Voltaire à d'Argental, 28 août lySi
3. Dans celle même lettre, Voltaire mande à Waltlier qu'il se présente une plus grande' entreprise ; « C'est d'imprimer et de débiter « volume à volume les auteurs classiques de France avec des notes très « instructives sur la langue, sur le goiàt, et quantité d'anecdotes au « bas des pages; on commencerait par La Fontaine, Corneille, Mo- « lière, Bossuet. Fléchier, etc .. Rien ne serait plus utile pour donner <( aux étrangers l'intelligence parfaite du français, et pour former le » goût... Nous commencerions à la Saint-Jean, et cela irait sans in- « lerruption... » N'y a-'.-il pas là comme la première idée des Commentaires sur Corneille?
BIBLIOGRAPHIE DE SESŒUVRES 40
pas plus satisfait c]ue l'auteur : « Si je n'avais pas eu hier « une terrible colique... mande-t-il au poète en octobre « 1752, je vous aurais remercié d'abord de la nouvelle édi- « tien de vos Œuvres que j'ai reçue. J'ai parcouru légère- « ment les nouvelles pièces que vous y avez mises, mais je « n'ai pas été content de l'ordre des pièces, ni de la forme de « l'édition. On dirait que ce sont les cantiques de Luther, « et quant aux matières, tout est pêle-mêle. Je crois, pour la <( commodité du public, qu'il vaudrait mieux augmenter le « nombre des volumes, grossir les caractères, et mettre en- « semble ce qui convient ensemble... » Il est encore question de cette édition de 1752 dans les lettres de Voltaire à Walther des 2g mai 1754 et 5 novembre 1755 : l'auteur propose à son éditeur de « corriger son édition, de façon qu'à <c l'aide de douze ou treize feuilles substituées aux plus dé- <( feclueuses, et pleines d'ailleurs de nouveautés peut-être «. assez intéressantes, et à l'aide d'une nouvelle préface, et « d'un nouvel avertissement, il puisse, sans beaucoup de « frais, donner un air tout neuf à cet ouvrage, et le débiter « avec quelque succès... »
Walther ne suivit pas ce conseil; mais il donna, en 1770, un nouveau volume intitulé : Tome IX^ des Œuvres de M. de Voltaire. Nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée par l'auteur, Dresde, George-Conrad Walther, in-S" de 2 ff. non chitV., 494 pp. et 2 pp. non chift'. [lour la Table (C. V. Beuchot, 3o). Ce volume est précédé de cet Avertissement : « L'édition des Œuvres de M. de Vol- « taire qui a paru à Genève (l'édition in-4", dont les pre- « miers volumes avaient été publiés en 1768), bien loin de « dégrader celle de Dresde, ne sert dans le fond qu'à la re- « commander davantage.
<< En effet, à ne considérer que les beautés extérieures et <e accessoires des deux éditions, l'œil est agréablement tiatté « dans l'une par la blancheur du papier, la netteté du carac- « tère, la richesse des ornements et l'exactitude des planches, «< tandis que l'autre n'offre au lecteur que le spectacle rebu- « tant d'un papier brun, d'un caractère rude et émoussé, et ■' quelques gravures en bois grossièrement exécutées (les gra- « vures de Gravelot).
« Le seul avantage que l'édition de Genève pouvait s'ar- « roger, c'étaient plusieurs additions et quelques corrections « légères que M. de Voltaire a jugé à propos d'y faire en- « trer.
'< A l'égard des premières, l'éditeur de Dresde, toujours " attentif à conserver la supériorité de son édition, a ramassé « dans ce neuvième volume les pièces nouvelles et générale- <c ment les additions considérables qui ont paru à Genève; il
« en agira de même avec les autres ouvrages dont M. de Vol- « taire voudra bien enrichir le public; mais il a cru pouvoir se « dispenser de répéter les corrections qui sont plutôt des mar- « ques de l'abondance du génie de l'auteur, qui peut variera « l'infini la même pensée, que des preuves de la défectuosité « de ses premiers ouvrages. »
Ce neuvième tome fait-il suite aux huit volumes publiés à Dresde, en 1748, ou bien appartient-il à l'édition donnée, dans cette même ville, par Walther en 1752? L'édition de 1752 n'a que sept volumes', et nous n'avons pu retrouver, dans aucune collection, dans aucun recueil bibliographique, la trace d'un huitième volume, imprimé de 1752 à 1770. D'autre part, nous avons vu, sous notre n° 2129, que le neuvième volume de l'édition de 1748 parut en lySo, et Kayser, dans son Index loctipletissimus , etc. {Leipzig, i834-i836, t. VI, p, 106), nous apprend que l'édition de 1752 a eu dix volumes, et que les tomes IX et X, « qui « renferment les nouvelles pièces de théâtre », ont été publiés en 1770.
Le tome IX de 1770 contient Le Droit du Seigneur; Ziilime; Chariot; Socrate ; La Femme qui a raison; Pandore; Le Temple de la Gloire; Mélanges de littérature et de poésies.
Le tome X, signalé par Kayser, nous est inconnu.
2133. Collection complète des Œuvres de M. de Voltaire. Première édition. S. l. [Genève, Cramer), 1756, 17 volumes in-8. (C. V. Beuchot, 17, et C. V. Bengesco.)
T. I, La Henriade, avec les pièces relatives à ce poème et à la poésie épique en général. 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), XXVII (pour la Préface des éditeurs; la lettre de M. de Voltaire aux éditeurs, VAvant-propos (de la Henriade), composé par un des plus augustes et des plus respectables protecteurs que les lettres aient eu dans ce siècle, etc. (le roi de Prusse), 334 pp. et 2 pp. non chiff. pour la Table.
I. Dans son Histoire littéraire de M. de Voltaire, publiée en 17S1 (II, 12), le marquis de Luchet, parlant de cette édition de 1752, dit qu'elle était en sept volumes (et non en huit, comme l'indique à tort Quérard, Bibliogr. Volt., p. 96).
T. Il, Mélanges de poésies, de littérature, d'histoire et de
philosophie, 2 ff. (pour"Tè~"f;îux-titre et le titre) et 418 pp.
Epitre de Fauteur en arrivant da)is sa terre pi es du lac de Genève, en mars lyiS, pp. i-d; Discours en vers sur l'homme et autres pièces, pp. 7-04; Odes, Stances, etc., pp. 9.5.-133; Pièces détachées, pp. 134-148; Recueil de lettres en prose et en vers, pp. 149-298; Le Temple du Goût, pp. 20g- 340; Discours sur les événements de f année 1744 et le Poème de Fonteiioy, pp. 34[-36i; Table, pp. 362-366; Supplément [Poème sur le désastre de Lisbonne et la Loi Natui-elle), pp. 367-418.
T. III, Mélanges de philosophie avec des figures, 2 tT. (pour le faux-titre et le titre) , lxxviii et 328 pp. Songe de Platon, i-iv; Lettre de l'auteur à .U. de S'Gravesande, v-x; Réponse à M. Martin Kahle , xi-xri; Courte réponse aux longs discours d'un docteur allemand, xiii-xviii; Lettre sur Roger Bacon, xix-xxiii ; Sur l'Anti-Lvcrèce du cardinal de Polignac, xxiv-xxviii; Dissertation sur les changements arrivés dans notre globe, xxix-xliii; Digression sur la manière dont notre globe a pu être inondé, xliv-xlvi ; Micromégas, histoire philosophique, XLVII-I.XXVIII.
Epitre à Mme du Chdtelet, pp.^i-5; Nouvelle épitre dédicatoire (ea prose), pp. 6-S; Eléments de philosophie de Newton, divisés en 3 parties, pp. g-264 (i fig. hors texte, p. 79); Remarques sur les Pensées de M. Pascal., pp. 265- 317; Table, pp. 3r8-328.
T. IV, Mélanges de littérature, d'histoire et de philosophie, 2 ff. (pour le faux-litre et le titre) et 400 pp. Cinquanteneuf (lisez soixante) chapitres, pip. i-3()6; Table, pp. 307-
T. V, Suite des Mélanges de littérature , d'histoire et de philosophie, 2 If. (pour le faux-titre et le titre) et 35 1 pp. Chapitres lx (lisez lxi) à lxxxi, pp. i-3|7; Table, pp. 348- 3 5 I .
T. VI, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), xxxiv et 196 pp. Remarques sur l'histoire, i-vii; Nouvelles considérations sur l'histoire, viii-xiri; Anecdotes sur le c:{ar Pierre le Grand, xiv-xxxiv; Pièces relatives à l'histoire de Charles XII, pp. i- 34; Histoire de Charles XII, pp. 35-376; Table (alphabétique) des matières, pp. 377-394; Table, pp. 395-396.
T. VII, VIII, IX, X, Ouvrages dramatiques avec les pièces relatives à chacun, t. i, 11, m, iv.
T. VII, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre] et 446 pp. Œdipe, pp. 1-102.; Maricimne, pp. io3-i86; Brntus , pp. 187-292; La Mort de Ccsar, pp. 293-358; Samson^ pp. 359-404; Pandore, pp. 405-445 ; Table, 446.
T. VIII, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre) et 428 pp. Zayre, pp. 1-118; AI:;iire, pp. 119-210; Méiope, pp. 211- 322; Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète, pp. 323-426;
Tablc^ pp. 427-428.
T. IX, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre) et 4o3 pp. Dissertation sur la tragédie ancienne et moderne, etc.^, pp. i- 32; Sémiramis, pp. 33-i2G; Oreste, pp. 127-234; Amélie, ou le Duc de Foix, pp. 235-3i2; Rome sauvée, ou Catilina, pp. 3 13-402; Table, p. 4o3.
T. X, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), xv, i p. non chitî. et 440 pp. Epîlre au duc de Richelieu, iii-x; Lettre à M. J.-J. R. c. d. G. (Jean-Jacques Rousseau), xi-xv, i p. non chiff. pour les Personnages ; VOrphelin de la Chine, 1-80; L'Enfant prodigue, 81-198; Vlndiscret, pp, 199-244; La Prude, pp. 245 356; Nanine, pp. 357-439; Table, p. 440. Un Avis au relieur est joint au tome IV des Ouvrages dramatiques (X° de la collection). Cet Avis nous apprend qu'on fit des cartons pour le VIII" chant de la Henriade, t. P'', p. 125-120; pour le t. II, pp. 3-4 et 278-274; pourlechap. lxviu du tome V, pp. 225-236; et pour le tomeX, pp. 7-8, 11-12, 23-24, ^3-34, 47-48, 59-60, 61-62, 63-64, 65-66, 67-68, 77- 78 et 439-440. Voltaire parle des cartons de Tédition de 1756 dans sa lettre à M. Cramer, du i5 mai 1755.
T. XI à X Vil, Essai sur l'histoire générale et sur les niœurs et l'esprit des nations, depuis Cliarlemagne jusqu'à nos jours.
Portrait de Voltaire dessiné par Loitard (ne faut-il pas lire Liotard.'), gravé par Balechou-.
T. XI, 3 ff. (pour le faux-titre, le titre et VAv's des éditeurs), 3gg pp. et i f. non chiff. pour VErrata. Avant-propos et chapitres i-xlvii.
T. XII, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), 38o pp. et i f. non chiff. pour VErrata. Chapitres xlviii-xcvii.
1. Cette Dissertation ne se trouve pas dans tous les exemplaires. \Note mss. de Beiicliot.)
2. Dans d'autres exemplaires, ce portrait est à la tête du tome \".
T. XIII, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), 3iji pp. et i f. non chilV. pour VErrata. Cliapitres xcviii-cxlii.
T. XIV, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre), 328 pp. et i f. non chiff. pour VErrata. Chapitres cxliii-clxiv.
T. XV, 2 If. (pour le faux-titre et le titre), 335 pp. Cliapitres CLXV-CLXXXni.
T. XVI, 2 tf. (pour le faux-titre et le titre), 3o8 pp. Chapitres CLXXXIV-CCIII.
T. XVII, 2 ff. (pour le faux-titre et le titre). 32o pp. Chapitres cciv-ccxv.
Les faux-titres des dix-sept volumes portent : CuUection complette {sic) des Œuvres de M. de Voltaire. Première édition.
Préface des éditeurs (pp. i-vi).
« On ne cesse depuis quarante ans d'iiuprimer et de déti- « gurer les ouvrages de M. de Voltaire. Plus le public '<■ a montré de goût pour tout ce qui est sorti de la plume « de cet homme célèbre, et plus il a dû se révolter contre « cette foule d'éditions fautives et incomplètes, faites contre « le gré ou sans l'aveu de l'auteur. Il était temps enfin « d'en présenter une que M. de Voltaire reconnût authen- << tiquement pour le recueil complet de ses véritables ou- « vrages.
<( En 1754, époque heureuse de la connaissance que nous « eûmes l'honneur de lier avec lui, nous prîmes la liberté <( de lui représenter qu'il devait aux hommes sensés de toutes <( les nations une édition qu'ils pussent acquérir avec con- « fiance; et nous ne lui dissimulâmes point combien nous « serions flattés d'être chargés de son exécution. M. de Vol- « taire, aussi mécontent que le public de tant d'éditions in- " fidèles ou grossièrement rédigées, fit céder sa répugnance « à publier le corps de ses ouvrages, à la nécessité de ré- " former ceux qui avaient paru sous son nom. Il nous en- « voya bientôt après, et de la manière la plus obligeante, « ses corrections et ses manuscrits. Il fit plus : il voulut en « diriger lui-même l'impression ; cette complaisance, si « avantageuse à notre édition, en a retardé le progrès; nous « n'avons voulu mettre l'ouvrage sous presse que lorsqu'il « pourrait passer sous les yeux de son illustre auteur : ■< nous avons attendu son arrivée dans cette république, '( qu'il fait jouir de ses lumières et de son génie, et où il
<< jouit à son tour des hommages que toutes les nations « qui ne sont pas barbares doivent aux talents extraordi- « naires.
« Notre édition n'a donc été différée que pour qu'elle de- « vînt plus digne du public éclairé. Il y trouvera la Hen- « riade telle que M. de Voltaire l'a terminée; il y a de très « grandes diff'érences entre toutes les autres éditions de ce « poème et celle qu'on donne aujourd'hui : la fin du cin- « quième chant est toute nouvelle ; les remarques sont aug- <t mentées et mises dans un nouvel ordre.
« Les pièces de théâtre sont en plus grand nombre; et il « y a de grands changements dans toutes celles qu'on repré- « sente à Paris et ailleurs.
« Toutes les petites pièces fugitives sont correctes; et l'on « y en a ajouté plusieurs qui ne sont dans aucune édition « précédente.
« Les Mélanges d'histoire, de littéi atitre, de philosophie, « qu'on trouve dans ce recueil, sont plus amples de moitié « que ceux qui avaient paru jusqu'ici. Voici la désignation « d'une partie des chapitres que l'on ne connaissait pas :
« h''Exaiiien des langues; les Embellissements de Cache- « mire; les Voyages de Scanncntado; Jusqu'à quel point on <• peut tromper le peuple; les Deux Consolés ; Si les sciences ■t ont nui aux mœurs; Sur l'Ame; Du Poème singulier d'Huit dibras; Des Monnaies ; Dialogue entre un jésuite et un ii^ brahmane ; entre Lucrèce et un mathématicien; Discours « sur Ovide, sur le Dante, sur Socrate, sur les Juifs, sur « Constantin, sur Julien ; De la Chimère du souverain « bien; De la Population de l'Amérique ; Songe de Platon; « Des Génies; De V Astrologie ; De la Magie; Poèmes sur le « désastre de Lisbonne, et sur la Loi naturelle, précédés de " préfaces intéressantes et suivis de notes utiles, etc., etc.
'< Outre tant de pièces nouvelles, nous pouvons assurer « qu'il n'en est presque aucune ancienne qui ne soit remplie '< d'additions considérables. On y trouvera surtout beaucoup « de littérature anglaise et italienne; aucun auteur français « n'a tant fait valoir le mérite étranger que M. de Voltaire; « on peut dire qu'on ne connaissait avant lui aucun poète « anglais en France : il est le premier qui ait parlé de « Milton, de Dryden, de Butler, de Pope, et qui en ait tra- « duit des morceaux, comme il est le premier qui ait déve- « loppé en France les principes de Newton, et qui ait rendu « justice au sage Locke.
« L'on ferait un recueil considérable des pièces que l'on " a faussement attribuées à M. de Voltaire : on n'est que •i trop dans l'usage barbare de publier sous les noms des « hommes connus les pièces qui méritent le plus de rester '< inconnues: tel est, par exemple, un livre sur les beautés
« et les défauts de la langue^, une mauvaise apologie en « vers de la comédie larmoyante, et une intînité de pièces « dans ce goût que nous avons soigneusement écartées.
« Mais nous avons eu le bonheur de recouvrer le Discours « sur la Henria.ie, dont M. Marmontel cite quelques traits « dans sa Préface. Cq Discours fut composé par un des plus « augustes et des plus respectables protecteurs que les lettres « aient eus dans ce siècle. Il avait résolu de faire graver la « Heniiade, et il destinait ce Discours à servir d'avant-pro- « pos au poème : cette pièce fait également honneur et à « son auguste auteur, et à l'ouvrage de M. de Voltaire, dont « on voulait faire une si magnifique édition ; et rien ne nous « a paru plus convenable que de placer cette ancienne Pré- « face, ou Avant-propos, à la têle de la Henriade.
« Il serait pour le moins inutile d'insister sur le mérite « d'un recueil complet des vrais ouvrages de M. de Voltaire; " on n'en avait point encore : cette édition doit être consi- « dérée comme la première qui en ait été faite; c'est la seule <c à laquelle il ait mis son cachet. On trouvera cette appro- « bation importante dans une des dernières lettres dont il « nous a honorés, et que nous mettons à la suite de cet aver- « tissement. Nous n'ajouterons plus qu'un mot sur le prix « de cette édition : il est très inférieur aux prix ordinaires; « mais nous nous sommes fait un devoir de faciliter l'ac- « quisition de cet ouvrage; nous n'avions que cette ma- « nière de reconnaître l'amitié et le désintéressement de « l'auteur. »
Suit une Lettre de M. de Voltaire aux éditeurs [les frères Cramer; M. 3144).
Les premières relations de Voltaire avec Philibert et Gabriel Cramer remontent à l'année 1754. Le poète songeait alors à donner une nouvelle édition de ses Œuvres, et les libraires Bousquet, de Lausanne, et Philibert (Cramer), de Genève, lui avaient presque simultanément offert d'être ses éditeurs (voyez Voltaire à Rousset de Missy, 9 février; — à de Brenles, 12 février; — à Walther, 3 mai 1754). Dès le commencement de 1755, les Cramer « travaillaient à << l'Histoire universelle » (CoUini à Dupont, 4 février 1755, M. 2869). Si une lettre de Voltaire aux frères Cramer, du i5 mai i755, n'est pas mal datée, l'impression des Œuvres mêlées était assez avancée, à cette époque, pour qu'il fût déjà question, dans la correspondance de l'auteur avec les libraires de Genève, des cartons de l'édition de i73t).