XXVI, p. 529, et XLV, p. 42^.)

2 1^03. Théologie portative, ou Dictionnaire abrégé de la

RELIGION CHRÉTIENNE, PAR M. l'aBBÉ BeRNIER, LICENCIÉ EN

THÉOLOGIE (le baron d'Holbach). Londres, 1768, in-80 de 243 pp. (C. V. Bcngesco'.)

Pour les réimpressions, voyez Qucrard, les Supercheries littéraires dévoilées, éd. Daffis, I, 5 18.

Cette brochure, ainsi qu'un autre écrit intitulé l'Imposture sacerdotale, sont donnés comme étant de Voltaire dans les Mémoires secrets du 18 septembre 1767 (t. XVIII de l'édition de Londres, 17S4, p. 289).

« La Théologie portative n'est point de M. de Voltaire «, lit-on dans le même recueil, à la date du 29 octobre 1767; d'autre part. Voltaire s'est défendu, à diverses reprises, d'avoir composé cet ouvrage : voyez sa Lettre à l'évèque d'Annecy (t. XXVIII de l'édition Moland, p. 73); — sa lettre à d'Alembert, du 24 mai 1769, etc., etc-...

Quant à l'Lnposture sacerdotale, on Recueil de pièces sur le clergé, traduites de l'anglais, Londres, 1767, petit in-S" de 2 ff. de titre et 144 pp., cet ouvrage est également du baron d'Holbach.

1. AUamand (de Lausanne) a publié en T770 l'Anti-Bcrnier, ou Nouveau Dictionnaire de théologie, etc., S. t., 2 vol. in-tio. (C. Y. Beuchot, 934.)

2. Néanmoins, il y a encore des critiques et des érudits qui tiennent que la 'ihéologic portative ne peut être (moisis le Discours prcliminairc) que de N'oltaire.

36o VOLTAIRE

2404. Almaxach philosophique ex quatre parties, suivant

LA DIVISIOX NATURELLE DE l'eSPÈCE HUMAIXE EX QUATRE CLASSES, A l'usage DE LA XATIOX DES PHILOSOPHES, DU PEUPLE DES SOTS, ETC., PAR UN AUTEUR TRÈS PHILOSOPHE.

Goa, 1767, in- 12 (par Jean-Louis Castillon).

« On l'attribue à M. de Voltaire, lit-on dans les Mémoires « secrets du 16 janvier 1767 : il est de M, de Castillon'... »

2405. Lettre de Pictet a Troxchix.

Imprimée dans les Mémoires secrets du 19 mars 17G7, en réponse à une lettre de Tronchin à Pictet, du 8 février 1767, à l'occasion des troubles de la république de Genève : « On « attribue même, disent les Mémoires secrets du 19 mars « 1767, cette facétie (la prétendue réponse de Pictet) à un « grand poète, si bien accoutumé à tourner tout en ridi- « cule. » Cf. les Mémoires secrets du i5 mars de la même année *.

2406. David, ou l'Histoire de l'homme selox le cœur de Dieu (traduit de l'anglais de Peter Annett, par le baron d'Holbach\ io^r/rw (Amsterdam, M. -M. Rey), 1768, in-8° de I f. de titre, vi et 79 pp.

Cette traduction ayant été publiée avec une réimpression de la tragédie de Sai'il, par Voltaire (voyez notre tome l*"", n°* 245 et 25i), on a attribué quelquefois l'Histoire de l'homme selon le cœur de Dieu à Voltaire. (Voyez Ersch, la France littéraire, III, 406.)

2407. Tableau philosophique du gexre humain depuis l'origine du monde jusqu'à Coxstaxtix, traduit de l'axglais.

Nous n'avons pas vu la première édition de cet ouvrage, laquelle doit être de 1767 : il en est en effet question dans

1. 'Lts, Mémoires secrets du 3 1 octobre 1767 disent aussi qu'on avait attribué à Voltaire le Militaire philosophe (de Naigeon), Londres. 176S, in-S*'.

2. Sur un Mémoire pour Sirven. que les Mémoires secrets du 29 mars 1767 disent avoir été publié sous le nom de Voltaire (cf. Quérard, les Supercheries littéraires dévoilées, éd. DafBs, I, 653), voyez notre tome 11, p. 172, note 4, et p. 173, note i.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 36i

les Mémoires secrets du 2i septembre et dans la Correspondance littéraire de Grimm du i5 décembre 1767; mais nous possédons l'édition de 1770, avec le nom de Londres (Amsterdam), pet. in-S** de 2 ff. de titre et 226 pp., décrite par Barbier [Dictionnaire des ouvrages anonymes, éd. Daffis, IV, 65o).

« C'est encore une production de M. de Voltaire, écrit le « rédacteur des Mémoires secrets, le 21 septembre 1767 : il « a voulu lutter cette fois-ci contre Bossuet... » Cf. Grimm (Correspondance, éd. Tourneux, t. VII, p. 5o5) : « On a « voulu attribuer cet ouvrage à M- de Voltaire. Celui qui « en a lu dix lignes, et à qui il n'est pas prouvé qu'il est « impossible que cela soit de M. de Voltaire, ne doit jamais « se permettre de juger la manière, le style, la dégaine d'au- « cun auteur quelconque... Celui du Tableau pitilosophiquc « a voulu faire le revers du Discours sur Vhistoire univer- « selle, par Bossuet... >>

Naigeon donnait cet ouvrage à Ch. Borde, et regardait « comme étant dans l'erreur tous les bibliographes qui l'at- « tribuent à Voltaire ». (Voyez Barbier, Dict. des ouvr. anonymes, loc, cit.)

« Je ne sais qui m'a envoyé le Tableau philosophique du « genre humain, etc., écrit Voltaire à Damilaville, le r< 28 septembre 1767. Je crois en deviner l'auteur; mais je r< me donnerai bien garde de le nommer jamais. Je suis fAché i< de voir qu'un homme si respectueux envers la Divinité, i< et qui étale partout des sentiments si vertueux et si honi< nêtes, attaque si cruellement les mystères sacrés de la i< religion chrétienne... »

De son côté, Wagnière, dans son Examen des Mémoires de Bachaumont [Mémoires sur Voltaire, 1, 263), affirme que « cette production n'est point de M. de Voltaire ».

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