Beaumarchais, Eine biographie, p
3. .M. Bettelheim dit que Beaumarchais songea d'abord à confier la direction de l'imprimerie de Keiil à Rétif de la Bretonne, mais que l'auteur de Monsieur Nicolas refusa ce poste parce qu'il n'entendait point renoncer à ses idées bien arrêtées en matière d'orthographe : « L'ancien arcliitecte Le Tellier, ajoute M. Bettelheim, le remplaça, muni d'un pouvoir illimité de Beaumarchais. » C'est comme prote que celui-ci avait voulu engager Rétif (voyez Monsieur Nicolas (Paris, 1797), tome VI, Xlc partie, et Desnoiresterres , Voltaire, son retour et sa mort, p. 454). — Nous avons dit plus haut que le soin de corriger les épreuves de l'édition de Kehl fut remis à Decroix, qui, « par amour « pour Voltaire et zèle pour cette magnifique publication, accepta cette « modeste tâche. On lui envoyait les épreuves à Lille; il mettait le « plus grand soin à les revoir, et les renvoyait avec la plus parfaite ré- « gularilé. )> [Œuvres complètes de Beaumarchais, éd. Fournier, p. xliii.) Le prote de Kehl fut Miron, beau-frère de Beaumarchais; il avait épousé, en 1767, Jeanne- Marguerite Caron (Tonton); quant à Le Tellier, il représentait Beaumarchais comme directeur et administrateur général de l'entreprise.
iM VOLTAIRE
infructueux, quitta Carlsruhe, où il s'était rendu pour entamer les négociations, en déclarant que « S. A. S. laissant « aux cours impériales et de France et à la commission im- « périale la libre faculté de trouver à redire ou à entreprendre « à leur gré contre cet établissement, etc., cette situation « absolument précaire était exclusive de tout établissement << solide, etc. ', »
Néanmoins, Le Tellier reprenait la route de Carlsruhe au mois de février 1780, et renouvelait sa demande, en faisant les propositions suivantes :
1° La Société typographique n'emploierait que les caractères de Baskerville;
2° Elle ne publierait point les ouvrages des auteurs vivants ;
3° Elle ne ferait paraître aucun écrit impie et blasphématoire;
4° Elle n'imprimerait rien en langue allemande sans la permission spéciale de S. A. S'.
Mais de nouvelles difficultés s'élevèrent: le margrave ne voulait à aucun prix autoriser l'impression de Candide ni de la Pucelle, et, d'autre part, Le Tellier demandait « que « le prince s'engageât par écrit, en cas de procès, à permettre « que la Société eût recours contre lui sur les biens qu'il « possédait en Alsace' ».
Beaumarchais n'insista pas sur cette dernière condition, mais le margrave tint bon jusqu'au bout, et dans le Privilège accordé le 18 décembre 1780 à la Société littéraire typographique, il fut expressément stipulé que la Pucelle d'Orléans, le Cantique des Cantiques et Candide ne seraient point imprimés à Kehl + ; ce qui n'empêcha pas d'ailleurs Beaumarchais de publier ces trois ouvrages comme s"il n'avait jamais été question de les prohiber.
Au mois de janvier 1781', — c'est-à-dire presque aussitôt après avoir obtenu son Privilège, — le correspondant général de la Société littéraire typographique fit paraître le prospectus de VÉdition des Œuvres de M. de Voltaire, avec