Voyez le tome V de Tédition de 1741-1742, p
BIBLIOGRAPHIh; DE SES ŒUVRES
« champ le clerc du commissaire Laminoire. Le colporteur « Constantin déclara qu'il tenait ce livre des nommes Didot « et Barrois, demeurant au quai des Augustins, rue du « Hurepoix; la plainte resta chez le commissaire Laminoire « (Daminois?).
« Le plaignant se transporta chez Didot ei Barrois, et les « menaça de la sévérité de la justice s'ils ne lui remettaient « entre les mains tous les exemplaires du libelle scandaleux « qu'ils avaient imprimé; ils lui avouèrent qu'ils avaient « fait cette édition de concert avec le nommé Savoie, qui « demeure rue Saint-Jacques; que Savoie leur avait cédé sa « part de l'édition, laquelle montait, disaient-ils, à ySo exem- « plaires;ils lui remirent en conséquence environ 700 exem- « plaires [on ne compta pas ; le plaignant les brûla devant « M""^ la marquise du Châtelet^) des libelles qu'ils avaient « ajoutés aux IIF et V*^ tomes de cette édition, et donnèrent « leur parole que l'édition ne paraîtrait jamais avec ces « libelles.
« Néanmoins, pendant l'absence du plaignant, ils ont « continué de les débiter et les débitent encore, malgré leur « parole; ils se sont associés avec M. E. David le jeune, qui « demeure au Saint-Esprit, dans cette même rue du Hure- « poix, et en ont donné au nommé Granger, libraire du « Palais. Le 8 du présent mois de décembre 1742, le plai- « gnant, ignorant cette perfidie, passa chez Didot pour « acheter quelques exemplaires de l'édition purgée; Didot « lui répondit qu'il n'en avait point et le renvoya à M. E. « David; la femme de David, ne le connaissant point, lui dit « qu'elle lui en ferait relier; mais, lorsque ensuite il les « envoya demander, le mari, qui se sentait coupable, dit qu'il (i n'en avait point. Le 14, le plaignant envoya un homme « de confiance acheter deux exemplaires chez David, qui lui « furent vendus i3 liv., et dans lesquels il trouva les libelles « au IIl"^ tome (déposes che^ le commissaire Daminois, ce « 20 décembre). Le lendemain, i5du mois, le plaignant alla, « muni du corps du délit, se plaindre amiablement aux « nommés Didot et Barrois, qui avouèrent une partie de « leurs fautes, et lui remirent encore environ 200 exem- « plaires du libelle du IIP tome seulement {je les ai et je les « apporte); mais le nommé Savoie avoua le même jour « audit plaignant que Didot et Barrois en avaient encore « i,5oo exemplaires, et que toute l'édition avait été tirée à « 2,000. Didot, le plus coupable de tous, a la moitié du « dépôt entre ses mains, et Barrois l'autre moitié. Barrois
1, Les passages soulignés sont de la main de Voltaire. (Note de M. Ravaisson.)
« est après le plus coupable; il est évident, par les pièces « ci-jointcs, que Barrois et Didot ont l'édition entière.
« Savoie est le moins obstiné et le plus facile d'eux tous. « Savoie est en état de dire celui dont on tient les pièces « scandaleuses insérées dans cette édition infâme; il parlera « plus aisément que Didot, qui est un homme fort hardi « dans ses malversations, et qui a Vintrépidité de l'habitude; « ils ont transporte leur magasin hors de cheveux '. »
M. Desnoiresterres nous apprend que les pièces satiriques des tomes III et V de l'édition de 1742 avaient été réunies par un ancien libraire du nom de Henri, qui les avait cédées à Savoye : « Savoye, ajoute-t-il, proposa les deux tiers de « l'édition, tirée à 2,000 exemplaires, à Didot et à son associé « Barrois; quant au dernier tiers, il le céda à deux autres « marchands, Grange et David tils... -. »
Grâce à la protection de M. d'Argenson, de M. du Tillet de Pannes, du duc de Béthune, etc., Didot et Barrois furent relâchés le 4 janvier 1743; mais nous allons les voir, dès cette même année, arrêtés de nouveau et conduits au Forl'Evéque, pour avoir encore vendu, fait vendre et débiter cette même édition des Œuvres de Voltaire qui leur avait valu une première incarcération. (Voyez le n*^ suivant.)
2125. Œuvres mêlées de M. de Voltaire. Nouvelle édition, REVUE SUR TOUTES LES PRÉCÉDEXTES ET COXSIDÉRA-
BLEMEXT AUGMENTÉE. Gcnève, Bousqiut, 1742, 5 volumes in-i2. (Bibl. nat. Z, et C. V. Beuchot, 51.)
C'est l'édition de 1741-1742 avec de nouveaux frontispices (gravés) et quelques changements.
T. I, 8 ff. non chiff. (pour le titre, V Avertissement, etc..) 5,
1. Archives de la Bastille, par M. Ravaisson, t. XII, pp. 228-229.