Gudin, Histoire de Beaumarchais (éd. Tourneux), p
BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES ii3
du duché de Deux-Ponts, qui possédait une imprimerie célèbre, d'où devaient commencer à sortir, en cette même année 1779, les éditions des classiques grecs et latins connues sous le nom de editiones bipontincC^ ; Neuwied, où Métra publiait sa Correspondance secrète, et Kehl, Beaumarchais se décida pour cette dernière ville. « Des considérations de « tout genre, dit M. Bettelheim, faisaient paraître le terri- « toire du margrave de Bade comme particulièrement propre « à l'exécution des projets de la Société typographique : car, « sans parler du voisinage de Strasbourg, les éditeurs de « Voltaire s'attendaient à trouver un protecteur tout prêt à « les encourager dans Charles-Frédéric, le partisan con- « vaincu des physiocrates, le correspondant de Mirabeau « père et de Dupont de l'Eure, l'ami des philosophes fran- « çais...- »
Par une requête en date du 18 août 177g, le représentant de Beaumarchais, l'architecte Le Telliers, proposa au margrave de prendre à louage, pour une période de vingt années et moyennant un prix à débattre, tous les « édifices, prés, " bois, champs, etc. », dépendant de la forteresse de Kehl, et sollicita, en même temps, un privilège en vertu duquel tous les ouvrages qui s'y imprimeraient et qui ne porteraient pas le nom d'une localité faisant partie des Etats de S. A. S. seraient dispensés de passer à la censure.
Cette exigence ayant paru exorbitante au margrave et à son Conseil, Le Tellicr, après de longs pourparlers restés
1. Sur ces éditions bipontines, voyez le Nouveau Manuel de^bibliographie universelle de MM. Denis, Pinçon, etc., éd. in-S", p. 673.